Un plan de relance pour une filière bovine en crise

Cyrielle Delisle - Réussir Bovins Viande Avril 2012

Un plan de relance pour une  filière bovine en crise
L'autosuffisance en viande est un objectif affiché de la Chine. Crédit Photo : Pierrick Bourgault.

Le gouvernement chinois vise l’autosuffisance de ses filières bovines, d’où le lancement d’un plan de relance en production de viande. Néanmoins, des opportunités pourraient voir le jour à l’importation.

Pour le lancement de la première lettre électronique de veille et d’analyse sur les marchés des produits animaux chinois, nommée Idele Chine, l’Institut de l’élevage a organisé une conférence  au SIA. Cela a été l’occasion de rappeler que la Chine s’est hissée au rang de puissance économique de premier plan très rapidement et a ainsi bouleversé la hiérarchie au niveau mondial. Mais, même si l’Empire du Milieu est le premier exportateur mondial, tous produits confondus, il est aussi devenu un importateur de premier ordre pour les denrées alimentaires et pourrait, selon certains experts chinois, devenir le premier importateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires dans les cinq à dix prochaines années. Selon Jean-Marc Chaumet, agro-économiste à l’Institut de l’élevage, l’autosuffisance en viande est un objectif affiché, limitant ainsi le commerce extérieur (les importations officielles sont inférieures à 1 % de la consommation)… pour l’instant.

Un développement récent

L’union européenne n’exporte pas de viande bovine en raison de restrictions liées à l’ESB, mais des opportunités pourraient voir le jour à l’image des produits laitiers français exportés en Chine et privilégiés par les classes moyennes et supérieures, pour la sécurité alimentaire qu’ils offrent. « La Chine dispose de surfaces importantes de moyenne montagne mal utilisées, dont elle souhaite améliorer l’exploitation et la France pourrait répondre à une mise en valeur de ces zones », note Philippe Amé, chef du bureau international de l’Institut de l’élevage. Les filières viande bovine et lait ont eu un développement récent et aux progressions rapides en termes de production. Cette augmentation est notamment liée à la hausse du pouvoir d’achat et est surtout le fait des urbains. En 2011, la Chine représente 8 % de la production mondiale de viande bovine.

Camemberts

Un plan gouvernemental

Le cheptel allaitant est estimé à 108 millions d’animaux et est historiquement atomisé : en effet 95 % des exploitants possèderaient moins de 10 animaux et représenteraient 60 % des ventes. A l’opposé, l’autre part de la production est le fait de gros groupes industriels. Malgré sa progression, depuis trois ans, la production est en crise. De nombreux facteurs expliquent la désaffection des agriculteurs. « A commencer par le manque de rentabilité : les intermédiaires, auxquels les petits éleveurs doivent majoritairement vendre leurs animaux, captent une partie importante de la valeur ajoutée et exercent des pressions sur les prix alors que les coûts de production augmentent. D’autre part, la hausse des salaires a incité des éleveurs à cesser l’élevage pour s’installer en ville. Le surpâturage et la politique de mécanisation des autorités visant à réduire le nombre d’animaux de trait sont également des explications », note Jean-Marc Chaumet. Pour remédier à cette situation, un plan gouvernemental pour les productions animales et leur transformation, a été lancé pour l’horizon 2011-2015, « mais les mesures prises semblent laisser de côté le principal problème de la filière : le prix payé au producteur qui ne suit pas la hausse des matières premières et le prix au détail. »

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