Inquiétudes sur le marché du chevreau

Damien Hardy - Réussir La Chèvre Mai-Juin 2013

Inquiétudes sur le marché du chevreau
L’augmentation des coûts d’engraissement et la saturation du marché en Europe du Sud pourraient contraindre certains intervenants à ne plus collecter les chevreaux à la ferme. © D. Hardy

Tourné essentiellement vers l’export, le marché du chevreau est saturé. La crainte d’un non-ramassage des chevreaux est forte, alors que la réglementation sur le transport se durcit.

La filière chevreau, déjà moribonde, connaît une saturation importante de ses débouchés. En effet, l’export qui représente le premier marché des chevreaux est aujourd’hui fortement ralenti suite à la crise économique qui touche l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Ces trois pays importent pourtant environ 70 % des chevreaux français. Conséquence : les chevreaux s’accumulent dans les congélateurs des abatteurs. « Même après Pâques, il reste encore des chevreaux congelés de cet automne, s’inquiète Mathilde Garconnet, de la Fresyca. Le prix des chevreaux devrait rester ultra-bas, à 2,50 euros HT du kilo vif. »
À ce prix-là, les éleveurs et les engraisseurs ne s’y retrouvent pas. Surtout que la poudre de lait s’est fortement renchérie et la sécheresse néo-zélandaise risque encore de faire flamber ce prix. En conséquence, les engraisseurs travaillent souvent à perte et ramassent les chevreaux au prix dérisoire d’un à deux euros pièce.
Patrick Le Ravallec, éleveur dans le Rhône et président du PEP caprin Rhône-Alpes, n’en décolère pas : « nous allons dans le mur avec les chevreaux. Nous n’arrivons plus à les vendre et viendra le jour où il faudra les assommer à la naissance ! Quelle catastrophe en termes d’image pour les consommateurs. Quelle honte pour les éleveurs d’en arriver à de telles extrémités ! » Cette situation alarmante devrait accélérer la mise en place d’une interprofession sur la viande caprine, vraisemblablement au sein d’Interbev, l’interprofession de la viande bovine et ovine.

Debout dans les cages

Ces difficultés interviennent alors qu’une note de service de la DGAL rappelle que les cages pour le transport des chevreaux doivent permettre aux animaux de se tenir debout et doivent avoir des dispositifs pour récupérer les fèces et l’urine. Cette note, qui doit s’appliquer à partir de novembre 2013, fait suite à une plainte des associations de protection animale auprès de la Commission européenne.
Jusqu’à maintenant, une dérogation permettait d’utiliser des cages à volailles et les opérateurs arguaient que les animaux étaient davantage bousculés (et stressés) lorsqu’ils se mettaient debout. Or, une étude récente de l’Inra et de l’Institut de l’élevage, financée par le ministère de l’Agriculture, n’a pas montré de différence sur le stress des animaux qu’ils soient couchés ou debout. À noter que, quand ils ont la possibilité de se mettre debout, les chevreaux adoptent cette posture pendant seulement 30 % du voyage.
 

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