Vente d'ovins : Les marchés de bétail vif, un outil qui se modernise

Laurence Geffroy

Modernité et convivialité étaient les mots d'ordre de l'assemblée générale de la fédération des marchés de bétail vif, qui s'est déroulée à Cholet début mai.

Les marchés aux bestiaux ont traversé l'histoire. Parfois décriés, ils ont montré qu'ils ont encore un rôle économique à jouer. Une table ronde organisée par la fédération des marchés de bétail vif (FMBV), présidée par un éleveur ovin de la Vienne depuis vingt ans, Gilles Rousseau a montré que ces lieux de vie créés au XIXe siècle sont toujours indispensables pour la confrontation de l'offre et la demande, grâce à la concentration de l'offre.
C'est un lieu de référence sur la première mise en marché et un indicateur des prix avec des outils de cotations nationales et régionales. L'expression de la concurrence y est immédiate. « Les marchés ont de nombreux atouts car ils confrontent directement le vendeur et l'acheteur afin de valoriser au mieux les animaux, explique Gilles Rousseau, tout produit y trouve en général un preneur. »
Par exemple, dans le secteur ovin, la sortie des agneaux Lacaune est un bon indicateur de prix pour la filière. « Et sur les marchés de gros, avec une forte présence étrangère au MIN de Rungis, on a pu constater qu'il y avait moins de viande ovine en provenance de Nouvelle-Zélande cette année », constate Yves Tregaro, de FranceAgriMer. Mais à l'heure de la contractualisation et des flux directs, la baisse des volumes réduit tout de même la représentativité des marchés physiques.

Le marché au cadran de Moulins-Engilbert, dans la Nièvre, a permis la vente de 23 240 ovins en 2010. La garantie du paiement à l'éleveur en moins d'une semaine explique son succès. (L. Geffroy)

Le marché au cadran de Moulins-Engilbert, dans la Nièvre, a permis la vente de 23 240 ovins en 2010. La garantie du paiement à l'éleveur en moins d'une semaine explique son succès. (L. Geffroy)

Réussir le virage technologique

On s'éloigne de l'apogée des années 80 car depuis, le monde économique est en perpétuel mouvement, avec une plus libre circulation des marchandises. Pour les acteurs des marchés, il faut aujourd'hui réussir le virage technologique et l'informatisation pour avoir une information disponible, claire et fiable.
Bien que minoritaires par rapport au gré à gré, les marchés aux cadrans ont le vent en poupe, avec plusieurs projets de création sur le territoire national, dont un aux Hérolles, marché présidé par Gilles Rousseau dans le sud de la Vienne. Le plus important en activité est celui de Moulins-Engilbert, dans la Nièvre. Ces systèmes relativement « jeunes », lancés il y a 40 ans par les éleveurs, ont rejoint il y a quelques années la fédération. À la différence du gré à gré, l'offre est connue quelques jours avant. La vente est anonyme, tout est verbalisé par le chef des ventes par numéro de lot et numéro de pupitre. Les enchères sont progressives. Sur ces marchés, il faut souligner le faible taux d'invendus, il est de 3 % en ovins. « C'est l'outil des éleveurs et ils le font fonctionner », note Bernard Gauthier, président des marchés au cadran. Le paiement est sécurisé : l'acheteur règle à quinze jours, l'éleveur est réglé le vendredi de la même semaine.

Pas assez de jeunes

Autre préoccupation de la FMBV, l'aspect aménagement du territoire et animation rurale. « Beaucoup de gens viennent sur les marchés, c'est donc une vitrine, un lieu de rencontres et d'échanges », note Gilles Rousseau, qui regrette que l'enseignement agricole en soit détaché, qu'il n'y ait pas assez de visites de jeunes. « Quand je suis arrivé il y a 20 ans, on m'a dit que les marchés physiques allaient disparaître, mais je constate qu'on survit bien. Tant qu'on aura la volonté de s'adapter, de coller au terrain, avec l'informatique… C'est à nous de nous battre, d'apporter des idées nouvelles. Par exemple, trouver des moyens de sécurisation des paiements, apporter plus de services », pense Gilles Rousseau. Le président a aussi rappelé les deux dossiers qui ont préoccupé la FMBV en 2010 et qui concernait particulièrement les ovins : la contractualisation et l'identification électronique, peu adaptés aux marchés de gré à gré. « Pour les contrats, nous avons trouvé un accord mais nous avons dû prendre un avocat, ça n'a pas été simple. (…) Et pour lire les boucles, il va falloir investir dans un équipement de 15 000 euros qui servira une fois par semaine. »

Source Réussir Pâtre Juin-Juillet 2011

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