Schmallenberg toujours présent malgré le passage de l’hiver

Cyrielle Delisle - Bovins Viande Janvier 2013

Schmallenberg toujours présent malgré le passage de l’hiver
Il faut attendre la nouvelle campagne de vêlage qui permettra peut-être d’apporter des réponses quant à la contamination et l’immunité. © J.-C. Gutner

Les 19e Rencontres Recherches Ruminants début décembre à Paris, ont été l’occasion de faire le point sur les connaissances acquises sur le virus de Schmallenberg (SBV) et sur les interrogations restantes. Fin mai 2012, un foyer de SBV a été détecté dans le Sud-Ouest de la France, « indiquant que le virus a résisté à l’hiver. Ceci implique que la circulation a repris en France dès mai, et a ainsi pu infecter des animaux plus précocement que l’année précédente », note Stéphan Zientara, vétérinaire à l’Anses. Toutefois, il ne faut pas non plus exclure le possible développement d’une immunité naturelle. « Si on extrapole au virus Akabane(1), les élevages bovins pourraient être en partie immunisés face à une circulation du SBV en 2012. Cependant, nous avons observé des cas troublants : des avortements sur des animaux déjà avortés de Schmallenberg. Il est encore difficile de donner des informations indiscutables. On suppose également une sous-estimation du nombre d’élevages infectés, en raison du non remboursement du diagnostic », poursuit l’expert.

Une propagation à la faune sauvage ?

Il faut encore attendre la nouvelle campagne de vêlage qui permettra peut-être d’apporter des réponses quant à la contamination et l’immunité. Concernant l’augmentation du nombre de vaches vides et de retours en chaleurs constatée, une imputabilité au virus SBV ne pourrait être écartée, mais des études restent nécessaires.
Autre constat, « la distribution actuelle des foyers en Europe témoigne d’emblée d’une large diffusion du virus. Celui-ci s’est probablement propagé de façon plus rapide que ne l’avait fait le virus de la FCO de sérotype 8 en 2006-2007. De plus, il est surprenant que le SBV ait été introduit dans la région d’Europe où le virus FCO (sérotypes 8, 6 et 11) a également émergé. » Par ailleurs, il n’est pas exclu que le SBV puisse infecter d’autres animaux, notamment la faune sauvage, qui pourrait alors constituer un réservoir du virus. « Il serait intéressant de réaliser le même type d’analyses de séroprévalence chez les animaux de la faune sauvage pour évaluer son implication en tant que réservoir du virus », observe Stéphan Zientara.

(1) Le virus Akabane appartient au même genre que le SBV (Orthobunyavirus du groupe Simbu) présent en Afrique, Asie, Australie et Israël et transmis par des culicoïdes.

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