Encore des baisses du prix de base du lait de chèvre

GEB, Institut de l’élevage - Réussir La Chèvre Novembre/Décembre 2012

Encore des baisses du prix de base du lait de chèvre
Au total, le prix de base a baissé de 7 % depuis 2009. © D. Hardy

Prix de base et prix moyens ont encore diminué au troisième trimestre tandis que l’Ipampa connaît un nouveau record et que ses voisins européens augmentent les prix.

Au troisième trimestre, le prix de base de 528 €/1 000 litres, a selon l’enquête de l’Institut de l’Elevage baissé de 2 € par rapport à 2011, une diminution identique à celle du second trimestre. Cette baisse du prix du lait a été régulière au cours des trois mois. Cependant, comme depuis le début de l’année, seules quelques entreprises ont baissé leur prix. La plupart des autres ont continué de le maintenir au niveau de l’an passé. La baisse moyenne de 2 € au troisième trimestre 2012 s’ajoute à celles de 9 € en 2011 et 29 € en 2010. Au total, le prix de base a baissé de 7 % depuis 2009.
Au plan régional, des baisses ont eu lieu au troisième trimestre dans le Centre-Ouest et le Sud-Est ainsi que dans le Sud-Ouest. Dans le Centre, comme au cours des précédents trimestre, le prix de base est resté identique à 2011 dans toutes les entreprises.

Décrochage du prix moyen

Le prix moyen payé aux producteurs, de 564 €/1 000 litres, a baissé de 8 € au second trimestre par rapport à 2011, soit un recul nettement plus important que celui du prix de base. La baisse a été, sur le trimestre, plus prononcée en août (- 11 €), notamment dans le Sud-Est (- 20 €). Ce décrochage du prix moyen au troisième trimestre intervient après une légère hausse obtenue au second trimestre malgré une baisse identique du prix de base. Le redressement des taux au second trimestre avait permis cette dynamique du prix moyen opposée à celle du prix de base. Il venait opérer un rattrapage partiel de la chute exceptionnelle de la composition constatée en avril et mai 2011. Au troisième trimestre, les taux ont progressé nettement plus modérément, mais ils s’étaient mieux tenus durant la même période en 2011. Ils n’ont pas inversé la tendance baissière du prix de base. Au contraire, celle-ci a été accentuée pour le prix moyen.
Le taux butyreux à 34,6 g/litre a gagné 0,5 g/litre (+1%), contre une perte de 0,2 g l’an passé. Le taux protéique à 32,1 g/litre a progressé de 0,2 g/litre (+1%), alors qu’il s’était déjà accru de 0,2 g l’an passé. Au total, au cours du troisième trimestre, la composition s’est améliorée de + 0,4 g de matière utile par litre en juillet à 1 g en septembre, sans rupture en août comme le laisserait supposer la chute du prix moyen au cours de ce mois de novembre.
D’autres facteurs que les évolutions du prix de base et de la composition sont probablement intervenus pour diminuer la recette des producteurs au troisème trimestre, comme cela avait déjà été constaté en juin. Ce peut être des pénalités ou des prélèvements effectués sur les livraisons en liaison avec la crise.

Capture d’écra

L’Ipampa toujours plus haut

En août, l’Ipampa lait de chèvre a encore grimpé d’un cran en atteignant la valeur inédite de 139 (100 en 2005). Il affiche une croissance annuelle de 5 % et dépasse de 6 % son record atteint lors de la précédente flambée des prix en 2008. Comme d’habitude, ce sont les deux postes aliments achetés (43 % de l’indice) et énergie (7 %) qui sont à l’origine de cette nouvelle ascension de l’indice. Le prix des aliments achetés a atteint en août la valeur 157 (+ 7% par rapport à 2011) et le prix de l’énergie 148 (+ 9%).
Depuis août 2009, à un moment de repli après la flambée de 2008, l’Ipampa a progressé presque continuement de 19 % au cours des trois ans quand les prix de base et moyen du lait baissaient de 7 % (-40 €) et 8 % (-46 €). La mise en parallèle de ces deux évolutions illustre les problèmes de revenu rencontrés par les producteurs dans la période actuelle. Elle fournit une explication à la difficulté de maîtriser les volumes produits dans ce contexte, entre augmentation des quantités pour compenser la baisse du prix et restriction de la production sous l’effet de coûts intenables.

Fortes hausses de prix en Espagne et aux Pays-Bas

A 548 €/1 000 litres en juin, le prix du lait de chèvre publié par le ministère de l’agriculture espagnol est supérieur de 14 % à celui de 2011. Plus récente, la cotation de Castille-Leon, au Centre-Ouest de l’Espagne, à 549 €/1 000 litres en août se situe 10 % au-dessus de celle de 2011.
De même aux Pays-Bas, la moyenne des prix calculée par le Productschap Zuivel, pour août, s’affiche à 447,40 €/tonne, en hausse de 20 % par rapport à 2011. Depuis le début de l’année, chaque mois, la hausse du prix varie de 14 % à 24 % et il a atteint des niveaux records cet été. Cette évolution spectaculaire des prix dans les deux pays colle à la hausse des coûts de production, mais elle traduit aussi un manque certain de lait de chèvre.
 

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