Paratuberculose bovine : La paratuberculose en Creuse – Bilan campagne 2007/2008

Christian PETIT / Dr Didier GUERIN

L'action entreprise par le GDSCC depuis plus de 20 ans se poursuit avec une augmentation du nombre de cheptels en apports de garantie et en plan d'assainissement du fait de l'impact économique grandissant de cette maladie.

Des apports de garantie en augmentation, des assainissements plus nombreux

La paratuberculose se révèle être une maladie avec un impact sanitaire et économique conséquent et grandissant pour les élevages confrontés à cette problématique. Face à cette pathologie insidieuse, pour être efficace, l'action nécessite l'application synergique de plusieurs outils. Fort de plus de 20 ans d'expérience, c'est ce que propose le GDSCC aux éleveurs concernés en relation étroite avec leurs vétérinaires, tant en matière d'apport de garantie de cheptel que de plan d'assainissement. Cet article fait le point sur les enseignements apportés par cette dernière campagne.

Un nombre d'élevages concernés toujours en augmentation…

Les résultats de la campagne 2007/2008 permettent d'observer un accroissement de près de 10% du nombre d'élevages en plan, 319 élevages par rapport à 291 l'année passée avec une augmentation parallèle des cheptels en apport de garantie et en assainissement. Ceci découle de l'impact grandissant que représente la paratuberculose au niveau d'un troupeau tant en pertes directes (tout animal qui débute la phase maladie devient maintenant une non-valeur économique) qu'indirectes (des études récentes ont montré l'impact de cette maladie tant sur la production que sur la reproduction). Cette prise de conscience a été facilitée par l'information individualisée mise en place par le GDSCC qui s'est traduite par plus d'élevages s'investissant dans un plan d'assainissement. Conjointement, pour les races confrontées à cette problématique, cela implique des demandes de garantie supplémentaires avec deux cibles essentielles : les élevages en Herd-book et ceux qui préparent leur cessation avec, là aussi, une information spécifique du GDSCC en relation avec les différents intervenants.

… tant en assainissement avec une qualité de résultat fonction de la rigueur…

Bien que la mise en place d'un plan d'assainissement présente un coût notable, le retour sur investissement est très favorable en raison du poids économique important que représente la maladie dans un élevage. L'évolution du nombre de cheptels mettant en place un plan d'assainissement le confirme. Au cours de l'année écoulée, nous sommes passés de 104 à 131 élevages en programme d'assainissement, soit une augmentation de 26%. Le suivi de ces cheptels montre une durée moyenne des plans de 7 ans avec de grandes disparités. Nos observations se trouvent parfaitement corrélées avec une étude américaine (cf. « Plan d'assainissement paratuberculose – L'impact des différentes actions) qui montre la nécessité d'associer de manière étroite, d'une part, la détection des animaux excréteurs, leur isolement et leur élimination ainsi que leur descendance et, d'autre part, la maîtrise des risques de contamination au sein de l'effectif (gestion des fumiers, désinfection, aménagement et entretien des points d'abreuvement, amendement calcique, alimentation, gestion du parasitisme, garanties sur les animaux introduits…). Ces deux pôles d'action sont indispensables et indissociables pour la réussite du plan.

… qu'en apport de garantie de cheptel avec une consultation à effectuer

Comme nous l'avons souvent indiqué, par rapport aux caractéristiques de cette maladie, seule une garantie de cheptel peut apporter une valeur sanitaire significative. Au terme de la campagne 2007/2008, 161 cheptels sont sous apport de garantie, soit 55 élevages de plus que l'année précédente. Cette forte augmentation est une conséquence directe des éléments indiqués précédemment, un besoin croissant d'animaux sains, mais aussi suite à une forte mobilisation des élevages inscrits ainsi qu'une meilleur prise en compte de la plus value que représente ce statut de la part des cédants au moment de la transmission de leur cheptel. Pour ce qui concerne les élevages inscrit au Herd-book Limousin, 76% sont sous apport de garantie, soit + 9% par rapport à l'année précédente. Cet excellent résultat ne doit pas masquer les 24% d'élevages ne bénéficiant pas de ce statut, 16% suite à des résultats défavorables et 8% n'ayant pas de résultat. Donc, au-delà des renseignements obtenus en consultant le site internet du GDSCC, www.gdscc.fr, ou les listes papiers faisant apparaître les élevages sous garantie, le contrôle à l'introduction sur les animaux de plus de 18 mois reste de mise, il sera réalisé un contrôle ELISA à partir d'un prélèvement sanguin et une analyse PCR à partir d'un prélèvement de fèces.

Une forte implication du GDSCC aux deux niveaux pour une sensibilisation accrue des éleveurs et un suivi renforcé

Face au caractère insidieux de cette maladie et la nécessaire action précoce qui en découle, le GDSCC a renforcé son action ces dernières années aux deux niveaux :
• En matière d'assainissement, en relation avec son vétérinaire, tout élevage présentant un bovin cliniquement atteint avec une confirmation analytique reçoit un courrier d'information lui indiquant, notamment, l'importance de la précocité de mise en place de l'assainissement sur la durée du plan. De plus, tout élevage en plan d'assainissement reçoit chaque année, à l'issue de la série d'analyses, un point d'étape avec les conseils relatifs à sa situation.
• Pour l'apport de garantie de cheptel, une information particulière des éleveurs potentiellement concernés par une prochaine transmission de leur cheptel est réalisée avec le concours des vétérinaires et des organismes de production.

 

Vigilance et constance restent les maitres-mots, les outils du GDSCC à utiliser sans modération

Face à cette pathologie très particulière, la vigilance et la constance dans l'action restent primordiale pour en limiter son impact. Cela implique :
• D'isoler dès la moindre alerte, de confirmer ou infirmer toute suspicion par analyse de sang (ELISA) et de fèces (PCR).
• D'engager un plan d'assainissement le plus précocement possible et le suivre scrupuleusement tant en matière de détection que des mesures sanitaires d'accompagnement.
• De s'approvisionner dans des cheptels sous apport de garantie. Le contrôle individuel à l'introduction n'apporte des informations que sur des animaux de plus de 18 mois, il doit associer ELISA sur sang et PCR sur fèces et est peu sensible.
Le GDSCC met à votre disposition sur son site www.gdscc.fr ou sur demande la liste des cheptels sous apport de garantie et des articles d'information sur les deux volets : « apport de garantie de cheptel » et « plan d'assainissement ». Pour tout problème relatif à cette maladie, contactez-nous ou consultez votre vétérinaire.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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