Comment piloter son élevage caprin en conjoncture instable ?

CERFRANCE Vendée

L’éleveur caprin n’échappe pas aux nouvelles donnes de l’économie agricole. L’instabilité de la conjoncture est une réalité et il est nécessaire d’adapter sa gestion à ce nouveau contexte. Le point avec Martine Poupard, conseiller spécialisé chez CERFRANCE Vendée.

L’élevage caprin dans une conjoncture difficile

5 bonnes questions à se poser selon les conseillers CERFRANCE :

Est-ce que mon entreprise est pérenne sans rien changer ?
Pour assurer la pérennité ou renforcer l’équilibre, sur quoi agir en priorité : la performance technico-économique ? Les charges de remboursement ? La productivité de la main-d’œuvre ?
Quels projets engager pour être en meilleure position demain ?
Quelle réserve de trésorerie constituer les bonnes années pour passer les années défavorables ?
À quoi destiner prioritairement les excédents dégagés : à investir dans un changement d’orientation de l’entreprise, à des investissements productifs, à constituer des réserves ?

L’élevage caprin dans une conjoncture difficile

Les fourrages 2011 récoltés en quantité et de bonne qualité ainsi qu’une sélection accrue des animaux dans le cadre des restrictions de volume entraînent une amélioration des performances par chèvre. Cependant, la baisse du prix du lait, le frein sur les volumes et la hausse du prix de l’aliment vont contribuer à une baisse de la marge brute caprine en 2012.

Des indicateurs positifs

La fin des « surstocks » est annoncée, les importations sont en recul : un retournement de tendance est amorcé. Une répercussion sur le prix du lait est déterminante pour la pérennité des élevages. Se donner des repères pour anticiperAvec la succession de cycles favorables puis défavorables et à nouveau favorables, quelle attitude adopter dans la gestion de son exploitation ? »

Se donner des repères pour anticiper

1) Déterminer sa capacité d’autofinancement nouveau

La première étape consiste à déterminer sa capacité d’autofinancement nouveau (ou ses marges de manœuvre) en réalisant une projection des résultats sur une année moyenne  ou année « pivot ». Cette projection est ajustée avec l’exploitant.  Partir sur un EBE « pivot » permet de se détacher du contexte.

2) Mesurer l’impact des variations de conjoncture

A partir de cet EBE « pivot »,  on mesure l’impact des variations de conjoncture (favorable et  défavorable) sur les équilibres financiers à venir.

3) Se poser les bonnes questions

Quelle est  la  capacité de l’entreprise à passer les mauvaises années ?
- L’exploitation ne dégage pas de marge de manœuvre  suffisante en année « pivot » : des décisions stratégiques doivent être prises pour retrouver des équilibres financiers durables.
- La constitution d’une réserve de trésorerie est nécessaire pour anticiper les années difficiles : les excédents générés par une année de conjoncture favorable devront être mobilisés prioritairement.
La  trésorerie de l’exploitation est suffisante pour passer un cap difficile.

Quel est  le niveau de dépendance aux aides ?
Quel impact de la réforme de la PAC en 2014 sur l’équilibre financier ?  Une baisse des aides de 5 %, 10 %, 20 % ou pour un certain nombre d’élevages caprins, une évolution positive ? 

Quel projet engager pour être en meilleure position demain ?

4) Améliorer ses marges de manœuvre

L’analyse de son coût de revient permet de dégager des pistes d’amélioration à  différents niveaux :
- Sur le plan  technique : réforme de chèvres peu productives, augmentation de la part de fourrages dans la ration … 
- Sur les charges de structure : cohérence entre le niveau d’équipement, la main d’œuvre et le volume de production
L’évolution des charges de remboursement et des prélèvements peut elle être revue ?   

5) Après s’être projeté sur une année pivot, revenir à la gestion du quotidien

-  Définir son prix d’équilibre et mesurer l’évolution probable de la trésorerie n+1 en posant des hypothèses de prix et de volume de production
-  Décider quels leviers techniques actionner à court terme: réformes, complémentation, …
-  Anticiper les besoins de financement: appel à crédit CT ou OCC, report d’échéances sur prêts modulables, report d’investissements, mobilisation de la trésorerie disponible, …

En conclusion

 Pour piloter une exploitation dans un contexte fluctuant, il faut disposer :
-  de repères à moyen terme (quelle est ma marge de manœuvre ? comment l’améliorer ?)
-  d’outils pour gérer au quotidien (comment va évoluer ma trésorerie ? comment anticiper les besoins ?)

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