« Pourquoi le transfert immunitaire est-il sous-utilisé ? » : une stagiaire a enquêté

Marien BATAILLE & Dr Didier GUERIN

« Pourquoi le transfert immunitaire est-il sous-utilisé ? » : une stagiaire a enquêté

Immunité du veau => Le niveau de défenses immunitaires du veau est indispensable à investiguer lors de présence de maladies néonatales. Pour renforcer cette démarche, GDS Creuse prend en charge les frais d’analyses correspondants.

Dans les élevages sans et avec veaux malades, les agents de diarrhées néonatales présents de manière équivalente

« Pourquoi le transfert immunitaire est-il sous-utilisé ? » : une stagiaire a enquêté

Une étude a comparé la prévalence des agents pathogènes dans les élevages sans problème de diarrhée néonatale et dans d’autres avec des veaux malades.

Une étude menée en Bourgogne en élevages charolais

L’étude a été menée en Bourgogne au 1ersemestre 2011 dans des élevages charolais sur des veaux âgés de moins de 21jours. Elle était coordonnée par le GTV Bourgogne en partenariat avec Merial,le laboratoire départemental de Côte d’Or et le Centre National de Référence des virus entéritiques. Cinq vétérinaires ont participé à cette étude. Les élevages considérés comme indemnes présentaient un taux de veaux malades inférieur à 10% sur l’ensemble de la saison.

Tous les agents infectieux recherchés présents dans les deux types d’élevages

Dans tous les élevages, qu’ils soient indemnes ou avec épidémie de diarrhées néonatales, au moins un agent pathogène a été identifié.Les taux de présence des différents agents (colibacilles, rotavirus,coronavirus, cryptosporidies…) sont équivalents dans les deux types d’élevage,les plus fréquemment rencontrés sont les colibacilles CS31A et les rotavirus.En moyenne, il a été identifié de 3 à 4 agents pathogènes par élevage.

Un déséquilibre entre la pression infectieuse et la capacité immunitaire du veau à l’origine de la pathologie

Le portage sain est présent dans tous les élevages qui ne présentent pas de signes cliniques. La pathologie est donc bien la conséquence d’un déséquilibre entre la pression infectieuse et la capacité immunitaire du veau, résultant elle-même du transfert colostral et de la mise en place de l’immunité active.

La présence de maladies sur les veaux résulte d’un déséquilibre entre la pression infectieuse et la capacité immunitaire du veau. Ainsi, en matière de diarrhées néonatales, les agents infectieux sont présents de manière équivalente dans les élevages avec ou sans veaux malades (cf.encadré).

Une analyse des facteurs de risque propres à chaque élevage…

Pression infectieuse et potentiel immunitaire sont dépendants de nombreux facteurs liés à l’élevage de la mère et de son veau. La présence d’agents infectieux des diarrhées néonatales de manière équivalente dans les élevages avec ou sans veaux malades confirme l’importance de la détermination des facteurs de risque propres à chaque élevage puis de leur maîtrise pour le contrôle de cette pathologie (cf.article du 23/11/2012).

« Pourquoi le transfert immunitaire est-il sous-utilisé ? » : une stagiaire a enquêté

… qui demande une connaissance de la capacité immunitaire moyenne des veaux

Dans nombre d’élevages confrontés aux diarrhées néonatales, des analyses de fèces sont réalisées, ce qui permet d’investiguer la composante « pression infectieuse ». Le dosage du transfert immunitaire informe sur la composante « potentiel immunitaire ». Sa connaissance est plus décisive que l’identification des agents infectieux, pourtant, il était très peu effectué. Pour corriger cette insuffisance, nous avons mis en place un plan d’action : prise en charge à 100% des frais d’analyses du transfert immunitaire,alerte de tout éleveur ayant fait réalisé des analyses fèces avec prise en charge de 50% de ces frais d’analyse si le contrôle du transfert immunitaire est effectué, article d’information… Ce plan d’action a, en partie, porté ses fruits… mais reste insuffisant ! Depuis la mise en place du plan diarrhée,en 2003 (cf. tableau), le contrôle du transfert immunitaire a été multiplié par5… mais ne concerne encore que 25% des élevages ayant réalisé des analyses fèces et le contrôle concerne au moins 5 veaux que dans 2/3 de ces élevages !

« Pourquoi le dosage du transfert immunitaire est-il sous-utilisé dans le cadre de la gestion des diarrhées néonatales ? »

Face à cette situation, à notre demande, Simonet Marina, étudiante en licence « Suivi global de l’élevage et de la transformation des produits animaux », a consacré son stage à GDS Creuse à la problématique suivante :« Pourquoi le dosage du transfert immunitaire est-il sous-utilisé dans le cadre de la gestion des diarrhées néonatales ? ». Pour répondre à cette problématique, elle a interrogé 122 éleveurs répartis en trois catégories : élevages n’ayant réalisé que des prélèvements fèces (1ergroupe), éleveurs n’ayant réalisé que des contrôles de transfert immunitaire (2èmegroupe) et élevages ayant réalisé les deux types de recherche (3èmegroupe).

Pour le 1er groupe, des diarrhées de manière récurrente, des analyses de fèces… pas de contrôle du transfert immunitaire !

Pour 2/3 des élevages du 1er groupe, les diarrhées néonatales sont un problème récurrent dans leurs troupeaux. Des analyses de fèces sont réalisées dans le but d’améliorer la situation. Elles sont effectuées après l’apparition d’une dizaine de cas. Concernant le dosage du transfert immunitaire, 65% ont pris connaissance de l’information fournie par GDS Creuse. 98% ont conscience de l’importance de la prise de colostrum. Ils indiquent que le dosage du transfert immunitaire serait utile mais cela n’a pas été fait en majorité par manque de temps. Ils ne pensent pas le réaliser à l’avenir car ils ne savent pas trop comment le mettre en place.

Pour les groupes 2 et 3, un apport reconnu du contrôle dutransfert immunitaire, une insuffisance qu’ils découvrent… mais un suivi àétoffer !

Les éleveurs contactés qui ont mis en place le contrôle du transfert immunitaire (groupes 2 et3) disent l’avoir effectué après avoir réalisé les campagnes précédentes des analyses fèces sans que cela leur ait permis d’améliorer la situation. Les résultats sont mauvais (10g/l d’IgG) pour 45% des veaux, marginaux (de 10 à20g/l d’IgG) pour 45% des veaux et bon (>20g/l d’IgG) pour seulement 10% des veaux. La très grande majorité indique qu’ils pensaient que la prise colostrale était correcte et découvrent donc ce résultat avec étonnement. Ils demandent à avoir un meilleur suivi, notamment de la part de leur vétérinaire, pour améliorer cette situation.

Le dosage du transfert immunitaire, une réalisation simple, une prise en charge de 100% des frais d’analyses par GDS Creuse

Le contrôle du transfert immunitaire demande une prise de sang sur un minimum de cinq veaux sains âgés de 2 à 6 jours. Les frais d’analyse sont pris en charge à 100% par GDS Creuse grâce à une collaboration avec MSD Santé Animale. Le taux d’IgG renseigne sur la qualité du transfert immunitaire.En dessous de 10g/l d’IgG, le statut est insuffisant, le veau est très sensible à toutes les pathologies (diarrhées, grippes, omphalites…). Entre 10 et 20g/l,le statut est dit marginal, en présence d’une forte pression d’infection, des maladies pourront apparaître. Au-dessus de 20g/l, le statut est excellent,seule une très forte pression d’infection entraînera des pathologies.

Une sensibilisation renforcée pour une utilisation augmentée… source de résultats améliorés de manière durable

La prévention et la lutte des pathologies néonatales nécessitent l’évaluation de la capacité immunitaire du veau. C’est une étape indispensable de la « Sanitaire’ Attitude » pour avoir un plan d’action adapté et efficace. Dans cette optique, la sensibilisation va être renforcée. Dès la réception des résultats par GDS Creuse, tout éleveur ayant réalisé des analyses de fèces sera informé par courrier et SMS de l’intérêt du contrôle du transfert immunitaire avec une information conjointe de son vétérinaire traitant.

Comme il l’a montré (cf. article du 23/11/2012), la plan diarrhée creusois représente une solution collective et durable pour tout élevage confronté à des épisodes récurrents d’entérites néonatales. Il constitue également une prévention pour tout élevage.Pour toute information, n’hésitez à contacter voter vétérinaire ou nous –mêmes.

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Commentaires 1

martine

vive le gds de la creuse qui cherche depuis longtemps et qui ne trouve rien !
Pardon , elle trouve de plus en plus de travail .
Pour bientôt , la "Sanitaire Attitude"(peut être un monde sans antibiotiques , sans vaccins ?)
DURABLE ?
Oui , le GDS creuse durablement dans la mauvaise direction ..
Que vive les grands troupeaux , avec les cotisations des petits !

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

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