Fromage traditionnel : La brousse du Rove demande l'AOC

Damien Hardy

Utilisé n'importe comment, le terme « brousse du Rove » risquait de perdre sa signification
première. Pour tenter de protéger le nom de ce fromage frais, un petit groupe de fromagers
et éleveurs de chèvres Rove ont amorcé l'an dernier une réflexion pour déposer une
indication géographique protégée (IGP) qui évolue finalement vers une demande
d'appellation d'origine contrôlée (AOC). De quoi dissuader certains producteurs qui abusent
du succès de la brousse du Rove pour vendre sous son nom des fromages au lait de
vache, voire des fromages fabriqués dans les cuisines avec du lait UHT ou de la poudre de
lait… Car ce fromage de chèvre vendu dans un moule en plastique long et conique
rencontre un beau succès sur les tables de Marseille et d'ailleurs. Vendu de 0,70 à 1 euro la
pièce de 50 grammes, il permet de valoriser le litre de lait à 4 euros en moyenne. « Nous
cherchons à protéger notre image et notre travail », décrit François Borel, le président de
l'association de défense des chèvres du Rove qui a initié le projet. « L'appellation devrait
permettre de pérenniser la race Rove et d'installer des éleveurs pastoraux dans les collines
», rajoute-t-il.

La brousse du Rove ne serait fabriquée qu'avec du lait issu de chèvre de race Rove. (D. Hardy)

La brousse du Rove ne serait fabriquée qu'avec du lait issu de chèvre de race Rove. (D. Hardy)

Pour soutenir, le projet d'AOC, le petit fromage fondant peut compter sur le soutien de
nombreux chefs étoilés et du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Les éleveurs ont
déjà rédigé plusieurs versions du futur cahier des charges. Pour l'instant, la zone de
production se situerait sur les Bouches-du-Rhône et les communes alentours. Le fromage
ne serait fabriqué qu'avec du lait issu de chèvres du Rove ayant pâturé au moins six
heures par jour dans les parcours. Pour garder le caractère fermier de l'appellation en
construction, le groupe d'éleveurs veut interdire le report de lait, l'insémination et le
désaisonement. La quinzaine de producteurs concernés vendrait actuellement une
douzaine de tonnes de brousse du Rove par an. Un petit tonnage pour une AOC mais qui
pourrait partager ses moyens avec le banon, l'autre AOC caprine de la région.

Source Réussir La Chèvre Mai / Juin 2008

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