Production ovine régionale : Halte aux «coûts bas» des GMS

Didier BOUVILLE

Production ovine régionale : Halte aux «coûts bas» des GMS

Des éleveurs ovins aveyronnais emmenés par la FDSEA ont manifesté calmement vendredi 23 mai dans le rayon boucherie de l'enseigne Géant d'Onet le Château, près de Rodez, en faveur de leur revenu et des productions de l'Aveyron.

La section ovins-viande de la FDSEA s'est mobilisée vendredi dernier en faveur de la défense du revenu des éleveurs, dans le cadre d'une action baptisée «Episode 2», «une guerre des étals» qui malmène une nouvelle fois la production ovin-viande aveyronnaise. Ce fut le message porté par le président de la section Dominique Cammas dans le rayon boucherie de Géant. Un rayon qui vante par ailleurs la qualité «origine France» au dessus de barquettes de viande de mouton d'origine espagnole..., non loin des agneaux néo-zélandais qui tirent vers le bas la production aveyronnaise. «Nous vendons nos animaux à 80 euros par carcasse qui nous coûtent 120 euros» fustige Dominique Cammas. Cela représente un prix producteur de 4,62 euro par kg, que le consommateur retrouve sur les étals à plus de 17 euros/kg... «Un abatteur prend environ 2 euros/kg, le distributeur fera alors une marge de plus de 8 euros/kg en plaçant la barquette dans le rayon !». Outre les effets désastreux pour les ovins aveyronnais, cette attitude fait mal aux consommateurs.

« Scandaleux »

«Tout cela est purement scandaleux» protestent les éleveurs aveyronnais. Cette culbute de 40 % est notamment illustrée par des relevés de prix sur le gigot d'agneau label rouge vendu aujourd'hui 20,10 euros/kg, contre 14,88 euros/kg il y a un an. Un employé du magasin Géant a pris bonne note des revendications des éleveurs, en répondant que tout était décidé au niveau national, au siège de l'enseigne Géant-Casino à St-Etienne. Les éleveurs lui ont fait comprendre qu'il attendaient que l'hyper-marché aveyronnais mette plus en avant des productions locales, et non importées de Nouvelle-Zélande vendues aux alentours de 7 euros le kilo, un prix de viande congelée défiant toute concurrence pour des animaux qui passent plus de temps morts que vivants... Les gigots néo-zélandais ont en effet une date de péremption qui peut aller jusqu'à deux ans, après leur mise en emballage. Les éleveurs demandent que le lieu de naissance et la date d'abattage soient indiqués sur les barquettes, afin que les consommateurs puissent comparer les produits avec des indications objectives.

«Le coût écologique»

«Le terroir aveyronnais est instrumentalisé par les grandes surfaces» dénoncent les éleveurs, «car les elles utilisent l'image Aveyron pour séduire la clientèle alors que l'on trouve dans les rayons en majorité des produits importés sans cahier des charges, sans aucunes garanties pour les consommateurs». Les éleveurs insistent aussi sur «le coût écologique» des importations d'Espagne ou de Nouvelle Zélande, «cette attitude est irresponsable» selon eux, alors qu'une production de qualité se trouve près de chez eux.
La délégation FDSEA qui voulait rencontrer le responsable du magasin n'a pas eu gain de cause, ce dernier était en effet absent. Mais rendez-vous est programmé dans les semaines prochaines.

Source La Volonté Paysanne

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