Salers primeurs : passer le cap des 1000 veaux

Patricia Olivieri

Salers primeurs : passer le cap des 1000 veaux
P.O

Objectifs quantitatifs, qualitatifs et économiques remplis pour la première année d’activité de la filière.

Objectif atteint pour l’Association Salers primeurs du Cantal (ASPC) et son partenaire, la société SVA-Jean Rozé pour cette première année de mise en production de cette nouvelle filière de jeunes mâles salers purs engraissés. "On s’était fixé 700 veaux, on les a eus", se félicite Bernard Ginalhac, éleveur à Leynhac et l’une des chevilles ouvrières de l’association avec Bruno Dufayet. Entre novembre et début mai, les camions se sont succédé pour approvisionner l’abattoir d’Ussel (19) associé à la démarche avant d’alimenter les étals des rayons boucherie du groupe Intermarché. Et pour cette première saison, ce sont 62 éleveurs qui ont répondu présents, intéressés pour ce débouché valorisant alternatif aux exportations en maigre vers l’Italie ou l’Espagne.  Côté qualitatif, les résultats sont aussi à la hauteur des espérances puisque le rendement moyen des animaux abattus (à 443 jours en moyenne) a tourné autour d’un "bon 58 %" pour un poids carcasse moyen de 319 kg (569 kg vif). Quatre-vingt pour cent de ces veaux primeurs ont affiché une conformation R. Le taux de conformité des bêtes engagées au cahier des charges des Salers primeurs du Cantal est satisfaisant et s’est élevé à 88 %. La majorité des non conformités (68 %) sont liées à un écart d’âge, 20 % à un différentiel de conformation (souvent des O- alors que le minimum attendu est O=) et 10 % à un problème d’âge. Seuls 2 % des non conformités ont porté sur l’état d’engraissement. De plus, ce premier bilan a mis en évidence la nécessité d’une meilleure planification des apports.

 

 

Plus-value : 0,26 €/kg carcasse

Sur le plan économique, la valorisation a été au rendez-vous : la plus-value moyenne sur l’ensemble des lots a ainsi atteint 26 centimes d’euros au kilo carcasse pour un prix de vente moyen de 1 309 € (1 394 € pour le quart supérieur). Avec, ces dernières semaines (exemple de la semaine 18), des différentiels qui, pour des animaux classés O, ont grimpé jusqu’à + 58 cts € (et + 45 cts € pour des animaux R). "Les écarts de prix sont tout à fait intéressants, juge Bernard Ginalhac. Dans mon cas, la valorisation a été aussi élevée, voire meilleure, que du croisé charolais." Bien sûr, comme dans toute filière qui débute, "il y a eu quelques petits retours négatifs mais sans incidence", reconnaît l’éleveur qui a lui-même préparé 18 veaux salers après avoir participé l’an dernier à la phase expérimentale de cette nouvelle production. Une production qui, pour ce producteur déjà habitué à l’engraissement de taurillons, babynettes, génisses de 30 mois croisées charolaises et de vaches de réforme pour le label rouge salers, correspond parfaitement aux pratiques d’un nombre important d’éleveurs allaitants du département : "Cela nécessite une moindre immobilisation en termes de bâtiments, de stocks fourragers. Contrairement à du taurillon de 700 kg vif, avec le salers primeur on a une vraie souplesse entre 500 et 600 kg. C’est un contrat qui colle tout à fait à ma structure et à mon fonctionnement."

 

 

Un camion par semaine

Un premier essai sur lequel la filière compte capitaliser et convaincre un nombre accru de naisseurs de rejoindre la démarche. L’objectif d’un camion par semaine de novembre à fin avril - soit un minimum de 1 000 Salers primeurs - est affiché par l’association et SVA pour cette seconde campagne 2014-2015. "Il n’y a pas de raison de ne pas y arriver, chacun est confiant dans la montée en puissance des effectifs abattus", fait valoir Bernard Ginalhac. Sachant par ailleurs que le transfert des abattages à Aurillac n’est pas exclu, des négociations ayant été entamées en ce sens entre la SVA-Jean Rozé et Covial. Enfin, les futurs contrats - en cours de discussion - ne devraient prévoir que des ajustements à la marge par rapport aux conditions de cette première saison.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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