Paratuberculose. Comment s’assainir

Christian PETIT & Dr Didier GUERIN

Paratuberculose. Comment s’assainir

Paratuberculose bovine => Les caractères insidieux et inguérissable de cette maladie demandent une mise en place rapide d’un plan d’assainissement dès son diagnostic dans un élevage.

Un vaccin contre la paratuberculose bovine

Depuis le 1er septembre, le vaccin Silirum® commercialisé par le laboratoire espagnol CZ Veterinaria est disponible.

Une réduction de l’excrétion

Ce vaccin inactivé adjuvé contre la paratuberculose bovine « réduit le nombre d'animaux excréteurs, le développement des lésions et la charge bactérienne ». Il s'administre en une seule injection. La vaccination concerne, dans un 1er temps, tous les bovins de plus d’un mois d'âge puis le renouvellement. La durée d'immunité pourrait aller jusqu'à 4 ans.

Une interférence avec le dépistage de la tuberculose d’où un contrôle par la DDPP

L'immunité paratuberculose induite interfère avec le dépistage de la tuberculose. Ainsi, la vaccination paratuberculose est autorisée au cas par cas par les DD(CS)PP avec les 2 conditions suivantes : l’absence de lésion de tuberculose constatée à l'abattoir depuis au moins 12 mois et la présence confirmée de la paratuberculose par des analyses de laboratoire. La commande et l'usage des vaccins sont contrôlés par les DD(CS)PP.

Un dépistage de la paratuberculose perturbé, des mesures sanitaires nécessaires

Cette vaccination va aussi interférer avec le dépistage sérologique de la paratuberculose. Son action se limitant à la réduction de l’excrétion, les mesures sanitaires de maîtrise des risques de contamination au sein de l’effectif doivent être strictement appliquées pour espérer, à terme, un assainissement.

Paratuberculose. Comment s’assainir

Les caractéristiques de cette maladie (cf. article du 03/10/2014) (long développement, germe très résistant, analyses tardives) demandent de définir son plan d’assainissement avec méthode et d’appliquer les mesures avec constance et vigilance.

Un diagnostic dès la moindre alerte avec une rapide mise en place d’un plan de lutte

Du fait des caractéristiques de cette maladie, en l’absence d’actions dans l’élevage, son développement est inéluctable avec un impact grandissant au cours des années ainsi qu’un allongement de la durée du plan d’assainissement. Cela implique qu’une approche rationnelle de la paratuberculose dans son troupeau nécessite :

  1. Un isolement et un diagnostic de tout bovin présentant une diarrhée chronique. L’animal est isolé (un bovin paratuberculeux en phase clinique excrète des milliards de bactéries par jour) et fait l’objet d’un prélèvement de sang (analyse ELISA) et de bouse (PCR et coprologie : diagnostic différentiel de la paramphistomose).
  2. La réalisation d’un état des lieux en cas de résultat positif. A la prophylaxie suivante, une sérologie sera effectuée sur l’ensemble des bovins de plus de 24 mois. Cela permet de quantifier l’importance de l’atteinte paratuberculose de l’élevage.
  3. La mise en place d’un plan de lutte. Il s’appuie sur deux piliers incontournables : la détection et la réforme des infectés et la maîtrise sanitaire des risques de contamination au sein de l’effectif. Toute non-prise en compte d’un des deux piliers expose au mieux à une augmentation de la durée du plan, au pire à son échec.
Paratuberculose. Comment s’assainir

La détection et la réforme des animaux excréteurs et de leur dernier descendant

Son objectif est de limiter la contamination du milieu, d’abaisser le risque de contamination d’autres bovins et de détecter les animaux qui sont les plus susceptibles de déclencher une paratuberculose clinique. La fréquence de dépistage est d’une fois par an. Seront testés tous les bovins de plus de 24 mois sauf en cheptels très infectés où l’âge minimal sera descendu à 18 mois. Deux techniques d’analyses peuvent être utilisées : la PCR et la sérologie ELISA. L’importance de l’atteinte clinique et le nombre de positifs, la proximité veau/vache (élevage allaitant) orienteront vers la PCR vu son effet plus limitatif de contamination du milieu extérieur. Dès la connaissance du résultat, les animaux positifs seront isolés des autres animaux, en particulier des jeunes, et réformés dans un délai, si possible court (moins de 6 mois) ainsi que le dernier veau né de l’animal concerné (toute la descendance en cas de bovin présentant une clinique). En cas d’effectif important, cela implique une conduite isolée et une gestion très suivie du lot des animaux positifs.

La maîtrise sanitaire des risques de contamination au sein de l’effectif

Elle permet de réduire le contact entre les jeunes animaux et les déjections et de limiter l’apparition de la maladie chez les bovins contaminés. Elle s’appuie sur les points fondamentaux suivants : gestion des fumiers, nettoyage approfondi et désinfection régulière des bâtiments d’élevage, aménagement et entretien des points d’abreuvement, amendement calcique des prairies, alimentation suffisante et équilibrée, plan antiparasitaire adapté notamment pour la grande douve et le paramphistome. Afin d’éviter toute nouvelle contamination d’origine externe, ne seront introduits, si possible, que des bovins issus de cheptels sous apport de garantie en matière de paratuberculose. Tout autre bovin introduit âgé d’au moins 18 mois fera l’objet de contrôle par sérologie et PCR. S’il s’agit d’un animal plus jeune, son contrôle sera différé jusqu’à l’obtention de l’âge requis (cf. prochain article « Comment se protéger » du 17/10/2014).

Paratuberculose. Comment s’assainir

Une prise de conscience et une mobilisation grandissantes en Creuse

La reprise de la mobilisation amorcée depuis 3 ans se poursuit. 25 élevages se sont engagés dans un plan paratuberculose sur cette campagne dont 17 dans le cadre des alertes émises par GDS Creuse suite à des résultats ponctuels positifs (suspicion clinique, résultat positif à la vente) en relation avec le vétérinaire en charge du suivi de l’élevage.

Une action nécessitant vigilance et constance, une aide technique et financière de GDS Creuse en relation avec le vétérinaire de l’élevage

La maîtrise de la clinique et l’assainissement d’un élevage vis à vis de la paratuberculose demandent une implication importante de la part de l’éleveur et du vétérinaire associée à l’implication de GDS Creuse qui apporte ses aides techniques (suivi annuel de chaque élevage avec adaptation du plan en fonction des résultats et des alertes, audit d’élevage pour les cas particuliers ou particulièrement importants) et financière (aides aux analyses (20 %) et visites (50 %)). Au-delà de l’obtention des critères de sortie de plan (plus de clinique, pas d’animaux positifs dans l’élevage, pas de réforme d’animaux positifs depuis deux ans, deux séries consécutives de résultats négatifs), les éleveurs le souhaitant peuvent s’engager dans le système d’apport de garantie vis à vis de la paratuberculose (cf. prochain article « Comment se protéger » du 17/10/2014). Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires