Vendée : Reprise de Socopa par Bigard : opportunité ou danger ?

vendee agricole

Le groupe Bigard a annoncé dans un communiqué de presse qu'il allait prendre le contrôle du groupe coopératif Socopa dès le 1er janvier 2009. La Cavac fait partie des actionnaires de Socopa. Jérôme Calleau, son président, donne son avis – réservé - sur cette fusion.

Pouvez-vous nous donner des précisions sur cette opération de fusion ?

Jérôme Calleau : Tout d'abord, je tiens à rectifier l'information qui a été diffusée : Socopa n'est pas passé sous le contrôle de Bigard. La seule décision actée par le conseil de surveillance de Socopa est d'entrer en négociation exclusive avec Bigard pour une période de 2 mois. Ce n'est donc que dans 2 mois que le conseil de surveillance donnera sa décision finale quant à cette éventuelle fusion.

Quelles seraient les conditions de cette fusion ?

JC : Socopa intégrerait le groupe Bigard via une filiale ad hoc. Le groupe breton détiendrait 51 % des parts, les huit sociétés coopératives (Coopagri Bretagne, Agrial, CAM, Cavac…) ainsi qu'Unigrains qui contrôlent actuellement Socopa, détiendraient 34 % du nouvel ensemble.

Qu'est ce qui a amené Socopa à engager des négociation exclusive avec Bigard ?

JC : La conjoncture est difficile pour les entreprises de transformation : l'augmentation des coûts de production implique une augmentation des prix d'achat à la production, mais les négociations avec la grande distribution sont très difficiles dans le contexte actuel de forte sensibilisation au pouvoir d'achat : les entreprises sont prises en étau. Socopa a toujours eu une politique de partenariat, et avait d'ailleurs élargi le cercle des actionnaires récemment. La conjoncture a précipité la nécessité de restructuration, et Socopa a entrepris des discussions avec Bigard et Terrena. La décision d'entrer en négociation exclusive avec Bigard a été prise dans un deuxième temps, à la majorité mais pas à l'unanimité.

Quelle est la position de la Cavac par rapport à cette décision ?

JC : Je partage l'avis qu'il est aujourd'hui nécessaire de restructurer les entreprises pour faire le poids face aux grands groupes internationaux. Mais la Cavac s'est prononcée contre la décision de négociation exclusive avec Bigard. Nous pensons qu'il reste des pistes à explorer, qui ne l'ont pas été totalement, et qui, à notre sens, permettraient de garantir l'ancrage de la production au territoire dans le moyen et le long terme. En effet, si la proposition à l'étude est adoptée, l'outil crée sera un outil privé. Il contrôlera 45% des abattages, et plus de 70% des produits élaborés vendus en GMS. A court terme, cette opération paraît intéressante pour faire le poids face aux grands groupes internationaux tels que Vion aux Pays-Bas, Danish Crown au Danemark, JBS au Brésil ou Smithfield aux Etats-Unis. Mais le groupe ainsi crée aura en plus de sa valeur économique, une forte valeur stratégique lors de sa transmission. Quid alors de l'identité du repreneur, et de sa nationalité ? Que se passerait-il si ce groupe français passait aux mains d'un grand groupe étranger ?
Le maillon production, que nous représentons, se doit d'être sécurisé sur le long terme.
Il nous faut donc, dans les semaines qui viennent, avec nos coassociés dans Socopa, faire en sorte que le scénario retenu soit à même de préserver les intérêts des éleveurs de nos régions. Nous restons aujourd'hui interrogatifs, principalement en bovins.

Bigard

Basé à Quimperlé dans le Finistère, le groupe Bigard a été fondé en 1968 par Lucien Bigard. L'entreprise possède aujourd'hui 17 sites industriels, produit 530 000 tonnes de viandes et emploie 10 500 personnes. Après avoir acheté plusieurs sites du groupe Arcadie puis les sociétés Sodavy et Codevia, Bigard avait pris le contrôle de Charal, l'an dernier. Ce qui l'avait placé au premier rang des opérateurs français, devant Socopa.

Socopa

Le groupe Socopa produit 480 000 tonnes de viande à travers ses différents sites implantés dans l'Est de la France et dans l'ouest où il possède notamment l'abattoir de La Roche-sur-Yon, dans la zone industrielle des Ajoncs. Le groupe est connu du grand public sous les marques Valtero et Bahier.

Source vendee agricole

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires