Mission prospectives sanitaires fièvre catarrhale : Fièvre catarrhale : après la phase d'urgence, quelle stratégie de lutte ?

Marien BATAILLE / Dr Didier GUERIN

Mission prospectives sanitaires fièvre catarrhale : Fièvre catarrhale : après la phase d'urgence, quelle stratégie de lutte ?

GDS France a décidé de conduire une mission d'études et de réflexions dont l'objectif est de présenter des propositions aux pouvoirs publics nationaux et européens en matière de gestion fièvre catarrhale.

Une réflexion est conduite par GDS France avec les structures impliquées dans la gestion de cette épizootie : institutions européennes et internationales, institutions scientifiques, organisations professionnelles vétérinaires et agricoles, opérateurs économiques et les GDS. Après la gestion de la phase d'urgence basée sur une incontournable vaccination généralisée, maintenant réalisée, l'adaptation du dispositif de lutte pour la prochaine campagne contre les sérotypes 1 et 8 présents sur le territoire continental doit intégrer les bilans et prospectives par rapport à cette maladie mais aussi les évolutions de réglementation et de fonctionnement dans les élevages.

L'éradication difficile d'un sérotype installé de fièvre catarrhale

Si cette éradication est possible, elle s'avèrerait fortement difficile en raison d'une installation très large sur le territoire (notamment pour le sérotype 8) et ce, malgré la disponibilité de moyens nécessaires pour limiter la circulation du virus (vaccination). L'éradication sur un territoire donné reste facilement envisageable au début d'un épisode ou avec une prévalence faible et sous d'importantes conditions : connaissance du vecteur, de la persistance des anticorps, outils adaptés disponibles (vaccins). En Europe, les éradications connues sont intervenues dans des zones à faible densité d'élevages, à situation géographique particulière et avec un investissement financier public conséquent. Selon les interlocuteurs de GDS France, la situation actuelle en sérotypes 1 et 8 demanderait de fortes mobilisations en moyens humains et financiers pour espérer une éradication de ces sérotypes, d'autant plus qu'une politique d'éradication d'un sérotype ne pourrait être définie qu'au niveau de l'Union européenne avec un investissement et un engagement financier extrêmement importants. En conclusion, le sentiment généralement exprimé est celui de la nécessité d'apprendre à vivre avec le virus.

L'adaptation du dispositif de lutte pour la prochaine campagne

Selon la mission de prospectives sanitaires de GDS France, le dispositif de lutte contre les sérotypes de la fièvre catarrhale doit viser deux objectifs prioritaires :
Un objectif sanitaire pour préserver la santé des animaux et réduire le coût de la maladie quand elle survient dans les élevages.
Un objectif commercial afin de maintenir les capacités d'échanges et d'exportation à destination des Etats-membres de l'Union Européenne.
Cependant, la future stratégie de lutte dépendra de son acceptabilité par les éleveurs et de son coût. Quoiqu'il en soit, il apparaît, tant de manière directe qu'indirecte, que les conséquences sanitaires de la fièvre catarrhale sont conséquentes et ne peuvent donc être négligées.

L'utilité de la vaccination, une 1ère phase de vaccination généralisée nécessaire…

Au vu du retour de la campagne de vaccination et selon les avis scientifiques, les vaccins utilisés contre les sérotypes présents sur le territoire national ont fait la preuve de leur capacité à protéger efficacement les animaux vaccinés. La vaccination reste donc le moyen de lutte, de protection et de maîtrise majeur dans la gestion de la fièvre catarrhale, d'autant plus que les autres outils de lutte (restrictions de mouvements, désinsectisation, confinement, traitements non-chimiques) ont montré leur limite. La généralisation et l'obligation de vaccination des animaux des espèces sensibles décidées par les pouvoirs publics pour la campagne 2008/2009 a permis de réduire très fortement la pression de la maladie dans les élevages. Au terme de cette campagne, le devenir de ce dispositif doit être réfléchi et adapté.

… avec le maintien d'une vaccination obligatoire…

La généralisation et l'obligation de vaccination des animaux des espèces sensibles a été décidée pour une année (jusqu'au 15 décembre 2009). Elle permet d'atteindre les deux objectifs fixés. Cependant, le maintien de cette stratégie implique deux contraintes. D'une part le coût, notamment pour le vaccin car la DGAl ne compte pas recourir à une procédure d'appel d'offre et les prises en charge financières de la France et de l'Europe semblent inexistantes et d'autre part, l'acceptabilité par les éleveurs (vaccination obligatoire difficilement acceptable en l'absence de perspective d'éradication). Cet avis n'est donc pas d'abord fondé sur des raisons financières mais sur des raisons stratégiques (absence de perspectives d'éradication) et techniques.

… ou le passage à la vaccination volontaire

Cette démarche s'inscrit dans une perspective de vivre avec le virus mais ne doit pas se traduire par une absence de stratégie et d'organisation collective de lutte contre la maladie. Ce scénario pourrait répondre aux deux objectifs fixés à condition qu'une politique d'information, de conseil et d'encadrement des éleveurs soit menée dans un cadre collectif. La vaccination des seuls animaux destinés aux échanges doit être réalisée par le vétérinaire sanitaire (certification) et laisser à l'éleveur le choix de recourir au vétérinaire ou de vacciner lui-même son cheptel de souche. Par ailleurs, cela implique un coût et un flaconnage de vaccin différent qui devra être défini et la mise à disposition d'un vaccin bivalent sérotypes 1 et 8.

Une situation particulière pour les animaux destinés aux échanges

Etant donné qu'aucun Etat-membre, même déjà infecté, n'acceptera de prendre le risque d'une nouvelle infection, la vaccination des animaux destinés aux échanges demeurera obligatoire, même avec une vaccination volontaire. Cependant, le règlement européen stipulant qu'un animal vacciné doit provenir d'un cheptel vacciné implique une vaccination des broutards et du cheptel de souche par le vétérinaire sanitaire. C'est la raison pour laquelle, GDS France a demandé au niveau national de pouvoir reconnaître la vaccination du cheptel souche par l'éleveur.

Vers une vaccination volontaire encadrée pour le cheptel et certifiée pour les animaux destinés aux échanges

Celle-ci entrerait dans le schéma appliqué du bilan sanitaire et du protocole de soin, complété par un enregistrement des vaccinations par les GDS. Dans ce cadre, l'éleveur informe son vétérinaire traitant et son GDS de son intention de vacciner, le vétérinaire établit un protocole de soins et une ordonnance conformément au décret sur la prescription hors examen clinique, le GDS transmet un DAV (Document Accompagnement de la Vaccination) en deux exemplaires à l'éleveur comportant la liste à jour des animaux à vacciner. La vaccination réalisée, l'éleveur fait parvenir au GDS un exemplaire du DAV complété et signé de sa main valant un engagement sur l'honneur, le GDS enregistre les informations, ce qui permettra à la DDSV d'établir des certificats aux échanges.

Une forte mobilisation des GDS et de GDS France

Le principe d'un volontariat de la vaccination semble entériné au niveau national, mais la DGAl ne valide pas, pour l'instant, le schéma proposé par les GDS et GDS France concernant la reconnaissance de la vaccination encadrée du cheptel de souche par l'éleveur alors que ce modèle est réglementaire dans d'autres situations et correspond aux évolutions des capacités d'intervention dans les élevages, d'où le maintien d'une forte mobilisation des GDS et de GDS France sur cet axe.

Source GDS Creuse

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