Renforcer la légitimité scientifique, un enjeu pour le CIV

Propos recueillis par Cyrielle Delisle - Réussir Bovins Viande Septembre 2012

« Le CIV n’est pas qu’un vecteur d’informations, mais également d’échanges entre disciplines, entre courants. »
Pierre-Michel Rosner est ingénieur agronome, sociologue et docteur en sciences économiques et sociales. Il a mené l’essentiel de sa carrière à l’international, avant d’être nommé directeur du CIV en mai 2012. © C. Delisle

La réorganisation stratégique d’Interbev a engendré une nouvelle répartition des rôles et permis de réaffirmer l’autonomie du CIV. Le point sur ce repositionnement avec Pierre-Michel Rosner, directeur du Centre d’information des viandes (CIV).

. Quels changements pour le CIV suite à la réorientation d’Interbev ?

Pierre-Michel Rosner - En reprenant la communication auprès du grand public, Interbev a permis au CIV de se recentrer sur des missions de veille, d’information et de prospective destinées à des publics de profes- sionnels. Par « professionnels », j’entends toutes personnes concernées par les filières viandes (bovine, ovine, porcine et équine), de l’élevage jusqu’à la commercialisation. Cela inclut éleveurs, industriels, boucheries et grande distribution, restauration collective mais aussi vétérinaires, médecins, nutritionnistes, scientifiques de diverses disciplines, ou encore associations spécialisées… L’aspect prospectif est nouveau et doit favoriser un travail d’anticipation sur ce qui se passe « dans et autour » de la filière viande. J’insiste ensuite sur le fait que les informations collectées ou produites devront s’appuyer sur des bases scientifiques.
L’enjeu est de refaire du CIV un centre reconnu d’informations scientifiques ; reconnaissance qu’il avait acquise dès les années 90 mais qu’il avait ensuite un peu délaissée au profit d’une communication tournée vers le grand public. La remise en place d’un conseil scientifique d’ici fin 2012 garantira la solidité des travaux et la pertinence des orientations thématiques.
Cette nouvelle distribution des rôles va ainsi permettre au CIV de réaffirmer son autonomie par rapport à Interbev (même si cet organisme est présent à notre conseil d’administration) et de conforter son assise scientifique.

. Quelles seront les thématiques abordées par le CIV ?

P.-M. R. - Le CIV va maintenir son champ d’action initial sur la nutrition, la sécurité sanitaire, l’environnement, la santé et le bien-être animal. Sur ces sujets, un travail de veille reste nécessaire, par exemple sur les maladies émergentes ou les valeurs nutritionnelles des produits.
En parallèle, nous allons approfondir l’approche sur des sujets plus transversaux, où les connaissances ne sont pas complètement établies et restent largement en débat. C’est le cas du lien entre cancer et consommation de viande, ou des impacts négatifs et positifs de l’élevage sur l’environnement (GES, eau, sols…). Enfin, nous allons élargir nos champs d’analyse à ce qui relève des impacts et contributions sociétales des filières viandes. La viande ne se limite pas à de la technique ni à du chiffre d’affaires. Cela con- cerne des acteurs dans et hors filière ; cela crée de la ruralité, du mode de vie ; bref, cela a des retombées sur l’ensemble de la société. La solidité scientifique de nos approches est donc aussi une condition nécessaire pour aborder de telles questions.
Pour traiter cela, le CIV va devoir se concentrer sur les faits structurants et produire une vision synthétique et transversale de chaque sujet, tout en se dégageant de l’emprise d’éléments plus conjoncturels.

. Quels moyens seront utilisés pour communiquer avec les professionnels concernés par la filière viande ?

P.-M. R. - Plusieurs outils seront utilisés pour échanger avec notre public. Le site Web du CIV est en refonte. Disponible en libre accès, il proposera un contenu destiné aux professionnels et mettra à disposition des informations produites ou non par le CIV. Ce site sera opérationnel avant fin 2012 et contribuera ainsi à refaire du CIV un centre de ressources reconnu. Une partie de la communication papier déjà existante, sera par ailleurs rendue plus identifiable sous forme de « collections ». Sur ce point, un travail de tri et de hiérarchisation doit encore être réalisé. D’autres axes sont également en cours d’élaboration pour la fin 2012, notamment la constitution de groupes de travail thématiques ou transversaux, rattachés à des publics cibles. Les pistes ne manquent pas.

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