Profiter de la nouvelle donne mondiale pour relancer la production et élargir les débouchés

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Mars 2012

Dominique Langlois, président de l’interprofession viande bovine.
« Au sein d’Interbev, la volonté de développer l’export fait partie de nos priorités. Ouvrir de nouveaux marchés, c’est bien, mais en parallèle il est aussi indispensable de maintenir notre potentiel de production. » © F. d'Alteroche

Le monde de la viande bovine a beaucoup changé en un an », a rappelé Dominique Langlois, président de l’interprofession. L’année 2011 a été marquée dans la plupart des grands pays producteurs par un recul de la production (- 3 % au Brésil, - 8 % en Argentine, - 2 % aux États-Unis…), avec de ce fait une baisse des disponibilités pour l’exportation. Par exemple, le Brésil qui voici quelques années s’était fixé pour but d’exporter 4 millions de tonnes par an à l’horizon 2020 n’en a exporté « que » 2,2 millions en 2007 et 1,3 million l’an dernier.
De plus, les besoins mondiaux de viande progressent et cette tendance ne devrait pas s’inverser compte tenu de la démographie, de l’évolution des habitudes de consommation et de la hausse du niveau de vie dans de nombreux pays émergents. « Nous devons saisir les opportunités de marché sur les différents segments (bovins maigres ou finis, viande, reproducteurs) sur toutes les destinations. L’enjeu est non seulement l’avenir de la filière française mais plus largement l’amélioration du commerce extérieur et de l’activité économique sur tout le territoire rural où le secteur bovin induit près d’un million d’emplois », estime Pierre Chevalier.

Risques géopolitiques

La France doit aussi profiter de ces nouvelles possibilités pour relancer la production. Certes l’Europe n’a pas vocation à nourrir le monde, mais les nouvelles opportunités, en particulier sur les pays du pourtour méditerranéen, sont à saisir surtout dans le contexte actuel avec une crise économique qui fait peser des incertitudes sur les quantités qui pourront être absorbées sur les habituels débouchés italien et grec.
Avant l’arrivée de la première crise de l’ESB, l’Europe exportait déjà une partie de sa production vers les rivages sud de la Méditerranée. « Mais avec ces pays, nous pouvons être confrontés à des risques géopolitiques importants. Ils nous font dire que dès que l’on a ouvert un nouveau marché sur ces pays, il faut immédiatement penser à un marché complémentaire de substitution », ajoutait Dominique Langlois. L’exemple de la Turquie et des remous provoqués par les évolutions de la législation française sur la question du génocide des Arméniens est d’ailleurs révélatrice de la fragilité de ces nouveaux marchés.

Conforter notre potentiel de production

Élargir les débouchés, c’est bien, mais il est pour cela indispensable de maintenir, voire de conforter notre potentiel de production. Pour la FNB, cela passe par le maintien des aides européennes couplées destinées au cheptel naisseur. Quant au soutien à l’engraissement, il passe avant tout par le plan de contractualisation actuellement à l’étude au sein de l’interprofession pour lequel il est prévu d’intégrer la notion de coûts de production. Il doit permettre de donner de la lisibilité aux éleveurs qui souhaitent s’engager davantage dans cette activité.

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