Transhumance contre le loup au Salon de l’Agriculture

S C avec AFP

Transhumance contre le loup au Salon de l’Agriculture

Les éleveurs de brebis ont organisé une transhumance hier sur le salon de l’agriculture pour protester contre le loup qui provoque de nombreux dégâts dans les troupeaux de montagne.

Brassard noir au bras, brebis en laisse, les éleveurs d'ovins profitent de la vitrine que représente la plus grande ferme de France pour lancer un appel à l’aide au gouvernement pour lutter contre les attaques de loups.

"On ne sait plus comment se débarrasser de ce fléau. On veut que l'Etat réponde", déclare Rémi Leconte de la Fédération régionale ovine du sud-est, organisateur de la manifestation avec la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et la Fédération nationale ovine. Les organisateurs ont déployé une  grande banderole noire, la même qui  avait accueilli le président François Hollande à l'ouverture du salon samedi, en signe de deuil.

Déclasser le loup des espèces protégées

Les manifestants réclament une régulation efficace du loup avec prélèvement jusqu’au plafond des 24 loups, quota représentant 10% de la population totale et prévu par le plan loup 2013-2017. Ils veulent aussi un déclassement du loup des espèces protégées de la convention de Berne et de la Directive Habitat.

« Nous demandons tout simplement que les éleveurs puissent continuer d’exercer leur métier sereinement dans des conditions humaines acceptables sur tous les territoires. Pour cela, il est impératif de faire baisser significativement le nombre d’attaques et de victimes.» expliquent-ils dans un communiqué. La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca) paye un lourd tribut. "Sur les plus de 1.700 attaques et 6.000 victimes en 2013, 78% ont eu lieu en région Paca"

7 loups prélevés

"Aucun ministre de l'Ecologie avant moi ne s'était donné les moyens d'appliquer le plan loup", affirme de son côté Philippe Martin, en visite quelques heures plus tôt au salon de l'agriculture. "Nous en sommes à sept loups prélevés", a-t-il déclaré. Abattre des loups "n'est pas une obsession pour moi. Ce qui est une obsession, c'est de tenir les engagements de l'Etat vis à vis des éleveurs".

Après un été particulièrement meurtrier pour les ovins, le ministre de l’Écologie s’est en effet doté d'un outil inédit: autoriser les chasseurs à tuer un loup lors de leurs battues habituelles aux gibiers dans trois départements de Paca. Or, saisis par des associations écologistes, plusieurs tribunaux ont  suspendu les arrêtés au motif que ces battues n'étaient pas assez encadrées.

"Aujourd'hui, nous avons de nouveaux arrêtés avec un encadrement de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONFC) beaucoup plus important. Ces arrêtés devraient être solides et nous permettre d'atteindre des objectifs", a assuré M. Martin.

 

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