Serge Préveraud, président de la FNO : L'éleveur de la Vienne veut défendre l'élevage ovin sur l'ensemble du territoire

Laurence Geffroy

Le nouveau président de la Fédération nationale ovine partage son temps entre son exploitation dans la Vienne et son activité syndicale à Paris.

Élu le 13 mai dernier, le nouveau président de la Fédération nationale ovine, Serge Préveraud, est installé depuis 1976 sur la commune de Availles-Limouzine, dans le sud de la Vienne, aux limites de la Charente. Il y élève 800 brebis, aidé de son épouse Béatrice et d'un salarié, sur 180 hectares, dont 40 hectares de céréales, 30 de tournesol et 10 de triticale. Après avoir commencé par moderniser son exploitation, il porte désormais ses efforts sur son cheptel afin d'en améliorer les performances. À ses brebis croisées Vendéennes et Charollaises, il a ajouté un troupeau de 260 Lacaune viande, pour produire en contre-saison. « À l'automne, les cours sont plus hauts, je valorise donc mieux mes agneaux pendant cette période. Des ventes régulières toute l'année me permettent de mieux répartir la trésorerie. »

Un mandat de président chargé

Quand il n'est pas dans sa ferme, Serge Préveraud se plonge dans les dossiers ovins nationaux. Filière ovine européenne, bilan santé de la PAC, opération séduction « Nos brebis font les paysages que vous aimez », FCO, prix de vente des agneaux… : les sujets ne manquent pas. Son mandat de président national du syndicat ovin s'annonce chargé, car les enjeux sont importants : «2008 et 2009 sont deux années charnières», rappelle-t-il.

Cette pression n'est pas nouvelle pour lui. Son implication syndicale n'est pas récente, elle date de l'époque de son installation. « J'étais alors trésorier de la FDSEA dans ma commune et intéressé par les nombreux échanges avec les collègues. Les années 80 étaient une époque florissante » se souvient-il. Avec une trentaine d'autres jeunes, il s'épanouissait au centre cantonal des Jeunes agriculteurs. « C'était une bonne école, très stimulante. Je me suis investi pendant dix ans au niveau local et depuis maintenant dix ans, je m'intéresse au niveau national » explique-t-il. D'abord vice-président et secrétaire général adjoint de la FNO, il en devient aujourd'hui le président.





Serge Préveraud élève 800 brebis dans la Vienne : « Si on veut que les jeunes s'installent, il faut que notre profession soit rentable, avec une marge de disponibilité. » (J. Diependaele)

Serge Préveraud élève 800 brebis dans la Vienne : « Si on veut que les jeunes s'installent, il faut que notre profession soit rentable, avec une marge de disponibilité. » (J. Diependaele)

 

L'image du métier d'éleveur doit évoluer

Serge Préveraud s'est occupé de la charte interprofessionnelle de relance de la production
ovine en 2002, qui a permis de multiples actions de communication au niveau national et dans les régions. Cet éleveur demeure aussi président du groupement Poitou Ovin. « Sur l'ensemble du territoire, l'élevage ovin a son utilité. Il fait vivre du monde. Je me vois mal faire autre chose dans ma ferme. »

Homme de passion, il souhaite transmettre sa motivation à la prochaine génération, mais il
sait que pour cela, l'image du métier d'éleveur doit évoluer. Pour donner envie aux jeunes de se lancer dans la filière, il devient nécessaire d'améliorer les conditions de travail. « Si on veut que les jeunes s'installent, il faut que le métier soit rentable sans pour autant en être prisonnier. Être performant et économe en même temps, c'est un challenge à relever. On ne peut plus y passer nos jours et nos nuits. »




Profil

Serge Préveraud est pour le compromis et le concret. Parmi ses prochaines actions concrètes, le président de la FNO souhaite mettre en place à l'automne une conférence avec les grandes et moyennes surfaces pour étudier la composition des prix et réorganiser l'offre, sans que le consommateur paye plus cher. « Il faut que ce soit un partenariat équitable, donnant/donnant (…). On doit regarder ensemble la production pour mieux gérer l'offre en fonction des saisons et des territoires. » Les éleveurs espèrent pouvoir récupérer ainsi un euro par kilo d'agneau.

Source Réussir Pâtre Octobre 2008

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