Vaccination contre la FCO : Gratuite mais obligatoire

Laurence Geffroy

Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, a profité du Sommet de l'élevage pour annoncer la prise en charge financière par l'État de la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine.

La vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) reste obligatoire en 2010, mais elle sera prise en charge par l'État. La campagne doit démarrer en novembre pour se terminer le 30 mars. Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, a annoncé sa gratuité pour tous les éleveurs concernés l'an prochain, à l'occasion de sa visite au Sommet de l'élevage, le 7 octobre. « J'ai décidé que sur la base des textes réglementaires qui existent, la vaccination serait réalisée par des vétérinaires mais qu'elle serait totalement gratuite pour tous les éleveurs. L'intégralité du coût de la vaccination qui représente 98 millions d'euros, serait pris entièrement à la charge de l'État. » Ceci afin de garantir la sécurité sanitaire et l'intérêt à l'exportation sur le maintien des cours. Une décision qui satisfait Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine : « Nous avions demandé la prise en charge totale de l'acte vétérinaire, car il faut vacciner ».
En ce qui concerne les modalités pratiques de la campagne, GDS France regrette que sa proposition en faveur de la « possibilité pour les éleveurs de vacciner eux-mêmes » n'ait pas été retenue.

La vaccination restera un acte vétérinaire pour la campagne 2010, mais elle sera prise en charge par l'État. La campagne démarre dès novembre pour être close le 30 mars 2010. (S. Leitenberger)

La vaccination restera un acte vétérinaire pour la campagne 2010, mais elle sera prise en charge par l'État. La campagne démarre dès novembre pour être close le 30 mars 2010. (S. Leitenberger)

États généraux du sanitaire

Cette proposition aurait présenté le double avantage d'une meilleure acceptabilité de la vaccination pour les éleveurs et d'un moindre coût pour la collectivité. « Dans la situation dramatique que connaît l'élevage et notamment les productions sensibles à la FCO, cet engagement est la condition indispensable, mais non suffisante en elle-même, à l'acceptation par les éleveurs de l'obligation de vaccination. Ceux-ci n'auraient de toute façon pas les moyens financiers d'y faire face », explique Marc Gayet, président de GDS France.
Bruno Le Maire a confirmé que la vaccination restera un acte vétérinaire, en raison « d'enjeux économiques considérables », une décision prise avec concertation de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Cependant, il a aussi annoncé que des États généraux du sanitaire se tiendront en janvier prochain et pourraient être l'occasion de rediscuter de la possibilité de laisser les éleveurs vacciner leurs bêtes lors de prochaines campagnes.

« Nous sommes à un tournant sanitaire qui dépasse largement la FCO. Nous devons tirer parti des avancées technologiques et scientifiques pour revoir notre organisation sanitaire et mieux maîtriser l'émergence et la diffusion des maladies. Dans ce cadre, je souhaite que de nouvelles responsabilités soient déléguées aux éleveurs, comme la réalisation de la vaccination. Nous sommes prêts à faire évoluer notre organisation sanitaire. » Selon le site fcoinfo.fr, le virus de sérotype 8 a touché 30 728 élevages entre le 1er mai 2008 et le 6 octobre 2009 et le virus de sérotype 1 a touché 8253 élevages entre ces mêmes dates. Le sérotype 1 concerne à ce jour le Portugal, l'Espagne et la France. Sur le pourtour méditerranéen, des foyers ont toutefois été notifiés à la fois en Algérie et au Maroc.

Source Réussir Pâtre Novembre 2009

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