Relation animal-végétal : Les outils à inventer pour soulager les éleveurs

Nicole Ouvrard et Gabriel Omnès

Le prix de la viande à la consommation ne prend pas en compte les hausses du coût des matières premières. L'heure est aux propositions pour changer cette situation.

Comment faire en sorte que les éleveurs vivent correctement de leur métier ? « La mauvaise réponse, c'est de prendre dans la poche des céréaliers pour mettre dans celle des éleveurs. La bonne réponse, c'est de prendre dans la poche du consommateur qui doit payer la viande à son juste prix », considère Patrice Gollier, directeur général d'InVivo.
Serge Papin, président de Système U, reconnaît qu'il y a un problème. « Il faut répercuter le prix de l'aliment du bétail sur le produit vendu. Je voudrais que tout se fasse en transparence, sous le contrôle des pouvoirs publics. Il faut sortir de la négociation permanente pour qu'existe une mécanique reconnue. » L'idée de s'appuyer sur un indice des matières premières utilisées en alimentation animale fait son chemin. « L'objectif est d'isoler, dans l'évolution du prix du produit fini, ce qui relève de la hausse du coût des matières premières », explique Xavier Beulin, président de la FNSEA.

En 2010, l'indice Insee des prix à la consommation de la viande de porc est resté stable alors que le coût des aliments porc a augmenté de 40 %. (D. Poilvet)

En 2010, l'indice Insee des prix à la consommation de la viande de porc est resté stable alors que le coût des aliments porc a augmenté de 40 %. (D. Poilvet)

Contrat entre OS et FAB

Autre piste, la contractualisation entre le collecteur et le fabricant d'aliment s'appuyant sur un prix de référence : le prix moyen de l'OS ou une cotation de référence lissée sur plusieurs mois (correspondant par exemple à la période d'engraissement). On peut aussi imaginer un système fixant un prix plancher et un prix plafond en utilisant des outils des marchés à terme (put et call). Michel Fosseprez, président d'InVivo, reste dubitatif. « Sur le plan de la solidarité, nous sommes favorables, mais je ne vois pas comment faire sur le plan économique. Nous sommes dans des mondes ouverts tant dans le secteur animal que végétal. »

Source Réussir Grandes Cultures Mars 2011

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