Circovirus : Trois protocoles de vaccination comparés en Pologne

Claudine Gérard

Zygmunt Pejsak, vétérinaire polonais(1) a testé avec succès trois programmes vaccinaux contre le circovirus dans un élevage naisseur-engraisseur de 2550 truies : vaccination des truies seules, des porcelets seuls, et des truies et porcelets.

Il en conclut que tous ces protocoles conduisent à une nette amélioration des performances, qui sont même pour certaines supérieures à ce qu'elles étaient avant l'apparition de la maladie liée au circovirus.

Dans cet élevage, cette maladie s'est réellement déclarée en novembre 2007, avec les classiques signes cliniques sur les porcelets : amaigrissement, anémie, troubles respiratoires, et mortalité des porcelets de la naissance à l'abattage variant de 17 % à 29 %. Le diagnostic du circovirus a été confirmé par le laboratoire.

Il entreprend donc de mettre en place un protocole en trois phases :
- de décembre 2007 à février 2008 : vaccination des truies seules (6 bandes, 636 truies 6 838 porcelets), injection de Circovac 6 et 2 semaines avant mise bas, 2 ml ;
- de février à mars 208 : vaccination des porcelets seuls (6 bandes, 653 truies, 7178 porcelets), vaccination au sevrage à 4 semaines, 0,5 ml ;
- de mars à avril 2008, vaccination des truies et des porcelets (6 bandes, 608 truies, 6 058 porcelets), même protocole que les deux groupes précédents, sauf l'âge à la vaccination des porcelets à 7 semaines.

Réduction de la mortalité

Premier constat, les trois protocoles vaccinaux se traduisent par une réduction significative de la mortalité des porcelets qui passe de 29 % à 15-16 % « avec un effet jusqu'à la fin de l'engraissement ».

Deuxième constat, les croissances augmentent significativement, s'avèrent supérieures à celles qui étaient avant l'apparition de la MAP, avec un léger avantage pour le protocole incluant la vaccination des truies et des porcelets. De même, l'indice de consommation retrouve un niveau encore meilleur qu'avant l'apparition de la maladie, et nettement inférieur à celui enregistré au plus fort des problèmes.

Il conclut que les trois programmes vaccinaux fonctionnent, avec un léger avantage pour celui qui combine la vaccination des truies et des porcelets. Mais il s'interroge si ceci n'est pas dû au fait que, ce protocole ayant été testé en dernier, la pression infectieuse de l'élevage a sans doute été réduite au fil du temps grâce à la vaccination. Et il ajoute que, constatant que les performances des animaux vaccinés, quel que soit le protocole, étaient meilleures qu'avant l'apparition « déclarée » de la MAP, celle-ci était peut-être présente sous forme subclinique avant ce mois de novembre 2007.

 

(1) Chef du département des maladies porcines, National Veterinary Research Institute (NRVI), Pologne

Source Réussir Porcs Mai 2009

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