Les producteurs de lait de brebis en appellent au médiateur des relations commerciales

Bernard Griffoul - Réussir Pâtre Août-Septembre 2013

Les producteurs de lait de brebis en appellent  au médiateur des relations commerciales
Brebis à la traite. © Bernard Griffoul

Les éleveurs ont alerté les pouvoirs publics afin de pas être les laissés-pour-compte des médiations commerciales entre industriels et grande distribution.

Des représentants des producteurs de lait de brebis de la Fédération nationale ovine ont été reçus fin juin, à leur demande, par le conseiller du ministre de l’Agriculture chargé des filières animales et agro-alimentaires, Jean-Guillaume Bretenoux. Leur démarche a pour but de faire prendre en compte par le médiateur des relations commerciales agricoles les produits au lait de brebis dans ses missions de concertation avec la grande distribution. Ils avaient été jusque-là proprement oubliés. Ce dont s’était étonnée la FNO dans une lettre ouverte auprès de la grande distribution en mai dernier. De nouvelles négociations doivent s’ouvrir à l’automne entre industriels et distribution : les filières lait de brebis veulent en faire partie au même titre que les laits de vache et de chèvre. Le ministère s’est engagé à saisir le médiateur dans ce sens.

La production qui rémunère le moins le travail parmi les filières laitières

La situation du lait de brebis devient en effet alarmante. Entre 2005 et 2012, le prix d’achat des moyens de production a augmenté de plus de 25 %, tandis que la hausse du prix du lait n’a été que de 2,7 % dans le bassin de Roquefort, de 7,3 % dans les Pyrénées-Atlantiques et de 9,2 % en Corse. Aujourd’hui, parmi les filières laitières, le lait de brebis est la production qui rétribue le moins bien le travail. La rémunération moyenne de la main-d’œuvre n’était en 2011 que d’un Smic dans le bassin de Roquefort et de 0,8 Smic dans les Pyrénées-Atlantiques, alors qu’elle était comprise entre 1,2 et 2,1 Smic pour les producteurs de lait de vache et entre 1,3 et 1,7 Smic pour les éleveurs caprins. La collecte est désormais en recul dans les deux bassins, traduisant une désaffection de certains éleveurs envers cette production. Il pourrait manquer plus de 12 millions de litres dans le bassin de Roquefort en fin de campagne (sur un total de 170 millions). « Il est urgent de répercuter sur nos prix du lait l’augmentation du prix des intrants, qui s’est encore accéléré ces derniers mois », ont plaidé les producteurs auprès du ministère.

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