Aliments santé : Les porcs peuvent valoriser de nouvelles matières premières, co-produits de biocarburants

Claudine Gérard

Terminés ces classiques essais visant à comparer les céréales entre elles, à déterminer le profil idéal d'un aliment pour porcs qui maximise les performances, à fignoler les équilibres nutritionnels qui apporteront les meilleurs indices et croissances. La recherche semble aujourd'hui concentrée sur la possibilité qu'ont les porcs à valoriser les co-produits des matières premières énergétiques. Certes, le contexte des céréales s'y prête. Mais les chercheurs n'ont pas attendu la flambée (non programmée) des céréales pour se pencher sur ces matières premières potentielles que sont les co-produits issus des filières de bio-carburants : tourteaux de colza, drèches de blé éthanol, essentiellement, sont les principales sources disponibles en remplacement de points de blé, de soja, et autres tourteaux dans les formules.

Les essais présentés nous laissent optimistes. Contrairement à celles des années 80-90, les variétés de colza aujourd'hui cultivées, autorisent des taux d'incorporation des tourteaux à des niveaux conséquents, de 10 à 20 % selon l'animal. En retenant un taux moyen d'incorporation de 10 % dans tous les aliments pour porcs (truies comprises), la demande en tourteau de colza pour la filière porcine serait, selon Michel Etienne, chercheur à l'Inra, de 900 000 tonnes par an, soit environ 1/3 de la production de 2007. Or, selon les chercheurs de l'Inra (1), l'augmentation de la production de biodiesel en France devrait conduire à un doublement de la quantité de tourteau de colza disponible pour l'alimentation animale entre 2006 et 2010.
De même, les drèches de blé issues de la production d'éthanol devraient, théoriquement, être disponibles en quantités croissantes. Même si chacun s'accorde sur le fait que leur composition dépendra beaucoup des sites de production, un premier essai d'incorporation dans l'aliment pour porcs charcutiers laisse à penser que des taux d'incorporation de 10 à 20 % dans l'aliment pour porcs en croissance-finition peuvent être proposés.

 

Et toujours ces oméga 3…

À côté de ces nouvelles matières premières potentielles issues des biocarburants, d'autres, tout aussi « insolites », pourraient devenir disponibles pour l'alimentation des porcs. Même si ce n'est pas une nouveauté, la graine de lin continue à susciter des recherches pour connaître l'intérêt de son tourteau, issu de la trituration des graines à des fins industrielles (peintures, savons, linoleum…) ou de son huile, riche en omégas 3. Beaucoup plus original, le chanvre deviendrait aussi une source potentielle d'huile pour nos porcs. Sa culture, en plein boom pour fournir des matériaux de construction isolants, pourrait aussi générer des graines et de l'huile, elle aussi bien pourvue en omega 3. Bref, des recherches qui auraient pu passer il y a tout juste quelques années, pour des recherches exotiques, voire rétrogrades, s'avèrent, dans le contexte actuel plutôt « branchées » !

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de mars 2008 réalisé à partir des communications des Journées de la recherche porcine qui se sont déroulées les 5 et 6 février 2008 à l'Inra de Rennes. « La recherche anticipe la demande sociétale », Réussir Porcs n°147, p. 18 à 31.


(1) Nathalie Quiniou, JRP 2008, p. 40.

Source Réussir Porcs Mars 2008

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