Crise porcine au Canada : Les producteurs québécois veulent revoir la mise en marché de leurs porcs

Dominique Poilvet

Début 2008, le porc québécois coûtait 150 $ canadiens à produire, alors que son prix de
vente n'était que de 107 $. Une partie du déficit est couvert par l'assurance-revenu mise en
place par les pouvoirs publics, mais elle n'est pas suffisante pour maintenir la compétitivité
des élevages. D'où la mise en place d'un plan de crise dont l'objectif est de réduire le
nombre de truies de 10 %. La conjoncture n'est pas favorable : comme en France, les
charges augmentent (prix de l'aliment, de l'énergie) et la MAP sévit en engraissement (10 %
de pertes en moyenne en 2006 !). « Mais les producteurs québécois perdent aussi des
parts de marché sur leur propre territoire, au profit des porcs US qui représentent
désormais entre 20 et 30 % des ventes », soulignait Denis Allaire, directeur général de la
Fédération des producteurs de porcs du Québec (FPPQ), lors de son intervention à l'AG
du MPB le 3 avril dernier. Pour lui, l'offre québécoise n'est plus adaptée aux souhaits des
consommateurs. « Plusieurs cahiers des charges ont été déposés par les abattoirs pour
établir un lien direct avec les producteurs, et non pour mettre en avant une démarche
qualité », regrette-t-il.

Denis Allaire, Fédération des producteurs de porcs du Québec. « L'objectif est d'obtenir une majorité de porcs certifiés « nature ». (D. Poilvet)

Denis Allaire, Fédération des producteurs de porcs du Québec. « L'objectif est d'obtenir une majorité de porcs certifiés « nature ». (D. Poilvet)

La FPPQ travaille aujourd'hui au développement de ce qu'ils appellent une nouvelle « vision
d'affaire ». Il s'agit avant tout de mettre collectivement en avant les aspects qualitatifs de la
production, avec pour objectif une meilleure plus value. L'offre serait segmentée en quatre
dénominations :
- Porc certifié « nature » sous certification reconnue, qui respecte toutes les
caractéristiques de qualité définies par les professionnels ;
- Porc certifié « environnement », pour ceux qui ne sont pas qualifiés dans la catégorie
précédente, mais qui garantissent des procédés d'élevage spécifiques et une gestion de
l'environnement ;
- Porc « conventionnel », qui s'adresse au segment de base, non qualifié dans les deux
premières catégories ;
- Porc de réforme et sous-produits.
« Aujourd'hui, les porcs sont vendus essentiellement sous la dénomination «
conventionnelle », alors que l'objectif serait d'obtenir une majorité de porcs certifiés « nature
», espère Denis Allaire. Une nécessité vitale pour la province francophone qui veut
augmenter ses exportations de 80 % dans les dix prochaines années, mais qui n'atteindra
ses objectifs que s'il est capable de protéger son propre marché intérieur.


Pièces jointes

Source Réussir Porcs Juin 2008

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