Loups : la traque s’intensifie dans le Sud-Est

AFP, Catherine MARCIANO

Loups : la traque s’intensifie dans le Sud-Est

Les loups du sud-est de la France, les plus grands prédateurs de brebis du pays, échappent presque systématiquement aux chasseurs. Mais la traque s'intensifie, les stratagèmes se peaufinent.

Lozère : Mobilisation de «lutte contre le loup» le 23 août

A l’initiative de la FDSEA de Lozère et en partenariat avec la Fédération des Chasseurs, une mobilisation interdépartementale de « lutte contre le loup» est organisée, en présence d'élus locaux, pour "dénoncer la menace intenable du prédateur", le Vendredi 23 août à Langogne (Lozère). Les manifestants vont  défiler avec leurs troupeaux de brebis, de vaches et un cortège de tracteurs. Ils estiment que le loup est aujourd’hui une véritable menace quotidienne pour les exploitations d’élevage.  « Malgré les Plans Loups successifs, malgré les moyens et les efforts déployés pour jouer le jeu de la cohabitation, les éleveurs ne sont plus en mesure de protéger leurs troupeaux des assauts meurtriers du prédateur », explique la FDSEA de Lozère dans un communiqué. Le syndicat estime que  la pérennité de l’activité pastorale dans les montagnes est en péril et que tout un pan de l’économie locale de ces territoires est mis à mal.

"En France, personne ne sait chasser le loup!", avait assené début juillet le préfet du Var, Laurent Cayrel, en rencontrant des éleveurs d'ovins. Pourquoi ne pas embaucher des chasseurs d'Amérique du nord ou d'Europe de l'est ?

Cette remarque lui a valu tout l'été des candidatures de chasseurs brandissant une expérience étrangère...Un brin provocateur ? "J'ai mis les chasseurs dans une situation d'émulation", mais "l'idée est sérieuse", assure-t-il.

Une battue avec 150 chasseurs a échoué sur l'énorme site militaire de Canjuers où se concentrent 80% des attaques. L'armée laisse brouter les ovins sur ses terres, où les tirs d'entraînements n'effarouchent aucunement les loups.

Le préfet déploiera une "nouvelle stratégie" début septembre en postant la nuit près des troupeaux des tireurs locaux équipés de fusils à lunette infrarouge.

Six meutes dans les Alpes-Maritimes

"Il n'y a pas de méthode absolue", prévient prudemment Laurent Cayrel, le comportement du loup s'avérant différent selon le relief ou les pratiques pastorales.

"Les étrangers ne connaissent pas notre terrain très accidenté, ils ne seraient guère avantagés", estime Daniel Blanc, lieutenant en louveterie de Saint-Martin-de-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes voisines, aux portes du parc national du Mercantour. La profession millénaire de "louvetier" assiste bénévolement les fonctionnaires de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui surpervisent les traques.

C'est d'abord dans le Mercantour que les loups sont revenus en France voici vingt ans en passant les cols d'Italie. Sur une trentaine de meutes françaises, six vivent dans les Alpes-Maritimes dont quatre dans le coeur protégé du parc national.

Les loups, Daniel Blanc les a aperçus furtivement une dizaine de fois, leurs yeux jaunes dans un phare ou leurs traces de pas sur ses sillons de skis. "Le loup fait 30 km par jour", souligne Louis Bernard, responsable de l'ONCFS dans les Alpes-Maritimes.

L'expert américain Carter Niemeyer, artisan de la réintroduction du loup dans les Rocheuses, venu dans le Mercantour en 2006, "a conclu que les contreforts escarpés ne permettent pas de travailler sereinement comme dans une plaine américaine", note-t-il.

Près de 800 attaques en 2012 dans les Alpes-Maritimes

Une louve allaitante a été abattue en juin, troisième spécimen tué dans les Alpes-Maritimes depuis 2004 (sur une douzaine pour toute la France).  En ce mois d'août, Louis Bernard ou ses collègues se postent tous les jours près d'un troupeau attaqué deux fois en dix jours. Ils ont aperçu des loups, à 400 mètres en dessous du troupeau, protégés par le couvert forestier...

Une battue avec une quarantaine de chasseurs se prépare parallèlement sur un plateau de l'arrière-pays de Grasse.

Près de 800 attaques ont été dénombrées en 2012 dans les Alpes-Maritimes, qui concentre un tiers des pertes d'ovins en France. Il y a eu environ 200 attaques dans le Var et 310 dans les  Alpes-de-Haute-Provence, juste au nord. Six "tirs de prélèvements" (euphémisme de l'administration pour tuer l'animal protégé) sont actuellement autorisés dans ces trois départements les plus attaqués.

S'y ajoutent des dizaines d'autorisations de "tirs de défense" accordés aux éleveurs ou "des tirs de défense renforcés" avec dix fusils maximum (une nouveauté). Un record de 24 loups, sur une population de 250, peuvent être "prélevés"  en France. Et le tout nouveau "plan d'action national loup" permet le tir de plusieurs loups lors d'une opération.

On veut "ménager la chèvre et le loup" en France, glisse néanmoins un expert, en notant que c'est "la grosse cavalerie" ailleurs.  En Espagne, les tirs sont autorisés depuis des miradors avec un charnier équin en appât.  Une équipe scientifique suédoise, venue en 2008 mettre des colliers émetteurs à deux loups du Mercantour, les avaient endormis en tirant des seringues hypodermiques depuis un hélicoptère.  Une méthode efficace, mais l'image de chasseurs tuant des loups depuis un hélicoptère aurait du mal à passer dans l'opinion.

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Commentaires 1

GR26

A en croire certains, la préservation du loup est indispensable à l’équilibre naturel… de qui se moque-t-on ? Cela fait assez longtemps qu’il a été éradiqué du paysage français, pas sans raisons, et ce n’est pas de cela que la planète est malade, mais plutôt de l’excès de gens improductifs qui la sillonnent et la polluent pour soi-disant la protéger.
Et combien cela nous coute-t-il, et combien encore plus à l’avenir? Mais le lobby des écolos donneurs de leçons et profiteurs du système ne va pas s’en inquiéter, et pour cause, car eux, ça leur rapporte (‘’copains’ ‘par ci, emplois ‘’touristes tout repos’’ pour bons à rien par-là, politique, ministres et magouilles par ailleurs…)
Les régions de montagne se dépeuplent, pourtant les agriculteurs sont plus productifs et indispensables à l’équilibre du pays que tous les écolos qui le protègent, mais ces derniers ne s’en soucient pas, sauf à leur dire ce qu’ils devraient faire. Mais quel écolo accepterait de mettre de tels conseils en pratique pour ensuite voir son troupeau et son revenu anéantis ?
Contrairement à beaucoup de gens, j’ai le privilège d’avoir un père centenaire qui a depuis longtemps suffisamment de bon sens et de vécu pour savoir de quoi il parle, et en plus j’ai connu une voisine âgée, dont le père avait réussi à tuer un loup avec l’aide de sa femme, alors qu’il avait été attaqué un soir sur le pas de sa porte. Je sais (de source sûre) que cela ne se serait pas passé comme dans un petit chaperon rouge revisité à la sauce ‘’désinformation’’ écolo.

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