Sélection fourragère : Près d'un demi-siècle de progrès génétique sur le ray-grass anglais

Sophie Bourgeois

Une vaste étude de l'Inra et l'ACVF a permis de quantifier l'évolution des performances agronomiques des variétés de ray-grass anglais inscrites des années 60 à nos jours.

Les essais mis en place en 2006 ont permis d'évaluer sur trois ans, dans un réseau multi-local, les performances agronomiques d'un panel de 21 variétés de ray-grass anglais inscrites entre 1965 et 2004. Preuve est faite que la sélection de cette espèce reine s'est traduite, comme s'y attendaient les sélectionneurs, par une amélioration du rendement et de la résistance aux rouilles. Le rendement en fauche augmente en moyenne de 1 % tous les trois ans, soit 0,03 tonne par hectare et par an. C'est surtout le rendement à l'automne qui progresse (+ 0,69 % par an, contre + 0,19 % pour le printemps et + 0,2 % par an pour l'été). Une tendance significative à une réduction du taux de remontaison, rendant ainsi les plantes plus adaptées au pâturage a été mise en évidence dans cette étude ainsi qu'une tendance à l'amélioration de la perennité.
La résistance aux rouilles augmente elle aussi, en moyenne de 0,66 point tous les dix ans. Sachant que la résistance est évaluée par une note allant de 1 à 9 et que les variétés inscrites dans le milieu des années 2000 ont une note moyenne proche de 7, « la bataille anti-rouilles est bien engagée », commente le Gnis.

Micro-parcelles de sélection du RGA. Le rendement progresse en moyenne de 0,29 tonne par hectare tous les dix ans. (J. Danin)

Micro-parcelles de sélection du RGA. Le rendement progresse en moyenne de 0,29 tonne par hectare tous les dix ans. (J. Danin)

La digestibilité des fibres en progrès

D'autre part, résultat moins attendu, la sélection aboutit aussi à une amélioration de la valeur énergétique du ray-grass anglais. « Des effets indirects de la sélection se révèlent aller dans le sens favorable », explique Julien Greffier. C'est surtout la digestibilité des fibres (cellulose, hémicellulose et lignine) qui a progressé : de 0,8 % par décennie. La teneur en lignine a diminué de façon très significative (-0,05 % tous les dix ans). « La teneur en matières azotées totales par contre, par effet de dilution en rapport avec les progrès du rendement, est orientée à la baisse », (- 0,23 % tous les dix ans).
Ces résultats ouvrent de nouvelles pistes de recherche sur le RGA pour les sélectionneurs. Des tendances similaires seraient d'après les sélectionneurs observables sur la fétuque élevée, le dactyle ou le RGI, mais des études similaires sur ces espèces ne sont pas programmées pour le moment.

ACVF : association des créateurs de variétés fourragères.

Source Réussir Bovins Viande Octobre 2009

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