Une baisse de la production de viande bovine en prévision pour 2012

François d’Alteroche - Réussir Bovins Viande Février 2012

Une baisse de la production de viande bovine en prévision pour 2012
Pour les taurillons, le nombre d’animaux finis dans les ateliers français est attendu en recul de 4 %. © F. d'Alteroche

D’après les prévisions de l’Institut de l’élevage, production et consommation de viande bovine s’orienteront à la baisse pour l’année en cours. La chute est parfois sévère.

Production en baisse, consommation en baisse. Pour l’année en cours, les prévisions de l’Institut de l’élevage pour le secteur de la viande bovine font état d’une nette érosion du nombre d’animaux qui seront produits sur le territoire français. Ce recul estimé à 5 % va très clairement inverser la tendance après deux années consécutives de hausse. « L’augmentation en 2010 et 2011 était le fruit des difficultés d’exportation de veaux et de broutards entre fin 2006 et 2009, suite aux restrictions de déplacement d’animaux liées à la FCO, mais également de la fin du mouvement de capitalisation en cheptel allaitant », souligne le service prospective économique de l’Institut de l’élevage.
Cette baisse de production à venir est la conjonction de plusieurs facteurs. Elle découle d’abord du haut niveau des abattages de vaches allaitantes l’an dernier qui traduit un phénomène de décapitalisation du cheptel. 2012 débute avec un nombre de vaches en baisse de près de 3 %. « Ce mouvement de décapitalisation pourrait se poursuivre en 2012, mais à un rythme moindre, de l’ordre de 1 % sur l’année. La baisse du stock de départ et un plus faible taux de réforme du cheptel allaitant comparé à 2011 induiront une baisse des abattages de l’ordre 4 %. Cette baisse succède à une hausse de 7 % en 2011, année particulièrement fournie par le retournement de la capitalisation allaitante antérieure. » De plus, la moindre proportion d’allaitantes parmi ces abattages de vaches de réforme devrait se traduire par un petit allègement du poids carcasse moyen qui contribuera aussi à réduire les tonnages abattus.

Des JB moins nombreux

Pour les taurillons, le nombre d’animaux finis dans les ateliers français est aussi attendu en net recul : - 4 %. D’après les données de la BDNI, ces animaux sont déjà moins nombreux sur les exploitations que les années précédentes compte tenu de la dynamique des exportations de broutards l’an dernier. Quant au nombre de JB qui seront abattus sur le territoire français, il est bien difficile d’établir des prévisions. Ce chiffre dépendra beaucoup de l’export en vif et des conditions nécessaires à ce maintien. « Sauf incident sanitaire ou blocage d’ordre politique, ces exportations devraient se poursuivre au premier semestre à un rythme proche de celui constaté depuis septembre 2011. Elles pourraient ralentir légèrement au second semestre en raison de la baisse des disponibilités en France et de l’élargissement du panel de pays fournisseurs agréés sur le marché turc », pronostique l’Institut de l’élevage. Sur l’année 2012, près de 160 000 têtes pourraient néanmoins être exportées, toutes destinations confondues, soit 6 % de plus qu’en 2011, année où en cumulant l’ensemble des pays destinataires (principalement Liban, Turquie et Italie), l’export en vif a représenté 12,5 % de la production française de taurillons finis.

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Moins de viande dans les assiettes

La réduction des disponibilités françaises en viande bovine serait aussi pour partie liée à un nombre de bœufs en forte baisse. Pour cette catégorie, les effectifs abattus en 2010 et 2011 avaient été gonflés par des veaux laitiers du nord-est de la France qui, faute de pouvoir être vendus à 8 jours compte tenu des restrictions de transport liées à la FCO avaient été castrés avant d’être proposés à la vente entre 2 et 3 ans. Cette situation ne devrait pas se reproduire cette année. Ce surplus d’animaux de plus de 2 ans n’apparaît pas dans les données de la BDNI. Le nombre de bœufs devrait donc être très proche des chiffres de 2008 et 2009. Le recul de la production pour cette catégorie avoisinerait 10 %.
Côté consommation française, elle devrait poursuivre sa tendance à l’érosion constatée ces derniers mois. De plus, contrairement à 2011 où l’offre de vaches de réforme avait été abondante, « le déficit en viande de vache en 2012 conduira à recourir davantage aux importations. Elles ne devraient cependant pas retrouver leur niveau de 2010, étant donné le manque de disponibilités et la hausse des prix chez nos principaux fournisseurs. » En effet le recul de la production n’affecte pas uniquement l’élevage français. D’autres pays européens sont concernés, en particulier l’Irlande, le Royaume-Uni et l’Espagne.

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