Urbanisation des terres : Un foncier gaspillé

F. d'Alteroche

« Le prix des terres agricoles est très lié au prix et à la demande en terrain constructible. Cela à un impact très net dans toutes les communes situées en périphérie d'une agglomération, même d'importance moyenne », souligne Bertrand Lapalus, éleveur de Charolais dans la Loire et chargé du volet « foncier » au sein de Jeunes Agriculteurs. « Les propriétaires de parcelles qui ne sont pas en zone constructible ont toujours espoir qu'elles finissent par le devenir. Donc, soit ils ne vendent pas, soit quand ils vendent, ils font jouer la proximité de la ville et ainsi la possibilité de voir un jour leur terrain changer de catégorie. » Même si les jeunes installés privilégient la location, certains sont dans l'obligation d'acheter plein tarif une partie de leur foncier pour s'installer.

Les zones de maisons individuelles sont très gourmandes en terres agricoles. (E. Durand)

Les zones de maisons individuelles sont très gourmandes en terres agricoles. (E. Durand)

Fiscalité

Face à cette spéculation attisée par l'urbanisation, la volonté de Jeunes Agriculteurs est donc d'abord de limiter le gaspillage des terres. « Il faut recycler l'existant et donner priorité à la reconstruction de la ville sur la ville, en réutilisant les friches industrielles et espaces inoccupés avant d'aller grignoter les zones agricoles. » Si la maison individuelle est particulièrement gourmande en espace, Bertrand Lapalus vise tout particulièrement les zones industrielles. « Il y a trop de surenchères entre communes pour faire des ZI les plus vastes possible pour attirer de nouvelles entreprises avant même que celles déjà viabilisées soient toutes occupées. A JA, nous sommes convaincus que la fiscalité sur les ventes de terrain - dont le statut de constructible a été récemment attribué - doit être modifiée pour faire évoluer les choses. » Le spécialiste foncier de JA s'interroge aussi sur qui doit faire quoi en matière de déclassement des terres agricoles. « Le lieu de décision approprié n'est ni la commune ni la communauté de communes. L'intérêt que représentent pour elles les taxes professionnelles et les taxes foncières oriente de façon évidente leur choix vers l'artificialisation. L'arbitrage devrait être reporté à une échelle géographique supérieure, par exemple départementale.

Source Réussir Bovins Viande Mai 2010

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