Un coût de production de 794 euros par 1000 litres de lait en 2009

Nicole Bossis, Institut de l’élevage.

Eleveur et chèvres en salle de traite.
Dans les exploitations de plaine, la rémunération du travail non salarié est plus élevée dans les élevages de moins de 150 000 litres que dans ceux de plus de 250 000 litres. (D. Hardy)

En prenant en compte la rémunération du travail et du capital, l’Institut de l’élevage a montré qu’il a coûté en moyenne 794 euros pour produire mille litres de lait en 2009. En 2011, les coûts seront plus importants.

Un coût de production de 794 euros par 1000 litres de lait en 2009

Quel que soit le contexte, la maîtrise des coûts de production est un enjeu important dans les exploitations caprines. La nouvelle flambée du prix des intrants, le changement de conjoncture avec un prix du lait à la baisse et la mise en place d’une maîtrise de la production montre l’intérêt de disposer d’outils pour diagnostiquer rapidement les impacts sur le revenu des éleveurs laitiers et définir les leviers d’amélioration. Pour cela, l’Institut de l’élevage a élaboré une nouvelle méthode de calcul commune à toutes les filières des ruminants qui prend en compte toutes les charges de l’élevage, y compris la rémunération du travail et du capital.

Un coût de production de 794 euros par 1000 litres de lait en 2009

L’alimentation pèse lourd

Le coût de production a été calculé dans les 90 exploitations laitières caprines des Réseaux d’élevage suivies au titre du Socle national caprins. En matière de revenu, 2009 a été une bonne année grâce à des fourrages de qualité, un prix des aliments à la baisse et la poursuite de la hausse du prix du lait.

Le coût de production d’un litre de lait de chèvre atteint en moyenne 794 €/1 000 litres de produit dégagé par l’atelier. Si l’on raisonne hors rémunération du travail des exploitants, le coût de production atteint en moyenne 577 €/1000 litres. Compte tenu du produit dégagé par l’atelier, la rémunération du travail permise en moyenne par le produit s’élève à 156 €/1000 litres, soit environ 1,6 fois le smic.

Un coût de production de 794 euros par 1000 litres de lait en 2009

Le Sud-Est tire la langue

La structure moyenne du coût de production hors rémunération de la main-d’œuvre non salariée montre que près de 40 % de ce coût est lié aux charges d’alimentation (achats de fourrages et de concentrés + charges liées aux surfaces dédiées aux fourrages ou aux céréales intraconsommées). Si on y ajoute les charges de mécanisation, on arrive presque à 60 %.

Les résultats moyens obtenus par le groupe « Spécialisé Troupeaux Sud-Est » sont très différents de ceux obtenus par les autres systèmes. Ces élevages, tous situés en zone de montagne ont le coût de production le plus élevé (1039 €/1000 litres) et ne se rémunèrent que 0,4 smic par unité de main-d’œuvre (UMO). Le plus faible litrage par chèvre et donc le moindre litrage par UMO et des charges de structure plus élevées (70 à 100 € de plus par chèvre) expliquent ce résultat. Dans ces exploitations, il faudrait un lait vendu à 920 € par 1000 litres pour dégager 1,5 smic par UMO exploitants !

A l’inverse, le groupe « laitiers et cultures de vente » est le mieux positionné avec le plus faible coût de production. Il se rémunère à 2 smic. L’analyse du coût de production montre que ce groupe combine forte productivité du travail et faible coût alimentaire (autoconsommation des céréales et terres à bon potentiel).

Le coût de production diminue avec le litrage

Une analyse restreinte aux élevages de plaine montre que le coût de production a tendance à diminuer lorsque le litrage augmente. Les élevages à moins de 150 000 litres ont un coût de production supérieur de 123 € à ceux dont le quota dépasse 250 000 litres.

Cet écart se réduit voire s’inverse lorsque l’on raisonne hors rémunération du travail des exploitants. La dilution des charges de structure

(- 36 €/1 000 litres) permise par une plus grande dimension laitière est « mangée » par des charges opérationnelles plus importantes (+ 42 €/1000 litres). Le produit de l’atelier, rapporté au volume de lait commercialisé, a aussi tendance à diminuer lorsque le quota augmente. En conséquence, la rémunération du travail non salarié est finalement plus élevée dans les élevages de moins de 150 000 litres que dans les élevages de plus de 250 000 litres.

Sombre perspective en 2011

L’année 2011 est bien différente avec une conjoncture caprine morose, un prix du lait orienté à la baisse, la flambée des prix des matières premières et la sécheresse. D’après une première estimation réalisée début 2011, le coût total de production augmente de 28 à 49 €/1 000 litres suivant les systèmes, soit entre plus 4 et plus 5 %. Ce qui représente un manque à gagner moyen allant de 5 300 à 12 200 € par exploitation. La hausse du prix des aliments achetés impacte fortement l’augmentation du coût de production, elle représente entre 56 et 73 % du surcoût calculé.

La prise en compte des conséquences de la sécheresse avec la poursuite de la hausse du prix des aliments et les achats supplémentaires de fourrages amène à revoir ces chiffres à la hausse. Le coût de production augmenterait de 104 à 129 €/1000 litres, soit entre plus 11 % et plus 19 %, ce qui veut dire des revenus fortement impactés.

Source La Chèvre septembre-octobre 2011

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