Alimentation : Engraisser les agneaux rustiques à moindre coût

Equipe Aroa et Réseau d'élevage Auvergne Loire Rhône

Avec la flambée des prix des céréales de plus en plus d'éleveurs ovins s'interrogent sur la rentabilité de l'engraissement des agneaux comparée à celle de la production d'agneaux légers, dont l'écoulement est de plus en plus aléatoire.

Les prix et le marché apparaissent favorables à l'engraissement : sur le créneau des agnelets, les prix de cette campagne se révèlent moroses. Est-il pour autant rentable de finir ses agneaux ?
Un calculateur, mis au point par l'Inra (Laboratoire d'économie de l'élevage à Theix) permet de mesurer l'intérêt ou non de l'engraissement. A partir du prix du R3 payé au producteur (avec les plus values éventuelles), on peut calculer un prix moyen de l'agneau fini tenant compte du classement. Ce prix est ensuite comparé à celui des agneaux légers de 24,5 kg de poids vif augmenté des coûts d'engraissement nécessaires pour atteindre le poids objectif des agneaux finis.

Pour réussir l'engraissement de ces BMC : de l'aliment, du fourrage et un bâtiment adapté. (DR)

Pour réussir l'engraissement de ces BMC : de l'aliment, du fourrage et un bâtiment adapté. (DR)

Déterminer le coût d'engraissement selon le sexe

Les poids retenus de 17,5 kg de carcasse pour les mâles et 15 kg pour les femelles correspondent au comportement de la majorité des éleveurs qui visent à valoriser les mâles dans les circuits de qualité et font partir les femelles plus légères pour limiter les risques de carcasses grasses. Ces frais d'engraissement comprennent : la mortalité (1 %), les frais vétérinaires (0,30 euro€ par agneau) et le coût d'alimentation. Celui-ci est calculé sur la base d'une ration journalière de 1000 g pour les mâles et 900 g pour les femelles et d'une durée d'engraissement en fonction du GMQ (adaptable selon les performances de l'élevage). Le coût du concentré retenu pour les calculs est de 0,30 € au kilo.

Le différentiel en faveur de l'engraissement est de 9,20 €par tête pour les mâles et de 2,10 euros€ par tête pour les femelles. Ce dernier chiffre doit en plus être relativisé car dans le calcul ci-dessus, l'engraissement est maîtrisé (pas d'augmentation du taux de 3+ et 4). Dans des cas moins favorables (agnelles à moins bon potentiel, engraissement mal maîtrisé) le différentiel s'inverse et la finition des femelles est à proscrire. Ce calcul est théorique et suppose que le marché soit ouvert, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui
Pour les zones réglementées, les dispositions contre la fièvre catarrhale se traduisent par une obligation de livraison directe du centre d'alottement à l'abattoir et un abattage sous 24 heures. Cela empêche pratiquement toute exportation, et réduit pour ce marché le nombre de clients potentiels, qui font donc pression à la baisse. Il existe un débouché sur le marché du Sud Est pour le Grillonnet régulier mais limité. Les débouchés très aléatoires pour des agneaux dits légers (28 kg poids vif) et les cours actuels des agneaux finis font que les éleveurs sont obligés d'engraisser une majorité de leurs agneaux.

(1) Prix R3 : 5,15 € et prise en compte de la répartition des agneaux dans la grille en fonction de l'élevage : 60 % R, 40 % O ; 15 % 3+ et 4.

(1) Prix R3 : 5,15 € et prise en compte de la répartition des agneaux dans la grille en fonction de l'élevage : 60 % R, 40 % O ; 15 % 3+ et 4.

 

Engraisser à moindre coût en surveillant les appros

Bon nombre d'éleveurs ont d'ores et déjà fait le choix de ne plus distribuer d'aliment « démarrage » et de passer directement à l'aliment « croissance ». Ce changement conduit à une économie de l'ordre de 50 à 60 €pour 100 agneaux.
Pour l'approvisionnement, les éleveurs ont intérêt à faire jouer la concurrence entre fournisseurs pour renégocier les tarifs, tout en restant très vigilant sur la valeur des aliments proposés (un kilo d'aliment doit doser au minimum 0,90 UFV et 16 à 17,5 % de MAT par kilo brut) car il est très facile de trouver « moins cher mais moins bon ».
Commander de gros volumes livrés en vrac est aussi un moyen de réduire les prix. Cela suppose soit de disposer d'une capacité de stockage suffisante, soit d'organiser des commandes groupées.

Trier les agneaux en lots homogènes réduit le gaspillage pour ces Noir du Velay. (DR)

Trier les agneaux en lots homogènes réduit le gaspillage pour ces Noir du Velay. (DR)

 

Vos atouts : la valeur laitière des brebis et le tri

Un soin particulier doit être apporté à l'alimentation des mères en fin de gestation et pendant les six premières semaines de lactation(1). Ces brebis doivent impérativement recevoir les meilleurs fourrages.
La valeur laitière des brebis est un atout supplémentaire pour permettre aux agneaux d'avoir une bonne croissance ; pensez y en triant ou en achetant votre renouvellement qu'il s'agisse de jeunes béliers ou d'agnelles.
Le tri des agneaux en lots homogènes (mâles et femelles) est aussi un moyen de réduire les coûts en évitant le gaspillage que provoque la concurrence entre agneaux. Le rationnement en fin d'engraissement permet d'augmenter le poids de carcasse, mais demande de disposer de suffisamment de place, de longueur d'auge et d'abreuvoirs.
Quel que soit le mode de finition (libre-service ou rationné) l'agneau doit avoir en permanence à sa disposition un fourrage grossier de bonne qualité (préférer une bonne paille à un mauvais foin) : une consommation régulière limite les problèmes sanitaires (entérotoxémie) et minimise les défauts de gras.

(1) Des rations types sont disponibles dans le dossier « Après l'été pluvieux, comment passer l'hiver ? » réalisé par l'équipe Réseau et le CIIRPO. Voir aussi Pâtre 548 novembre 2007 « Des pistes pour alléger les charges d'alimentation »

Source Réussir Pâtre Mars 2008

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