Nouveau plan loup : "Évitons les solutions simplistes" (Delphine Batho)

Nouveau plan loup : "Évitons les solutions simplistes" (Delphine Batho)

La ministre de l’Écologie Delphine Batho a estimé qu'il fallait éviter les "solutions simplistes" en ce qui concerne l'abattage des loups et aller vers "une gestion différenciée" selon les régions.

Le Parc national des Cévennes prend position contre le loup

Le Parc national des Cévennes a demandé à être une zone d'exclusion pour le loup, lors d'une réunion du Conseil d'administration mi-octobre.  Pour André Baret, maire d'Hures-la-Parade, secrétaire général du "Cercle", le collectif des éleveurs  contre le loup de la région des Causses et de la Lozère, cette prise de position est la preuve que "la parole des locaux, des gens concernés par la présence du loup, a été prise en compte".

La prise de position du parc, qui n'a pour l'heure aucune conséquence pratique, "tendrait à autoriser les éleveurs à tirer sur les loups lorsqu'ils attaquent les troupeaux", a expliqué M. Baret. En septembre, le collectif avait demandé à l'administration le droit de tirer sur les loups pour les exploitations des onze communes du Causse Méjean.

Invitée du "Grand Rendez-vous" d'Europe1/Aujourd'hui en France/iTéle, Delphine Batho a indiqué que des propositions seraient annoncées fin janvier dans la perspective du nouveau plan national d'action sur le loup, qui doit succéder au plan actuel 2008-2012.

Élaborées en collaboration avec le ministère de l'Agriculture, ces propositions devront permettre de protéger l'espèce tout en répondant "à la détresse des éleveurs", alors que les prédations des loups sont en augmentation, selon la ministre. "Le problème est difficile mais évitons les solutions simplistes", a estimé Mme Batho qui envisage une "gestion différenciée" selon les régions.

"La situation n'est pas la même dans le Mercantour, en Savoie ou dans les Cévennes, il y aura des endroits où on aura davantage recours aux tirs d'effarouchement", a-t-elle précisé. Le plan d'action national sur le loup vise à garantir la protection du loup, une espèce protégée, tout en limitant son impact sur l'élevage.

La France compte une population d'environ 200 loups, que les éleveurs, principalement dans le sud-est, accusent de décimer leurs troupeaux. Dans les zones concernées les attaques de loups se multiplient et la grogne des éleveurs monte.  Parmi les douze départements où des attaques de loups ont été constatées, celui des Alpes-Maritimes est l'un des plus touchés.

86 brebis tuées sur un troupeau de 1.000

Une nouvelle attaque, début novembre sur un troupeau de brebis à Caussols, au nord de Grasse, a fait 13 victimes parmi le troupeau. D’après le berger,  Bernard Bruno, il a subi "17 ou 18 attaques" durant l'estive. Soit, au total, "86 brebis tuées depuis début juillet" sur un troupeau de 1.000 bêtes, élevées pour la viande, précise-t-il.

A Die, dans la Drôme, 150 éleveurs ovins et caprins se sont rassemblés mardi devant la sous préfecture pour manifester et crier stop au loup. Ils sont été reçus par Guillaume Thirard, sous-préfet de Die auquel ils ont remis une pétition.

Dans le  Var, le Préfet  vient de reconduire  l'arrêté ordonnant un tir de prélèvement de loup afin de protéger les troupeaux domestiques qui pâturent sur le camp militaire de Canjuers (Var).  Ce tir pourra être effectué de jour comme de nuit du 5 décembre 2012 au 4 janvier 2013 par les lieutenants de louveterie, ainsi que par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Cet arrêté fait suite à un précédent arrêté préfectoral ordonnant un tir entre le 9 octobre et le 8 novembre, mais aucun loup n’avait pu être prélevé.

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