Prairies : Le soufre, un élément à ne pas négliger

Sophie Bourgeois

La quantité de soufre absorbée par une prairie est non négligeable et c'est un élément indispensable aux plantes. « Pendant très longtemps, les retombées atmosphériques étaient suffisantes pour couvrir les besoins des prairies. Jusque dans les années 50 et 60, elles étaient deux fois supérieures aux besoins des cultures. Désormais, on estime qu'elles représentent en moyenne la moitié seulement de leurs besoins et les carences en soufre sont de plus en plus courantes », explique Pierre Castillon, d'Arvalis Institut du Végétal. La carence en soufre se manifeste par la décoloration (vert pâle à jaune) des plus jeunes feuilles. Malheureusement elle n'est bien visible et repérable qu'assez tardivement au cours du premier cycle de croissance, généralement le plus affecté, et il est trop tard pour la corriger efficacement.

Après un hiver très pluvieux

« Ces problèmes sont d'autant plus fréquents que le sol est sensible à la lixiviation c'est-à-dire sableux, caillouteux, peu profond, et que la pluviosité a été importante en automne et en hiver. Le risque est accentué lors de printemps froid, car la minéralisation de la matière organique du sol est alors peu importante. Dans ces conditions, un apport de soufre est utile. »
Un essai conduit en 2008 sur une prairie permanente par Arvalis Institut du Végétal dans la Meuse a montré qu'un apport de SO3 (sous forme Thiovit) a permis d'améliorer très significativement le rendement de foin. Plus de 2 tonnes de matière sèche ont été gagnées avec une dose optimale de 90 kg de SO3 apportés par hectare. La quantité de soufre corrective est souvent de l'ordre de 40 à 60 kg de SO3 par hectare. Tous les engrais soufrés peuvent convenir mais il ne faut pas oublier le soufre apporté par les fumiers et surtout les lisiers. Le soufre de lisier de bovins s'est montré aussi efficace que celui du sulfate de calcium dans un essai australien sur fétuque. Les fumiers et composts, par contre, contribuent peu à la fourniture de soufre assimilable par la prairie.

Source Réussir Bovins Viande Février 2011

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