Un calcul de coût de production des élevages laitiers qui prend en compte travail et capital

Nicole Bossis, Institut de l'élevage. La Chèvre septembre-octobre 2011

Un calcul de coût de production des élevages laitiers qui prend en compte travail et capital
L'outil de diagnostic doit permettre de définir les leviers d'amélioration.

L’Institut de l’élevage propose une nouvelle méthode de calcul qui intègre, dans le coût de revient, la rémunération du travail des exploitants.

La nouvelle méthode de calcul des coûts de production intègre le travail de l’exploitant (1,5 smic) et la rémunération du capital. Ramené au litre de lait, le coût de production peut alors être immédiatement comparé au prix du lait.

Trois types de charges sont distingués dans le calcul du coût de production : les charges courantes, les amortissements et les charges supplétives. Ces charges supplétives sont le fruit d’un calcul visant à rémunérer les facteurs de production que l’exploitant met à disposition de son entreprise à savoir les terres en propriété, les capitaux propres et le travail que les exploitants consacrent à l’atelier. Le travail est rémunéré sur une base forfaitaire de 1,5 smic brut par unité de main-d’œuvre.

Une autre spécificité du calcul est la façon de prendre en compte le coût des céréales autoconsommées. Il est évalué sur la base de leur coût réel de production en intégrant les charges opérationnelles mises en œuvre pour produire. La ventilation des charges fixes entre atelier repose sur l’utilisation de clés de répartition combinant des unités physiques (UGB et hectare) et des coefficients de pondération. Ces coefficients ont été établis par traitement statistique de la base des Réseaux d’élevage 2007 et 2008.

Le coût de production de l’atelier est le résultat d’une approche comptable de l’exploitation qui permet de mesurer ce que coûte l’activité caprine indépendamment du niveau d’autofinancement ou de propriété des moyens de production. On utilise le prix de revient comme indicateur. Ce prix mesure, compte tenu du montant déjà couvert par les aides et par les autres produits, le prix auquel le lait devrait être vendu pour rémunérer à un niveau donné la main-d’œuvre « exploitants » consacrée à l’atelier caprin.

Se comparer plus facilement

Le principal intérêt d’un indicateur coût de production, c’est de pouvoir comparer sa valeur entre exploitation, types de systèmes, régions voire pays, ce qui suppose d’adopter les mêmes règles de calcul. Cet indicateur a aussi l’avantage de permettre une représentation simple des résultats économiques de l’atelier, dans laquelle charges et produits s’expriment dans la même unité et sont directement comparables. Il permet aussi de se situer poste par poste par rapport à un autre groupe.

Mais le coût de production ne suffit pas pour apprécier les performances économiques des exploitations. Un coût de production faible n’est pas toujours synonyme d’une bonne santé économique des exploitations. Dans des exploitations diversifiées, les interactions entre ateliers sont également difficiles à prendre en compte.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires