Viande bovine : L'Argentine reléguée au rang de 8e exportateur mondial

Camille Coulon

l'occasion du congrès mondial de la viande, Arturo Llavallol, président de l'Institut de promotion de la viande bovine argentine fait le point sur l'état de l'élevage bovin dans son pays.

En 2005, notre cheptel bovin comptait 55 millions de têtes. Aujourd'hui, 48 millions… Cette perte énorme ne profite à personne. Le gouvernement l'a appris à nos dépens », déplore Arturo Llavallol, le président de l'Institut de promotion de la viande bovine argentine (IPCVA). Premier exportateur mondial de boeuf jusqu'en 1970, l'Argentine s'est maintenue ces dernières années à la troisième ou quatrième place. « Mais cette année, nous sommes relégués au rang de septième ou huitième exportateur mondial », constate-t-il amèrement. « Nous devrions abattre cette année entre 10 et 11 millions de têtes, au lieu des 14 millions par an abattues en moyenne de 2004 à 2007. Et nous exporterons environ 300 000 tonnes, loin des 771 000 tonnes que nous avions exportées en 2005. L'an passé, nous avons quand même écoulé sur le marché mondial 419 000 tonnes. Mais cette bonne performance en volume s'explique surtout par un phénomène de liquidation des troupeaux qui s'est accentué avec la terrible sécheresse de 2008-2009. Pour revenir à notre niveau de production de 2005, il faudra au moins trois cycles d'élevage, c'est-à-dire dix ans. Seulement vers 2020, nous pourrons recommencer à exporter régulièrement plus de 500 000 tonnes par an. », insiste-t-il.

Arturo Llavallol, président de l'Institut de promotion de la viande bovine argentine. (C. Coulon)

Arturo Llavallol, président de l'Institut de promotion de la viande bovine argentine. (C. Coulon)

« La pénurie de bétail est structurelle. Les prix resteront fermes pendant au moins trois ans. Fin octobre dernier, l'indice référence du marché aux bestiaux de Buenos Aires était de 1,54 euro le kilo vif en catégorie bouvillon de 350 kilos. Ce prix a doublé en un an, certes, mais il a été maintenu artificiellement bas, par volonté politique, pendant quatre ans. Pendant ce temps-là, nos coûts ont logiquement suivi la courbe ascendante des matières premières agricoles. En région pampéenne, en effet, les grandes cultures et l'élevage sont en concurrence directe, sans régulation d'aucun ordre. Or, il n'est pas du tout évident de revenir dans le négoce de l'élevage, car aujourd'hui une vache vaut 2000 pesos (360 euros) alors qu'elle en valait 500 (90 euros) il y un an ! », observe-t-il. « Ceci dit, l'Argentine, le Brésil et le Paraguay sont à mon avis les seuls pays au monde qui puissent augmenter de manière significative leur production de viande bovine. L'Uruguay peut difficilement produire davantage sur son territoire. Presque toutes les terres sont déjà utilisées ».
Selon l'IPCVA, la filière viande bovine argentine compterait encore 250 000 producteurs, sans préciser s'il s'agit des propriétaires d'exploitations d'élevage et/ou de leurs employés.

Source Réussir Bovins Viande Novembre 2010

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