Mouvements d'animaux : Opérateurs commerciaux de bovins. Un point sur les conditions de mouvements des animaux

Marien BATAILLE / Dr Didier GUERIN

La rencontre annuelle avec les opérateurs commerciaux a été centrée sur les implications de la fièvre catarrhale et de la résurgence de foyers de tuberculose sur la réglementation des mouvements d'animaux.

Une rencontre à destination de l'ensemble des opérateurs commerciaux s'est déroulée ce 28 janvier au siège de GDS Creuse. Les objectifs de ces rendez-vous annuels sont d'aborder tout ce qui a trait au sanitaire, de présenter les évolutions réglementaires et organisationnelles et de recueillir les besoins et problèmes de chacun. Cette réunion a été co-animée par la DDCSPP et GDS Creuse.

Une évolution des conditions de mouvements d'animaux en fonction des dernières modifications règlementaires vis à vis de la fièvre catarrhale

Jean-Louis Ritti, du service santé animale de la DDCSPP, a réalisé un point concernant les conditions de mouvement d'animaux vis à vis de la vaccination contre la fièvre catarrhale. Pour les mouvements sur le territoire national, aucune exigence n'est requise. Par contre, les échanges intracommunautaires de ruminants doivent respecter les dispositions générales du règlement (CE) n°1266/2007. Pour les animaux d'élevage et d'engraissement, pour le passage d'une zone réglementée (cas de la France) à une zone vaccinale sans circulation virale ou une zone indemne, les animaux doivent être certifiés vaccinés, s'il s'agit d'une primo-vaccination, depuis plus de 60 jours; s'il s'agit d'un rappel, il doit être fait strictement avant l'échéance de 12 mois prévue. Ils doivent être issus de cheptels certifiés vaccinés. Les veaux de moins de 90 jours doivent être confinés depuis leur naissance. Dans le cas particulier des femelles gestantes, elles doivent être immunisées avant la mise à la reproduction.

Une adaptation de la réglementation avec des accords bilatéraux avec l'Italie et l'Espagne

Avec l'Italie, le protocole existant est prorogé et est étendu aux ovins :
• Pour les animaux de plus de 90 jours, n'est exigée que leur seule vaccination par un vétérinaire. Ils peuvent être expédiés s'ils sont certifiés vaccinés contre les sérotypes 1 et 8 depuis au moins trente jours.
• Pour les animaux de moins de 90 jours, une attestation de vaccination de la mère par un vétérinaire est exigée (ce qui constitue une évolution par rapport à l'exigence antérieure d'une vaccination du cheptel de souche).
Avec l'Espagne, un accord de principe a été signé qui indique que, les territoires des deux pays connaissant une situation sanitaire similaire au regard de la fièvre catarrhale, aucune condition de vaccination ne sera retenue pour les bovins et les ovins.
Jean-Louis Ritti insiste sur la nécessité de faire attention aux animaux pour lesquels la date de réalisation du rappel arrive à échéance. En effet, le renforcement des contrôles à destination, d'identification ou de passeport, engendre parfois des anomalies à justifier par la DDCSPP d'origine. Il ajoute qu'il est préférable de réaliser le rappel avant le départ des animaux.

Une vigilance vis à vis de la tuberculose

La tuberculose bovine est une zoonose qui fait partie de la liste des maladies animales réputées contagieuses chez tous les mammifères. Toute suspicion doit être déclarée aux services vétérinaires. Elle fait l'objet d'une qualification de cheptels nécessaire pour la commercialisation des animaux ou de leurs produits et dont le maintien est tributaire du respect de la réglementation associée. La surveillance de la tuberculose repose d'une part sur le dépistage des animaux vivants et d'autre part sur la recherche de lésions à l'abattoir. L'objectif de la surveillance est de détecter les foyers aussi vite que possible afin de poursuivre l'assainissement du territoire et conserver le statut officiellement indemne au niveau des cheptels et du territoire.

Une prévalence de la tuberculose globalement faible mais un renforcement de la lutte dans certaines zones

En raison de la détection de la persistance de certaines zones infectées, la surveillance est localement renforcée. Françoise Letellier, responsable du service santé animale de la DDCSPP, a indiqué que de réelles inquiétudes persistent concernant 2 zones touchées qui sont la Côte d'Or et la Dordogne avec une augmentation du nombre de foyers chaque année. Pour la Creuse, elle a précisé qu'il est important de prendre certaines mesures de précaution, notamment dans le cas des introductions d'animaux en provenance de cheptels à risques de la Bourgogne ou de la vente à destination de la Dordogne. Cela demande un renforcement des mesures de précaution qui passe par :
• Un contrôle à la vente sur les animaux à destination de zones à risque (ex. de la Dordogne). La tuberculine doit être réalisée au nom du cheptel d'origine.
• Pour les bovins en provenance de cheptels à risques, la mise en quarantaine dès leur arrivée en Creuse et leur tuberculination systématique.
La DDCSPP a fortement sensibilisé les opérateurs commerciaux sur cette problématique et leur a demandé de bien transmettre ses informations aux éleveurs pouvant être concernés. Un prochain article fera le point sur cette évolution de la tuberculose.

Une maitrise des conditions de transport pour la dérogation au contrôle d'introduction en matière d'IBR

Dans le cas des allégements permis par la nouvelle version du cahier des charges ACERSA validée par l'ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire) vis à vis de la prise en compte de la gestion du risque transport dans l'application des mesures de contrôle à l'introduction, Didier Guérin a indiqué que des dérogations de contrôle à l'introduction sont possibles si :
• les animaux proviennent de cheptels sous appellation A « cheptel indemne d'IBR »,
• le transport est maitrisé, de l'exploitation d'origine à l'exploitation de destination, et attesté par l'éleveur (formulaire disponible à GDS Creuse).
De plus, certains opérateurs commerciaux pourraient être agréés pour le transport maîtrisé des animaux. En effet, les animaux sous appellation A, provenant d'un autre STC bénéficiant de la même situation épidémiologique, validée par l'ACERSA, et transitant par un opérateur engagé, pourraient ne pas subir d'examen sérologique à l'introduction. Il a donc été demandé aux opérateurs commerciaux d'étudier cette possibilité.

Une règlementation d'évolution rapide d'où une collaboration à poursuivre

L'évolution de la situation épidémiologique, des besoins, des outils analytiques influent sur les dispositifs réglementaires et volontaires mis en place lors des échanges. C'est la raison de la mise en place de ce type de rencontre annuelle et d'actualisations intermédiaires en fonction des évolutions dans un cadre de travail départemental d'équipe entre la DDCSPP, l'EDE, GDS Creuse et le GTV qui est amené à se poursuivre comme le souhaite l'ensemble des personnes présentes.

Source GDS Creuse

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