Une nécessaire maîtrise des volumes de produits alimentaires AOP

Damien Hardy - Réussir La Chèvre Novembre-Décembre 2011

Dominique Chambon, président du Cnaol. © D. Hardy
« Nous continuerons à nous battre pour pouvoir obtenir de l’Europe un cadre qui permette de préserver et développer nos fromages porteurs de tradition et garants de cette diversité qui fait la richesse de nos cultures. »

Lors de son assemblée générale, en septembre 2011, le Cnaol a réaffirmé sa volonté de pouvoir créer des systèmes de régulation des volumes, localisés et adaptés à chaque terroir. L’idée est de pouvoir éviter les crises de surproduction qui désorganisent la répartition de la valeur ajoutée dans la filière, bien souvent au détriment du producteur.

Mais l’Europe ne l’entend pas de cette oreille car en permettant une régulation des volumes, on attaquerait les sacro-saintes règles de la concurrence chères au pays d’Europe du Nord. Et ces pays se sont pour l’instant opposés à toutes modifications moins libérales des Paquets Lait et Qualité.

Patrimoine, tradition et biodiversité

Pourtant, « les AOP fromagères ne représentent que 8 % des fromages à l’échelle européenne », défend Dominique Chambon, producteur de rocamadours et président du Cnaol. « Cette niche composée de plus de 150 produits ne risque en rien de déstabiliser les marchés. Les risques sont inexistants pour le citoyen européen et les bénéfices sont immenses. » « Les appellations d’origine permettent le développement de l’économie dans les zones sensibles », réaffirme le président en rappelant que l’on compte 2,8 fois plus d’emplois directs par litre de lait traité en AOP. « En plus, les filières AOP assurent la conservation d’un patrimoine extraordinaire porteur de tradition et de biodiversité. »

Contourner les autorités de concurrence

En attendant de faire progressivement évoluer les mentalités européennes par un important travail de lobbying, les appellations tentent du mieux qu’elles peuvent d’adapter l’offre à la demande. Exemple avec le reblochon qui a vu ses ventes s’effondrer en une décennie passant de 17 000 tonnes en 2000 à 14 500 tonnes en 2010. Désormais, l’organisme de gestion de l’appellation tente de réguler l’offre en vendant les plaques de caséines plus chères au printemps, quand la consommation diminue fortement. Idem pour le comté qui a dû contourner les autorités de la concurrence par un système de régulation complexe pour ne pas noyer le marché tout en laissant le libre accès à tout nouvel opérateur.

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