Prévenir les maladies respiratoires

Dr Didier Guérin - GDS Creuse

Prévenir les maladies respiratoires
- © F. d'Alteroche

Les bovins sont particulièrement sensibles aux maladies respiratoires. Pour réduire l'impact sanitaire et le coût de ces pathologies, il est préférable de miser d'abord sur le préventif. Corriger l'ambiance dans les bâtiments doit être une priorité.

Prévenir les maladies respiratoires
S. Bourgeois

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Bovins Viande de décembre 2015. RBV n°232, p. 18 à 31.

Au sommaire :

. p. 22 - Un bon traitement est un traitement précoce - Antibiotiques et anti-inflammatoires.

. p. 24 - Toute vaccination doit être bien réfléchie - Soin préventif et non curatif.

. p. 26 - Attention aux ambiances chaudes et humides - Eviter de favoriser la multiplication bactérienne.

. p. 28 - Mieux renouveler l'air s'est avéré salutaire - Au Gaec de la Beluze, en Saône-et-Loire.

Chez les bovins, les maladies respiratoires font partie des pathologies les plus fréquemment rencontrées au cours de la première année de vie. L'évolution des conditions d'élevage (dimension des troupeaux, périodes de vêlages, disponibilité des éleveurs pour l'observation des lots...) se traduisent souvent par des difficultés accrues pour maîtriser ces pathologies. Il est donc important de travailler en amont en prenant toutes les mesures nécessaires pour prévenir leur arrivée.

Le bovin est un handicapé respiratoire

Les bovins sont particulièrement sensibles aux broncho-pneumonies. Leur morphologie fait que ce sont des « insuffisants respiratoires chroniques », dans le sens où leurs poumons sont fragiles et « sous-dimensionnés » eu égard à leur format. Les poumons d'un bovin de 500 kg permettent en moyenne d'inspirer 12 litres d'air. Ce chiffre est d'au moins 40 litres pour un cheval de poids équivalent. Qui plus est, l'efficacité maximale des échanges n'est pas atteinte avant l'âge de 1 an, et plus les bovins sont conformés plus le rapport volume pulmonaire sur masse musculaire à oxygéner diminue. D'autre part, le veau connaît entre 2 et 6 semaines une période de moindre protection lors du passage des défenses fournies par la mère, à travers le colostrum, à ses défenses propres. Cette période est aussi pour ces raisons appelée la période de trou imunitaire. Enfin, le mélange d'animaux d'âges et/ou d'origines différents se traduit par une augmentation de la circulation d'agents microbiens. Jeunes veaux, couples mères/veaux, broutards et laitonnes en phase de sevrage et logés dans des milieux confinés où l'air est insuffisamment renouvelé sont donc particulièrement sensibles.

La méthodologie générale d'approche des maladies respiratoires enzootiques des jeunes bovins (couramment dénommées BPIE, pour bronchopneumonies infectieuses enzootiques) englobe les aspects classiques du traitement et du diagnostic pour se poursuivre par une approche plus globale destinée aux lots suivants. Elle intègre alors les principes de la prophylaxie vaccinale et l'évaluation du risque lié au bâtiment et à la conduite d'élevage. Si le cas est banal, un protocole de soins bien expliqué par le vétérinaire et bien appliqué par l'éleveur peut être suffisant. En revanche, si la même exploitation est victime d'une saison à l'autre d'affections respiratoires récurrentes ou si celles-ci sont sévères avec des taux de malades et de morts élevés, alors l'approche devra déborder du cadre de la thérapeutique et déboucher sur des mesures correctives à l'issue d'une visite complète où le bâtiment a une place essentielle. Au bilan, la stratégie consiste, à partir des animaux malades, à identifier les agents infectieux en cause, ainsi que les points clés du management de l'élevage qui sont défaillants pour proposer les améliorations adéquates.

Corriger les facteurs de risque

La maîtrise des BPIE ne peut en tout cas se réduire à la prescription du duo antibiotiques-vaccins. Il est indispensable de corriger les différents facteurs de risque qui favorisent leur arrivée dans les élevages. La démarche globale proposée est modulable au cas par cas en fonction de la sévérité de la situation, de la motivation de l'éleveur et de son vétérinaire.

La montée en température, signe précoce de l'infection

Sur un bovin, les troubles respiratoires se traduisent dans un premier temps par une température élevée pendant deux à trois jours. Un animal triste et abattu est un premier indicateur. Le bon réflexe est de prendre sa température (anormale si elle dépasse 39°C sur un adulte, 39,5°C sur un veau). Ce n'est qu'ensuite qu'apparaissent les premiers symptômes véritablement respiratoires (jetages, larmoiements, augmentation de la fréquence respiratoire…). Cette évolution progressive montre l'importance d'observer fréquemment ses lots. La détection de l'infection au début de l'évolution permet d'intervenir plus tôt et améliore l'efficacité du traitement, tout en limitant l'apparition de lésions définitives qui auront un impact important sur la croissance des animaux. Et bien entendu, le fait d'observer un animal suspect doit inciter à observer avec d'autant plus d'attention le reste du lot.

Une méthodologie d'approche en trois phases

En matière d'affections respiratoires, l'approche peut se décomposer en trois phases :

1 - Une phase immédiate de traitement. Elle associe anti-infectieux et anti-inflammatoires pour les animaux malades. La métaphylaxie (traitement de l'ensemble d'un lot) est à raisonner en termes médicaux et économiques, et d'usage prudent des antibiotiques.

2 - Une phase de recherche des agents infectieux responsables. Elle ne doit pas se limiter aux éléments cliniques. Les éléments d'autopsie apportent davantage de précisions et le recours au laboratoire est indispensable quand on veut établir un diagnostic étiologique de certitude. Il  est nécessaire pour les plans de prophylaxie vaccinale futurs ou la réalisation d'un antibiogramme.

3 - Une phase de prévention et de prise en compte des facteurs de risque, pour l'année et/ou les lots de bovins suivants. Il inclut la visite des bâtiments et se double d'une visite plus globale s'intéressant aux flux d'animaux, aux plans d'alimentation et plus généralement à la gestion de la santé dans l'élevage.

Source Réussir Bovins Viande

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