Davantage de grands troupeaux en Auvergne

Réussir Pâtre Novembre 2012

Davantage de grands  troupeaux en Auvergne
Une baisse de 29 % des effectifs de brebis nourrices en 10 ans

Le ministère de l’Agriculture a rendu public quelques résultats détaillés du recensement agricole chez les éleveurs ovins.

L’Auvergne compte 516 600 ovins, soit 7 % de l’effectif total national. Les moutons sont présents dans 16 % des exploitations de la région, contre 20 % en 2000, lors du recensement précédent. Les brebis allaitantes représentent 381 600 têtes. Après avoir plutôt mieux résisté que l’ensemble du territoire national, le cheptel s’érode fortement au cours des dix dernières années (- 29 %). Mais la baisse est moins sévère qu’en Limousin (- 33 %), laissant à l’Auvergne la quatrième place des régions françaises en nombre de brebis. En dehors de Paca qui s’en sort relativement bien avec une baisse limitée à — 5 %, les autres grands bassins de production reculent fortement (- 20 % en moyenne nationale).
En dix ans, la carte régionale de localisation des troupeaux a fortement évolué. L’Allier reste le département dominant mais il ne détient plus que 37 % du cheptel, contre 43 % en 2000. La baisse d’effectifs y a été la plus forte de la région (- 39 %). Cette évolution donne un peu plus de poids au Puy-de-Dôme et surtout à la Haute-Loire qui concentrent respectivement 24 % et 31 % des effectifs. En 2010, l’élevage de brebis est entre les mains de 3 800 exploitants, soit 36 % de moins qu’il y a dix ans. Ce recul est cependant moins accentué que dans beaucoup de régions, y compris les berceaux de la production ovine (- 43 % sur l’ensemble du territoire national). En moyenne, les élevages régionaux détiennent 100 brebis, contre 90 en 2000.

Une population vieillissante

Les éleveurs auvergnats ont, en moyenne, 51 ans, soit deux ans de moins que leurs collègues nationaux mais un an de plus que l’âge moyen de l’ensemble des agriculteurs auvergnats. Le problème de la succession risque de se poser pour bon nombre d’entre eux. En effet, quand le chef d’exploitation ou le plus âgé des coexploitants a plus de 50 ans, 72 % de ces élevages n’ont pas de repreneur connu. Ces cas sont un peu moins fréquents pour l’ensemble des exploitations régionales (68 %).
De nombreux petits troupeaux coexistent toujours auprès d’élevages de plus grande taille. En dessous de 50 brebis, on compte encore 2 100 exploitations, soit 54 % du total. En 2000, la part de ces petits élevages était de 58 %. Certes en dix ans leur nombre a continué de diminuer mais à un rythme plus ralenti que sur la période 1988-2000 (- 5,2 % par an contre
- 6,5 %). Ces petits élevages sont toujours peu spécialisés. Souvent l’activité ovine vient en complément d’une autre production, bovins viande (18 %) ou polyculture-polyélevage (10 %). Le rajeunissement de la profession n’est plus observé chez ces petits éleveurs. La moyenne d’âge des chefs d’exploitation est de
54 ans, deux ans de plus qu’en 2000.

PA598 ACTU-Auvergne

Dans l’Allier, la baisse d’effectifs entre 2000 et 2010 a été de 39 %. © L. Geffroy

Un faible niveau d’études

Au niveau national, le vieillissement, déjà perceptible en 2000, s’est accentué. L’âge moyen des petits éleveurs atteint 56 ans, soit également deux ans de plus qu’en 2000. Les formes sociétaires sont très peu représentées dans ces petites unités (une sur dix). Ces éleveurs ont également un faible niveau d’études. Seulement 45 % déclarent l’agriculture comme activité principale. Nombre d’entre eux sont pluriactifs (27 % contre 18 % pour l’ensemble des exploitations) ou retraités (31 % contre 12 %). Plus les troupeaux sont grands et plus les éleveurs ont une approche professionnelle. Ainsi, quasiment toutes les exploitations ayant plus de 200 brebis sont classées moyennes ou grandes (potentiel de production supérieur à 25 000 €). Si elles ne représentent que 17 % des élevages de brebis, elles concentrent 33 % du potentiel de production.
Comme dans tous les systèmes professionnels, les formes sociétaires se sont développées. Aujourd’hui, 37 % de ces gros élevages sont gérés en forme sociétaire (principalement en Gaec), ils étaient seulement 25 % en 2000. Les exploitants qui gèrent ces grands troupeaux ont en moyenne 45 ans, 9 ans de moins que les petits éleveurs mais 3 ans de plus qu’en 2000. Ils sont aussi mieux formés : 44 % ont au moins le niveau bac et 75 % ont suivi un cursus dans l’enseignement agricole. En très grande majorité (96 %), ils considèrent l’agriculture comme leur activité principale et les pluriactifs sont très peu nombreux (7 %).

Source : Agreste

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires