Construire ou rénover, un investissement gagnant, selon une étude menée par Capig

Claudine Gérard - Réussir Porcs Juillet-Août 2012

Construire ou rénover,  un investissement gagnant, selon une étude menée par Capig
Les résultats présentés au forum Capig montrent que les meilleurs retours sur investissement sont obtenus lorsque la chaîne entière de PS et d’engraissement a pu être refaite. © C. Gérard

Dans 17 élevages ayant construit ou rénové leurs bâtiments de PS ou d’engraissement suivis par Capig, l’amélioration des croissances et indices couvre à elle seule près de 60 % de l’investissement.

Une étude portant sur 17 élevages

L’étude réalisée par Capig porte sur 17 élevages ayant réalisé des travaux de construction ou de rénovation depuis 2007 et disposant d’une GTE permettant de chiffrer les performances (GMQ et IC) avant et après travaux. Parmi ces 17, 5 ont rénové et 12 ont construit. En moyenne, pour 192 truies, l’investissement s’est établi à 344 000 €. Les élevages ayant rénové ont investi en moyenne pour 847 places, soit 40 % des places totales, un montant de 294 €/place. Pour ceux qui ont construit lors d’agrandissement, la moyenne est de 1 086 places, soit 50 % des places totales, pour un montant moyen de 436 €/place.

En moyenne, les 17 élevages qui ont rénové ou construit de nouveaux bâtiments ont vu leur GMQ sevrage vente amélioré de + 15 g/j et leur IC baisser de - 0,12. C’est le résultat de l’enquête Capig présentée au dernier forum qui s’est tenu à Ploufragan le 25 mai dernier. Plus en détail, Michel Chiffoleau, technicien Cavac, montre que les progrès sont particulièrement significatifs dans les élevages ayant pu construire une chaîne neuve de bâtiments, puisque les GMQ « avant » et « après » ont progressé de + 30 g/j.
 Pierrick Leray, technicien Agrial, en a chiffré le retour sur investissement. Il calcule que l’amélioration du GMQ de + 15 g/j permet une amélioration de + 1,86 kg de poids de carcasse. Soit, avec une charge alimentaire de + 1,36 €, un gain net de 1,11 €/porc pour ce seul critère de GMQ. Quant à l’amélioration de l’IC, elle est évidemment d’autant plus payante que la conjoncture du prix de l’aliment est tendue. Ainsi, sur la base de la conjoncture moyenne des cinq dernières années, l’amélioration de l’IC et du GMQ conduisent à un gain net de 3,90 €/porc. Mais ce gain passe à 4,40 €/porc avec la conjoncture actuelle. Parallèlement, il calcule qu’avec un coût moyen de 219 € la place de PS et 358 € la place d’engraissement, et un emprunt à 4 % sur 15 ans, la charge de construction atteint 7 €/porc. « L’amélioration de l’indice de la croissance couvre donc environ 58 % de la charge nouvelle », calcule-t-il. « Mais il faut ajouter à ces deux seuls critères les bénéfices annexes liés la remise en état des bâtiments. » À savoir le bénéfice sanitaire, l’homogénéité des animaux, critères non chiffrés dans cette enquête, mais aussi l’amélioration des conditions de travail. Parmi les 17 éleveurs ayant participé à l’étude, 12 estiment avoir gagné du temps, et 16 se déclarent très satisfaits de leur investissement au regard de la surveillance des animaux, du nettoyage et du transfert. Les techniciens ont calculé que, dans ces élevages, le gain de temps est d’environ vingt minutes par jour, « y compris dans les élevages ayant augmenté leur cheptel ».

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Les atouts du raclage en V sur les performances et l’environnement

« Véritable révolution de ces dernières années en matière de croissance, d’hygiène, de sanitaire », selon Pascal Fourchon, le raclage en V a fait l’objet d’un focus spécifique au cours de ce forum. Aurore Lossouarn, ingénieur à la chambre d’agriculture, rapporte qu’à Guernevez, depuis la construction du bâtiment équipé du racleur en V, les croissances ont progressé de + 60 g/j et l’indice de consommation a baissé de - 0,2.
 De même, Emmanuel Goisbeault, éleveur à Genest Saint-Isle (Mayenne) est venu témoigner sur son expérience. Exproprié en 2011, il a adhéré à une maternité collective et a construit un atelier neuf de 448 places de PS et 1 296 places d’engraissement avec soupe et auges courtes, et raclage en V. Il calcule que l’excellent niveau de ses résultats techniques lui confère un avantage économique par rapport aux résultats moyens de l’Ifip de 30 000 euros par an, soit 7,80 €/porc.
 Plus en détail, cet avantage est la somme d’une économie d’aliment de 10 750 €
 (- 0,1 pt d’IC), d’un gain de poids apportant 6 225 €/an grâce au GMQ sevrage-vente (+ 52 g/j), et d’une plus-value améliorée de + 12 800 euros (61,34 de TMP, + 9 % de porcs dans la gamme et + 11,75 % dans le cœur de gamme par rapport aux résultats Uniporc). Ces témoignages permettent donc d’appréhender le retour sur investissement de cet équipement, chiffré par la chambre d’agriculture à 168 euros la place en moyenne. Sans oublier l’avantage du système en terme de gestion des excédents de phosphore à présent bien connus.
 « Entretenir, rénover, construire… à vous de choisir, dans tous les cas votre bâtiment vous le rendra bien », conclut Pascal Fourchon.

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