Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2016, focus sur l’antibiorésistance pour les bovins

Dr Didier GUERIN

Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2016, focus sur l’antibiorésistance pour les bovins

Visites sanitaires obligatoires => Des visites sanitaires obligatoires en élevages ont été instituées dans différentes filières. Pour les bovins, en 2016, elle porte sur l’antibiorésistance.

Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2016, focus sur l’antibiorésistance pour les bovins

Dans le cadre du passage d’un système d’éradication vers une épidémiosurveillance, l’Etat a décidé l’instauration d’une visite annuelle obligatoire dans chaque élevage pour surveiller et prévenir les risques sanitaires.

Les filières bovine, ovine, caprine, porcine, avicole et apicole concernées

L'arrêté ministériel du 24/09/2015 fixe les éléments des visites sanitaires obligatoires. Pour 2016, les filières bovine, ovine, caprine, porcine, avicole et apicole sont concernées. Ces visites sont réalisées par votre vétérinaire sanitaire et sont prises en charge par l’Etat. Elles ont pour but de vous sensibiliser à la santé publique vétérinaire et aux moyens d’améliorer le niveau de maîtrise des risques sanitaires de votre exploitation. Cet article détaille la visite sanitaire bovine 2016. Pour l’espèce porcine, dans la continuité de 2015 (cf. encadré « visite en élevage porcin » de l’article du 30/01/2015), la visite vise à qualifier les élevages vis à vis de la trichine. La visite avicole 2016/2017 aborde des thèmes suivants : gestion sanitaire, alimentation, pharmacie, tenue des documents sanitaires et dépistage des salmonelles. Les filières caprine, ovine et apicole sont nouvellement concernées en 2016. Pour les petits ruminants, la visite devrait démarrer au 2ème semestre et concerner les avortements. La visite sanitaire apicole est en cours de discussion.

Pour la filière bovine, après les avortements en 2014, la fièvre aphteuse en 2015, l’antibiorésistance en 2016

Pour la filière bovine, en 2016, la thématique abordée est l’antibiorésistance. Cette visite sanitaire obligatoire annuelle est à réaliser dans tous les élevages de 5 bovins ou plus. Les objectifs sont de vous sensibiliser à la notion de résistance, tout en vous apportant des informations sur l’antibiorésistance et sa diffusion. Cela permettra de préciser la notion d’antibiotiques critiques et, pour votre élevage, de détailler les modes d’utilisation, d’identifier les pathologies consommatrices d’antibiotiques, de faire le lien avec le bilan sanitaire d’élevage (BSE) et d’explorer les pistes de moindre utilisation. Cette sensibilisation est une des actions du plan écoantibio2017 (cf. article du 11/01/2013).

Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2016, focus sur l’antibiorésistance pour les bovins

L’antibiorésistance, une préoccupation humaine et animale

L’usage des antibiotiques augmente la proportion de bactéries antibiorésistantes. Cette augmentation est constatée chez l’Homme, chez les animaux et dans l’environnement. Chaque utilisateur y contribue. La part des infections à bactéries antibiorésistantes augmente donc, dans un contexte où l’industrie ne propose (quasiment) plus de nouveaux antibiotiques. Préserver l’arsenal actuel est essentiel, cela demande de mieux encadrer leur prescription.

Un questionnaire divisé en quatre parties…

Cette visite se concentre principalement sur les résistances acquises en insistant sur leurs modalités d’apparition et de diffusion. Les notions de spectre d’activité et de distribution des antibiotiques ne sont pas abordées dans le questionnaire, elles apparaissent dans le document remis lors la visite, il vous rappelle ces notions de base, notamment qu’un antibiotique est uniquement efficace sur une bactérie ! Le questionnaire comporte une douzaine de questions réparties dans 4 parties.

… avec en 1ère partie, l’antibiorésistance…

L’antibiorésistance acquise est la résistance des bactéries à des antibiotiques auxquels elles sont habituellement sensibles ; dans ce cas, l’antibiotique n’est plus efficace. La lutte contre l’antibiorésistance est « prioritaire » pour la santé humaine et « importante » pour la santé animale. En santé humaine, la résistance des bactéries serait responsable de 25.000 décès par an dans l’Union Européenne avec un surcoût lié à l’antibiorésistance de 1,5 milliard d’euros par an. L’OMS a classé la lutte contre l’antibiorésistance comme priorité absolue. En santé animale, la résistance des bactéries est à prendre en compte lors de la prescription des antibiotiques. Même si elle est encore globalement limitée, dans certains élevages, elle peut prendre une importance cruciale. Limiter l’antibiorésistance est d’abord motivé par la préservation des capacités de traitement des infections bactériennes humaines ; utiliser mieux et moins d’antibiotiques dans votre élevage permet de préserver la capacité de traitement de vos propres animaux.

… en 2ème partie, les antibiotiques « d’importance critique »…

Il s’agit d’antibiotiques utilisés en dernier recours, particulièrement en milieu hospitalier, pour traiter des infections dues à des bactéries multirésistantes. Le classement des antibiotiques dans la catégorie « d’importance critique » est basé sur la nécessité de préserver un arsenal thérapeutique suffisant et efficace pour le traitement en dernier recours de certains patients. Les antibiotiques critiques en médecine vétérinaire concernés par le futur décret actuellement en cours de rédaction sont les fluoroquinolones (danofloxacine, enrofloxacine, difloxacine, marbofloxacine, orbifloxacine, ibafloxacine, pradofloxacine) et les céphalosporines de 3ème (ceftiofur, céfovécine, céfopérazone) et 4ème génération (cefquinome). Cette liste n’est pas définitive et est susceptible d’évoluer. Pour limiter l’usage des antibiotiques critiques, le législateur a prévu de rendre plus contraignantes les conditions de prescription.

… en 3ème partie, l’utilisation des antibiotiques…

Cette partie vous permettra de prendre conscience de vos utilisations d’antibiotiques pour vous amener à trouver vous-même des solutions pour réduire vos consommations. L’identification des principaux postes d’utilisation des antibiotiques permet de cibler les voies à explorer pour réduire cette utilisation. La recommandation de l’ANSES étant de supprimer tout emploi à titre préventif des antibiotiques, un point spécifique sera effectué sur ce secteur. De même, un bilan d’utilisation des antibiotiques critiques sera réalisé et analysé avec la recherche des raisons et de solutions alternatives.

Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2016, focus sur l’antibiorésistance pour les bovins

… et en 4ème partie, la réduction du recours aux antibiotiques

Cette phase d’échanges doit vous permettre de trouver « vous-même » des solutions de réduction des antibiotiques dans votre élevage. Cette analyse se trouve en relation étroite avec les conclusions du BSE, la définition de la priorité sanitaire de l’élevage et sa gestion dans le cadre du protocole de soin qui débute par des mesures sanitaires. Une harmonisation sera recherchée entre les recommandations de la visite sanitaire et les prescriptions du protocole de soins.

Vous pouvez retrouver l’instruction technique pour la visite sanitaire bovine à l’adresse suivante : https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/instruction-2015-804

Un rendez-vous incontournable de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »

Articulée avec le BSE annuel nécessaire à la prescription sans examen clinique, la visite sanitaire bovine annuelle participe au développement de l’approche sanitaire globale de votre troupeau, base de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». Pour tout renseignement complémentaire n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire, la DDCSPP ou GDS Creuse ou à venir nous rencontrer à notre prochaine journée « portes ouvertes » du 12 mars.

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Commentaires 1

pipo

le mec qui vend les antibio va nous dire de ne pas en utiliser!!!!tous ces machins c'est bien mais que fait la concurrence sur le marcher mondial????au brésil, en argentine(les récoltes sont traitées d'avions avec de la polulass dessous!!!) en australie, au usa les méga troupeaux prennent des antibio en préventif dans la bouf...comme nos porcs il n'y a pas si longtemps...moi je suis pour toutes les regles possible a condition que la concurrence aie les meme ...sous peine de ne pas rentrer sur notre terrictoire... mais pour cela il faudrait que nos politique aient des cou...Ils ont qu'à prendre de la testostérone au petit dèj!notre président ,lui ,préfère julie AU PTIT DEJ!

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