Quelles tendances pour le maigre ?

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Quelles tendances pour le maigre ?
Face à une érosion tendancielle du marché italien, éleveurs et opérateurs conviennent de la nécessité des marchés pays tiers.

Des perspectives de prix sur les broutards pour l’heure stables pour le début de campagne 2015-2016.

Si une grande partie de la rencontre organisée par les sections bovines de la FDSEA et des JA jeudi avec les opérateurs de la filière bovine cantalienne était dédiée à l’application des accords nationaux sur la viande, les perspectives du marché du maigre ont aussi été abordées. Sans surprise, le recul tendanciel de la demande des engraisseurs italiens a été confirmé. D’un million de têtes il y a quelques années, celle-ci a reculé de 15 % pour se situer autour de 850 000 broutards importés en 2014. “Avec la crise économique et de pouvoir d’achat, l’Italie nous dit que ça devrait encore descendre pour se situer à 650 000 têtes d’ici quatre-cinq ans. Est-ce que ce sera le cas ? En tous cas, on aura besoin de tous les marchés”, a reconnu Frédéric Lagarde. 
Et donc du marché turc toujours demandeur pour des animaux légers de 250 à 280 kilos, contre 370-420 kg attendus par les engraisseurs italiens. “Le problème aujourd’hui est de trouver un débouché pour les animaux intermédiaires, entre 300 et 350 kg, a prévenu Frédéric Lagarde (EuroFrance). On les oriente aujourd’hui vers la Tunisie, mais c’est difficile de tous les commercialiser.”

Choisir entre moins de 290 et plus de 380 kg

Même si les engraisseurs de l’Ouest français peuvent aussi en absorber, leur situation actuelle ne génère pas d’appel d’air. Conclusion partagée par Bruno Dufayet, président de la section bovine de la FDSEA : “Il faut que les éleveurs fassent leur choix : soit ils produisent des moins de 290 kg, soit ils les amènent à plus de 380.” Un message qu’il va falloir continuer à faire passer dans les élevages, a convenu la profession. 
Autre problématique évoquée : les femelles. “Le marché espagnol est en perte totale de vitesse ou alors à des prix qu’on n’ose même pas donner aux éleveurs. Et l’Italie n’arrivera pas à absorber toutes ces femelles”, ont alerté les représentants des sociétés exportatrices. Quid des tendances de prix ? “Pour le moment, pour l’Italie, il n’y a pas de souci, ni de tendance à la baisse, a répondu Jean-Luc Lacombe (Parma Lacombe).” Idem pour la Turquie. “On a l’ambassade turque en France chaque semaine au téléphone pour faire un point du marché grâce à des relations privilégiées nouées, a glissé Bruno Dufayet. Les tendances sont bonnes.” 
Reste à saisir toutes les opportunités des marchés pays tiers, en vif comme en carcasse, a exhorté ce dernier, rappelant que la Malaisie avait récemment ouvert un contingent de 24 000 tonnes sur lequel seul un opérateur français s’est positionné pour 12 000 tonnes. Reste aussi à régler la question du surplus de JB (jeunes bovins) qui, en encombrant le marché hexagonal, pèse à la baisse sur les prix en France mais aussi en Italie, et par ricochet sur le prix du broutard à terme.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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