Vaccination fièvre catarrhale sérotype 8 : Une définition progressive du schéma

Dr Didier GUERIN

Le comité national de pilotage fièvre catarrhale du 11 mars 2008 a présenté les derniers schémas de stratégie vaccinale validés en fonction des éléments épidémiologiques, de disponibilité de vaccin, d'exigences commerciales… connus à ce jour.

Le comité de pilotage national fièvre catarrhale s'est réuni le 11 mars 2008. Rassemblant les représentants nationaux des organisations professionnelles agricoles, des vétérinaires et de l'administration autour du directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture et de la Pêche, il a défini la stratégie de répartition des doses vaccinales contre le sérotype 8, compte tenu, d'une part, des priorités qui avaient été retenues lors des comités de pilotage précédents, et, d'autre part, de l'échelonnement des livraisons dans le temps.

Une répartition des doses du vaccin sérotype 8 en fonction de critères « historique » et « épidémiologiques »

La répartition des doses combine des notions de protection de zone et d'historique de présence. Les grands principes de cette répartition sont les suivants :
1- La vaccination contre le sérotype 8 des cheptels de souche a un caractère volontaire.
2- Pour chaque livraison de vaccin pour les bovins, les 2 doses nécessaires à la réalisation de la primovaccination sont réservées. Cette problématique ne se pose pas pour les petits ruminants, le vaccin ne nécessitant qu'une injection de primovaccination pour ces espèces.
3- La vaccination s'adresse en priorité aux seize départements atteints depuis 2006.
4- La vaccination concerne ensuite cinq départements du Sud-Ouest de la France (Aveyron, Gironde, Lot, Lot-et-Garonne et Tarn-et-Garonne), afin de créer une « zone tampon » de protection vaccinale de la zone déjà concernée par le sérotype 1.
5- Ensuite, la répartition des doses se fait par départements entiers, afin de limiter le nombre d'interventions de vaccination dans une exploitation donnée. L'ordre des départements a été réalisé en fonction, notamment, de l'impact de la fièvre catarrhale dans les départements en 2007. Pour les petits ruminants cependant, la priorité va aux bassins laitiers de Roquefort et du Poitou-Charente, puis les doses seront réparties selon le même principe que celui précédemment indiqué pour les bovins.

 

6- Dans tous les départements, la répartition des doses s'appuie sur les données chiffrées des animaux reproducteurs ainsi que les femelles de remplacement, tant pour les bovins que pour les petits ruminants.
7- Pour prendre en compte la problématique des broutards destinés aux échanges, et en complément du dispositif mis en oeuvre rapidement compte tenu de la clause de sauvegarde italienne, les doses nécessaires à la vaccination de ces animaux sont réservées à chaque livraison (150.000 doses par mois) et réparties pour tous les départements réglementés et viennent donc en complément de celles identifiées aux points 3 à 6 précédents.
8- Pour prendre en compte la problématique de la transhumance, les doses nécessaires aux animaux transhumants (250.000 bovins, 500.000 petits ruminants) sont réservées sur les premières livraisons (avril 2008). Elles seront réparties sur les départements concernés par la transhumance.
9- La Corse n'est pour le moment pas concernée par la vaccination contre le sérotype 8.

 

Une vaccination possible de l'ensemble des cheptels prévue pour juin en Creuse

Pour la Creuse, la disponibilité des vaccins pour permettre la vaccination de l'ensemble des troupeaux est donc prévue pour juin avec une dotation pour 273.300 bovins et 109.000 ovins. Même si la vaccination fièvre catarrhale sérotype 8 est facultative pour 2008, une vaccination la plus large et la plus rapide possible dès l'arrivée des vaccins dans notre département sera primordiale malgré les difficultés de réalisation avec deux injections à trois semaines d'intervalle à une période où les animaux seront au pâturage et les travaux saisonniers conséquents. Cela représente un enjeu individuel (protection de son troupeau) et collectif pour l'ensemble des éleveurs de la zone (limitation de la pression d'infection). Nous nous trouverons dans une situation de course entre la vaccination et la reprise de la circulation virale.

 

Une vaccination des broutards débutée avec une déclaration impérative des besoins de chaque éleveur auprès du GDSCC

Comme indiqué dans le précédent article, la vaccination des broutards susceptibles d'être exportés vers l'Italie a pu débuter le mercredi 12 mars en Creuse. Une première livraison de 4.600 doses (1 flacon de 100 doses par vétérinaire) a été réalisée permettant une mise en route immédiate des 1ères vaccinations dans notre département. Parmi la 1ère dotation de 200.000 doses de vaccin Merial affectée à cet usage pour la 1ère injection de la primovaccination, 8.500 ont été octroyées à la Creuse. Rappelons qu'il avait été demandé 16.000 doses. En fonction des 1ères demandes des éleveurs remontées au GDSCC, elles ont été réparties auprès des différents vétérinaires avec une livraison pour cette semaine. A ce jour, mercredi 19 mars, il nous est remonté 723 demandes d'éleveurs pour 14.457 broutards, chiffre avoisinant les prévisions et confirmant la justesse de la demande effectuée auprès de la DDSV. Par rapport à cette situation, il a été effectué une demande de dotation complémentaire. Il convient de rappeler :
Que chaque éleveur ayant besoin de faire vacciner des broutards, car susceptibles d'être commercialisés vers l'Italie dans les trois mois, doit faire part de sa demande par écrit auprès du GDSCC.
Que les délais de commercialisation prévus actuellement sont de 90 jours à partir de la 1ère injection d'où l'intérêt de consulter son opérateur commercial pour envisager toutes les solutions alternatives avec lui.

 

Une information en continu

Les éléments de mise en place de la vaccination fièvre catarrhale sérotype 8 sont progressivement connus. Pour plus de renseignements, je vous invite à consulter notre site mis à jour en fonction des nouvelles actualités, à participer aux réunions d'information en cours. Pour la 1ère journée, plus de 150 éleveurs étaient présents avec des échanges particulièrement riches. Enfin, pour des informations personnalisées, n'hésitez pas à prendre contact directement auprès de votre vétérinaire ou du GDSCC.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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