Bilan d'une année de crise : L'UGPVB dénonce la concurrence déloyale de l'Allemagne

Claudine Gérard

Au cours de l'assemblée générale de l'UGPVB (1), Michel Bloc'h, président, s'est élevé contre les multiples distorsions de concurrence dont se sentent victimes les éleveurs français, en particulier par rapport à leurs voisins allemands.

« Notre devoir est d'alerter les responsables politiques sur les distorsions de concurrence dont souffre la filière porcine française », lance Michel Bloc'h au cours de sa première assemblée générale en tant que président de l'UGPVB. Et tout particulièrement sur le cas de l'Allemagne dont le secteur de l'abattage bénéficie de conditions exceptionnelles en terme de salaires minimums. La réglementation allemande autorise en effet le pays à payer des salariés originaires d'Europe de l'Est au tarif de leur pays d'origine. Résultat, un salaire horaire minimum de 7,50 € chez WestFleisch, abatteur majeur en Allemagne. Johann Schlederer, représentant des éleveurs de porcs autrichiens est venu à l'assemblée générale de l'UGPVB pour témoigner des mêmes difficultés qu'il rencontre : avec un salaire horaire minimum de 21 €/h dans les abattoirs autrichiens, impossible pour la filière d'être compétitive. En France, cet écart de salaire représente, selon la profession, un différentiel de 5 € par porc abattu. « Pour un abattoir français qui abat 1 million de porcs par an, cela représente donc 5 millions d'euros ! Toute la filière a aujourd'hui pris conscience de ce problème de coûts que nous dénonçons depuis longtemps. »

Michel Bloc'h : « Non à une Europe passoire pour les moins disant sur l'environnement et le sanitaire. » (C. G.)

Michel Bloc'h : « Non à une Europe passoire pour les moins disant sur l'environnement et le sanitaire. » (C. G.)

Autre motif d'inquiétude des producteurs, la pagaille sur le plan européen : normes environnementales, délais d'instruction des dossiers, transport, fiscalité, etc. « Devons-nous nous résigner à voir nos activités, nos filières, nos emplois remis en cause par des bassins de production bénéficiant d'avantages concurrentiels, protégés par leurs États, et sur lesquels nos décideurs ferment les yeux ? Non ! », proteste Michel Bloc'h qui a « l'impression de râbacher et de parler dans le vide » lorsqu'il s'adresse aux politiques, aux différents ministères, aux offices, aux administrations centrales…
Enfin, parmi les préoccupations de la filière, Michel Bloc'h souligne évidemment le problème des cours, suggérant de revoir les règles de fonctionnement du MPB face à la diminution du nombre d'acheteurs, mais n'obtient pas d'écho de la part de ceux-ci. Il s'inquiète en outre du vieillissement du parc de bâtiments et des difficultés à venir pour installer des jeunes. Et face à l'importance des fonds nécessaires à l'installation, il estime que l'entrée de capitaux extérieurs doit être sérieusement étudiée pour les années à venir.

(1) qui a eu lieu près de Rennes le 4 décembre dernier

Source Réussir Porcs Janvier 2010

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