Aux Pays-Bas, l’homogénéité des porcelets est essentielle

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Février 2013

Aux Pays-Bas, l’homogénéité des porcelets est essentielle
Dans les gros élevages naisseurs du sud des Pays-Bas, l’homogénéité des porcelets est un critère important. Au même titre que la facilité de conduite des truies qui permet de minimiser la main-d’œuvre. © D. Poilvet

La spécialisation des éleveurs hollandais dans l’activité naissage leur impose de produire des porcelets de qualité pour pouvoir les exporter. Pour cela, le choix génétique devient essentiel.

Pour cet éleveur à la tête d’un élevage naisseur 25 kg de 1800 truies du sud des Pays-Bas, l’homogénéité des porcelets à la naissance est un critère technique essentiel. Toutes les semaines, des lots de 800 à 1000 porcelets de 25 kilos partent se faire engraisser en Hongrie ou en Croatie. Le tri est sévère, et les animaux trop légers sont gardés dans un engraissement de 1500 places appartenant à l’éleveur, qui admet ne pas en tirer des bénéfices importants. « J’ai choisi il y a trois ans la truie Libra d’Hypor pour améliorer ce critère d’homogénéité », affirme-t-il. Selon lui, le pourcentage de porcelets dont le poids est inférieur à 1000 grammes est descendu à 9 %, contre 30 à 40 % avec son ancienne génétique. Le taux de pertes s’en est également ressenti. Il se situe aujourd’hui à 10 % sur les nés vifs.
Après la mise bas, les truies sont notées de 1 à 3 selon l’homogénéité de leur portée. Pour l’éleveur, c’est un critère de réforme important. Il arrive juste après la prolificité, qui est d’un très bon niveau. Les truies sèvrent 11,9 porcelets par portée, grâce à un taux de pertes sur nés totaux et sur nés vifs très bas. Le choix du verrat est également déterminant pour minimiser ce critère. Selon lui, le passage du Duroc danois au Maxter d’Hypor a fait baisser le nombre de mort-nés de 0,3 par portée.

L’hétérogénéité des portées, second critère de réforme des truies

Dans cet élevage, la gestion alimentaire des truies tient une place importante, tant pour limiter la charge alimentaire qui a fortement augmenté, comme en France, que pour gérer au mieux l’état d’engraissement des truies. L’objectif d’épaisseur de lard dorsal varie de 13 mm au sevrage à 18 mm à l’entrée en maternité. La date du sevrage varie selon l’état d’engraissement de la truie. Si l’ELD mesuré à trois semaines de lactation est inférieur à 12 mm, les porcelets sont immédiatement sevrés. Sinon, ils restent une semaine de plus sous la mère pour gagner du poids au sevrage. Les rations de gestation sont déterminées après les IA. L’éleveur constitue trois courbes de rationnement en fonction de l’état d’engraissement des animaux, qui forment une courbe classique en U. L’objectif est de gagner entre 1,5 et 2 mm d’épaisseur de lard après quatre semaines de gestation.

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En fin de maternité et en post-sevrage, les porcelets sont alimentés avec un aliment de type « préstarter » à base de plasma, un produit dérivé du sang très riche en protéines et très digestible. Ils en consomment un kilo avant de passer à un aliment 1er âge light dont ils consomment trois kilos. L’aliment ne contient pas d’antibiotique et l’éleveur n’utilise pas d’oxyde de zinc, interdit dans le pays. Cependant, l’eau est acidifiée à un pH de 4 pendant trois jours par semaine, ce qui permet de contenir à la fois les problèmes digestifs et les méningites à streptocoques. En post-sevrage aussi, les objectifs techniques sont ambitieux. L’éleveur se fixe une consommation de 24 kilos d’aliment pour un poids vif à la vente de 25 kilos. Ce qui équivaut à un indice de consommation de 1,4 en post-sevrage.
La rentabilité de l’élevage dépend aussi beaucoup de la charge en main-d’œuvre qu’il cherche à baisser le plus possible, en minimisant les interventions sur truies. Ils sont quatre UTH, éleveur inclus, à gérer la totalité de l’élevage.
Grâce à cette charge en main-d’œuvre très basse et des performances techniques de haut niveau, l’éleveur produit ses porcelets à un coût de revient de 45 euros, malgré une charge de 11 euros par porcelet lié à l’exportation du lisier. Son prix de vente actuel est de 57,50 euros l’unité. Même s’il n’a pas toujours été à ce niveau ces dernières années, le revenu dégagé par les 1800 truies de l’élevage est confortable, à tel point que l’éleveur envisage de passer à 4000 truies dès qu’il disposera de nouveaux quotas de production.
Cet élevage a été visité en Décembre 2012 dans la cadre d’un voyage organisé par Hypor aux Pays-Bas avec le groupe jeune Porélia.

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1584

les porcelets qui ressemblent à un cheval sont envoyés à l'abattoir devinez où

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