Serge Préveraud, président de la FNO : Obtenir une politique durable pour l'élevage ovin »

Propos recueillis par Julien Diependaele

Serge Préveraud, président de la FNO : Obtenir une politique durable pour l'élevage ovin »

Les responsables politiques de l'élevage ovin viendront de toute l'Europe à Limoges les 4 et 5 septembre. L'ambition est de définir une politique dynamique et durable pour l'élevage ovin dans l'UE.

Dans quel cadre s'inscrit ce rassemblement du monde politique ovin européen ?

Serge Preveraud - Durant le temps imparti à la présidence française de l'Union européenne,
le ministre de l'Agriculture a souhaité que les principaux pays européens discutent des
perspectives de l'élevage ovin en Europe. Le cheptel diminue dans chaque pays et il faut
apporter une réponse à court, moyen et long terme pour relancer la production. Cette
réponse aux besoins de l'élevage ovin européen devra tenir compte des besoins de la
société et des accords internationaux. A cette table de conférence seront présents l'Irlande,
l'Angleterre, la France, la Roumanie, l'Italie, l'Espagne et aussi la République tchèque et la
Suède. Ces deux derniers pays assureront la relève au Conseil de l'Union Européenne
après la présidence française et il est important de les voir associés à ces discussions.

Ceux qui participent à ce rassemblement pourront-ils toucher du doigt les difficultés des éleveurs ?

S. P. - Il s'agit d'une conférence de travail avec les experts des pays concernés, les
ministres et l'amont de la production ovine que sont les responsables professionnels des
divers pays européens. Le 4 septembre, ils sont invités à visiter la ferme du Ciirpo au
Mourier, à y prendre connaissance de thèmes techniques et économiques et à apprécier
les axes des recherches ovines qui permettent de préparer l'avenir. Le lendemain, la
conférence sera présidée par Michel Barnier en présence de la Commissaire européenne
madame Fischer-Boel et le député irlandais Edward présentera les conclusions du rapport
sur l'avenir de la production ovine en Europe. Une visite d'exploitation est également prévue
dans la région.

Quelles demandes formule la FNO pour améliorer le revenu des éleveurs ?

S. P. - Dans le cadre du bilan de santé de la PAC, un rééquilibrage entre le soutien aux
UGB bovines et ovines devient nécessaire. D'autres sujets nous préoccupent. Il s'agit de la
gestion de l'herbe par rapport aux besoins des animaux et aussi le prix de revient de
l'agneau.
Il serait souhaitable de définir une politique durable pour l'élevage ovin : les différentes
politiques successives l'ont fragilisé et il faut redonner espoir à cette production. Un
véritable sursaut ne pourra s'accomplir que si tous les enjeux deviennent clairs pour tous
les éleveurs. Il faudra que ces travaux concernant la production ovine apportent une bonne
lisibilité sur les perspectives d'avenir de cette production. C'est pourquoi la FNO, au nom
des éleveurs, travaille pour maintenir un prix régulier et élevé. Ce qui se passe en aval
concerne de près les éleveurs ovins.



Comment comptez-vous dynamiser ces deux points-clés que sont l'installation et la consommation ?

S. P. - L'installation ne repartira de l'avant que lorsque les éleveurs gagneront de l'argent. La
FNO défend un modèle de production performante et simple. Si ces points sont respectés,
l'installation se fera bien plus facilement. Pour relancer la consommation, il n'existe pas de
recette-miracle : il faut s'adapter à l'évolution des consommateurs en proposant une nourriture
élaborée, des produits de qualité et des prix abordables. S'adapter à ses besoins est
nécessaire puisque les consommateurs payent.

Que conseillez-vous aux éleveurs pour lutter contre la fièvre catarrhale ovine ?

S. P. - Le mot d'ordre est de vacciner. Le système se met en place et on aimerait que le
calendrier de vaccination aille plus rapidement pour qu'un maximum de troupeaux soient
vaccinés. Il s'agit de la première campagne de vaccination et il a fallu gérer des priorités avec
toutes les imperfections que procure le démarrage d'une telle opération qui concerne des
millions d'ovins et de bovins.

Source Réussir Pâtre Juillet-Août 2008

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