Le Gévaudan se mobilise contre le loup

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Quelque 1 500 éleveurs dans les rues de Langogne le 23 août pour dire leur ras-le-bol du loup.

Vendredi 23 août, Langogne était coupé du monde. La RN 88 était fermée à la circulation et le stationnement en ville interdit de 14  heures à 19 heures pour permettre à la manifestation contre le loup de se dérouler dans les meilleures conditions. Les médias locaux, régionaux et même nationaux, présents en nombre, ont donné à cette journée une large audience et ont répercuté les revendications des nombreux éleveurs présents. Aux côtés des Jeunes Agriculteurs, de la FDSEA, de la FNO (Fédération nationale ovine), une quarantaine d’élus (maires, conseillers généraux et régionaux, du parc national des Cévennes) et de nombreuses organisations comme la Fédération de chasse 48 avaient choisi d’apporter leur soutien à une action qui traduit la détresse de tous ceux qui sont confrontés aux dégâts infligés à leurs troupeaux par ce loup dont le Gévaudan croyait bien s’être débarrassé définitivement au XIXe siècle. À l’occasion des prises de parole, sur le parvis des halles de Langogne, le président des JA, Julien Tufféry, a déclaré fièrement : “Nous sommes 1 500 et c’est une réussite. Notre message est clair. Nous ne voulons pas du loup sur nos estives. Nous demandons à ceux qui ont permis sa réintroduction et à l’État de prendre leurs responsabilités. Si rien n’est fait, les attaques vont se multiplier et continuer à mettre en danger des exploitations. L’agropastoralisme est indispensable dans nos régions. Il nourrit la population, évite que des territoires entiers ne soient laissés à l’abandon. Et cette activité économique fait vivre de nombreuses familles. Nous demandons que le loup soit classé nuisible, que le plan loup prévu par l’État (24 loups doivent être abattus en France, NDLR) s’applique. Les mesures d’effarouchement, les chiens de troupeau, la clôture des parcours, ne donnent pas satisfaction (...). Nous demandons à tous les élus de tout mettre en œuvre pour faire modifier la directive européenne Habitat et la convention de Berne qui protègent le loup. Nous ne trouvons pas normal non plus que ce soit le ministère de l’Agriculture qui indemnise les éleveurs. C’est à celui de l’Écologie de payer. En ce qui nous concerne, nous avons choisi : c’est le loup qui doit disparaître, pas nos élevages.”

 Le Gévaudan se mobilise contre le loup

“Les services de l’État font l’autruche”

Derrière les discours musclés, le désarroi, l’impression d’être abandonnés, face à une administration qui semble traîner des pieds : “Depuis juin, je n’ai eu que deux contacts avec l’administration, un pour l’autorisation de tir de David Ramon (voir ci-contre), l’autre pour me demander de prendre un arrêté pour la capture des chiens errants. Ce n’est pas normal. Les services de l’État font l’autruche”, a ainsi déploré le maire de Châteauneuf-de-Randon. JA et FDSEA ont ensuite organisé un lâcher de 240 ballons rouges et blancs, chacun s’envolant avec un chèque symbolique de 50 000 €. Au total, douze millions d’euros : c’est ce qu’a coûté en 2012 l’indemnisation des dégâts commis par le loup. Des attaques certes beaucoup moins nombreuses en Lozère que dans certains départements (800 attaques dans les Alpes-Maritimes), mais qui ne font que s’amplifier, confirmant que le loup s’est implanté de manière permanente, même s’il ne se montre que très peu.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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