Vaccination fièvre catarrhale : Etre volontaire dans la vaccination

Dr Didier GUERIN

Vaccination fièvre catarrhale : Etre volontaire dans la vaccination

Elle devient volontaire au 02 novembre 2010 avec des enjeux sanitaires et des obligations réglementaires à prendre en considération.

Le comité de pilotage national de suivi de la fièvre catarrhale s'est réuni le 20 octobre au Ministère de l'Alimentation de l'Agriculture et de la Pêche (MAAP) afin de finaliser les modalités de vaccination fièvre catarrhale pour la campagne 2010-2011.

Une vaccination obligatoire jusqu'au 1er novembre 2010

L'arrêté du 28 octobre 2009 fixant les mesures techniques relatives à la fièvre catarrhale pour la campagne 2009/2010 indique que la vaccination est obligatoire jusqu'au 1er novembre 2010 avec une réalisation par le vétérinaire sanitaire de l'exploitation. L'Etat a pris en charge le coût des vaccins et la réalisation de l'acte pour les vaccinations effectuées entre le 1er novembre 2009 et le 30 juin 2010. Depuis le 1er juillet 2010, la vaccination est restée obligatoire à la charge de l'éleveur. L'ensemble des animaux de plus de 2,5 mois pour les bovins et 3 mois pour les petits ruminants doit être vacciné. Les jeunes animaux qui n'ont pas pu être vaccinés lors de la campagne collective de prophylaxie doivent être vaccinés avant l'âge de 6 mois. Des dérogations étaient possibles (animaux à haute valeur génétique des établissements visés par l'article L 222-6, animaux destinés à la boucherie avant l'âge de 10 mois, éleveurs qui ne souhaitant pas faire vacciner leurs animaux pour des raisons de principe avec un protocole permettant d'apporter un niveau de sécurité sanitaire avec une démonstration préalable de l'absence de circulation virale dans le cheptel). En 2010, au 04 octobre, ont été enregistrées dans SIGAL par les vétérinaires la vaccination de 16,3 millions de bovins et 5,9 millions d'ovins. Un seul foyer (sérotype 1) a été identifié en 2010.

Une vaccination volontaire à partir du 02 novembre 2010

Lors du comité de pilotage national de suivi de la fièvre catarrhale du 21 juillet, il a été annoncé une vaccination volontaire et donc laissée à la responsabilité de chaque éleveur. Cette vaccination peut être réalisée par l'éleveur lui-même (ou son vétérinaire si l'éleveur le souhaite) si les animaux restent sur le territoire national. Dans le cas de nécessité de certification de la vaccination (échanges intracommunautaires et internationaux), les animaux doivent être vaccinés par un vétérinaire qui devra certifier cette vaccination.

Une vaccination de masse du cheptel de souche à poursuivre

GDS France appelle à ne pas baisser la garde et à poursuivre une vaccination de masse des élevages, tout comme la FNB et la FNO. La très bonne situation française au regard de la fièvre catarrhale cette année résulte de la vaccination de masse. Seul un foyer de fièvre catarrhale a été détecté en 2010 contre 32.000 en 2008 et 83 en 2009. Cette situation ne doit pas masquer la persistance des risques de résurgence de la maladie comme l'indique l'ANSES (ex AFSSA). Ne pas baisser la garde est donc essentiel. Dans son communiqué de presse, le MAAP indique : « Si la prochaine campagne revêt un caractère volontaire, la nécessité de maintenir un haut niveau de protection sanitaire des cheptels demeure essentielle. La mobilisation de tous (éleveurs, vétérinaires et organisations professionnelles agricoles) dans la réussite de cette nouvelle campagne de vaccination reste un enjeu majeur pour l'élevage français et la confiance de nos partenaires commerciaux. Cet engagement responsable dans la poursuite de la vaccination constitue le seul moyen réellement efficace d'éviter la recrudescence de la maladie ». Les éleveurs doivent donc continuer de protéger leur cheptel par une vaccination de masse de leurs animaux réalisée soit par eux-mêmes, soit par leur vétérinaire.

 

Des animaux certifiés vaccinés pour les échanges internationaux

Pour les mouvements d'animaux, la réglementation actuelle émane d'une note de service du 05 novembre 2009. Le comité de pilotage national de suivi de la fièvre catarrhale du 20 octobre a apporté quelques éclaircissements sur les dispositions applicables après le 02 novembre 2010. Les échanges intracommunautaires de ruminants doivent respecter les dispositions générales du règlement (CE) n°1266/2007 ou alors les dispositions des protocoles bilatéraux. Pour les animaux d'élevage et d'engraissement, pour le passage d'une zone réglementée (cas de la France) à une zone vaccinale sans circulation virale ou une zone indemne, les animaux doivent être certifiés vaccinés, s'il s'agit d'une primo-vaccination, depuis plus de 60 jours (après la 2ème injection) ; s'il s'agit d'un rappel, il doit être fait strictement avant l'échéance de 12 mois prévue. Les veaux de moins de 90 jours doivent être confinés depuis leur naissance. Dans le cas particulier des femelles gestantes, elles doivent avoir été vaccinées avant la fécondation.

Des accords bilatéraux avec l'Espagne et l'Italie favorables

Les accords bilatéraux aménageant la réglementation intracommunautaire sont reconduits et adaptés.
Avec l'Espagne, un accord de principe a été signé qui indique que, les territoires des deux pays connaissant une situation sanitaire similaire au regard de la fièvre catarrhale, aucune condition de vaccination ne sera retenue pour les bovins et les ovins.
Avec l'Italie, le protocole existant est prorogé et est étendu aux ovins :
• Pour les animaux de plus de 90 jours, n'est exigée que leur seule vaccination par un vétérinaire. Ils peuvent être expédiés s'ils sont certifiés vaccinés contre les sérotypes 1 et 8 depuis au moins trente jours.
• Pour les animaux de moins de 90 jours, une attestation de vaccination de la mère par un vétérinaire est exigée (ce qui constitue une évolution par rapport à l'exigence antérieure d'une vaccination du cheptel de souche).

Un statut OIE de « pays à risque maîtrisé » propice

Dans le cadre des négociations conduites avec les pays tiers, un point a été fait sur les autres négociations bilatérales (pays de l'est de l'Europe dont la Croatie, la Biélorussie, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan,…, du pourtour méditerranéen : Egypte, Maghreb, Liban, Turquie, Irak, Syrie, Iran) pour lesquels le statut OIE de « pays à risque maîtrisé » devrait permettre à la France de maintenir ses marchés actuels et d'en ouvrir de nouveau.
En ce qui concerne les évolutions réglementaires, elles se feront en deux temps :
• Tout d'abord, dans la perspective du passage de la vaccination obligatoire à l'autorisation de vaccination, les textes existants seront revus et les modifications publiées fin octobre afin d'être opérationnels à la date du 2 novembre (date de fin de la campagne de vaccination obligatoire).
• Une révision en profondeur sera mise en chantier en novembre introduisant une dichotomie entre les sérotypes 1 et 8 et les autres sérotypes et prévoyant les nouvelles modalités qui devraient être mises en oeuvre dans le cas de foyers de sérotype 1 ou 8 (« vaccination renforcée », voir obligatoire).

Une information en continu par le MAAP relayée par GDS Creuse

Un groupe de travail auquel GDS France a participé a contribué à élaborer un guide pratique de la vaccination fièvre catarrhale. Il va être diffusé par le MAAP. Une version électronique est disponible, vous pouvez la consulter sur www.gdscreuse.fr. La DDCSPP, votre vétérinaire et GDS Creuse restent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, n'hésitez pas à les contacter.

Source Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse

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