Association Cap Bretagne : La profession présente son « plan anti algues vertes »

Paul Jegat - Terra

A contre temps de la polémique sur les algues vertes et pour mieux y répondre sur le fond, la profession agricole bretonne fédérée autour d'une nouvelle association Cap Bretagne(1) a livré le plan de bataille qu'elle souhaiterait voir mis en oeuvre. « On a voulu stigmatiser ! Nous, on veut comprendre et agir. Pas subir », insistait André Sergent, éleveur de vaches laitières et de porcs au Cap Sizun (29) avant de présenter au côté de Yves-Marie Beaudet (producteur d'oeufs), Danielle Even (éleveuse de porcs) et Didier Yon (éleveur de bovins), la stratégie imaginée par le comité.
Sur le bassin versant de la Lieue des Grèves, comptant 170 exploitations, essentiellement orientées lait et bovins sur une SAU à 50 % en herbe, les actions envisagées consisteraient en un développement poussé de systèmes encore plus herbagés, impliquant une nouvelle gestion des fourrages et une gestion plus appropriée du foncier.

Dans le même temps, ce bassin versant servirait de socle à une démarche de modélisation des systèmes d'exploitation, via une douzaine de fermes pilote en lien avec l'Inra. Sur le bassin versant de la baie de Saint-Brieuc (et ses cinq sous-bassins) comptant 1900 exploitations aux caractéristiques très variées, l'accent serait davantage mis sur l'accentuation des pratiques agronomiques, avec un suivi transparent mais volontaire des apports fertilisants. En parallèle, l'orientation vers des cultures pérennes serait encouragée, y compris pour alimenter en biomasse une vingtaine de stations de méthanisation, approvisionnées aussi par de la matière organique issue du ramassage des algues. On l'aura compris, ce plan d'action limité dans l'espace aux deux bassins versants jugés susceptibles d'expérimentation par le Premier ministre, lors de sa venue à l'automne, aura un premier mérite, celui d'exister enfin comme une réponse agricole précise aux accusations dont la profession est l'objet. Reste à la voir concrétisée par un accompagnement public. Car ce plan aura un coût, évalué à 60 millions d'euros sur cinq ans.

(1) Cap Bretagne fédère le syndicalisme FDSEA et JA, les organisations économiques à travers l'Union des groupements (UGPVB) et Coop de France Ouest, et le consulaire avec la chambre régionale d'agriculture.

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2010

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