Crise porcine : le marché reprend à Plérin, les abattoirs veulent une refonte du fonctionnement

Crise porcine : le marché reprend à Plérin, les abattoirs veulent une refonte du fonctionnement

Le Marché du porc breton (MPB) a rouvert mardi sans ses deux plus gros acheteurs, Cooperl et Bigard, qui refusent de revenir tant que n'auront pas lieu des négociations pour revoir son fonctionnement.

"Nous ne reviendrons pas tant que les discussions au marché n'auront pas eu lieu et qu'on ne sera pas tombés (d')accord", a déclaré le président de la Cooperl Patrice Drillet, à l'issue d'une rencontre avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Bigard doit être reçu mercredi par le ministre. La cotation au marché du cadran, suspendue depuis le 10 août après le retrait de la Cooperl et de Bigard, a repris mardi peu avant 12H30, sans ces deux groupes, qui représentent environ 30% des achats. Le prix de référence national de la viande de porc est passé à 1,389 euro, sous la barre des 1,40 euro préconisé par le gouvernement, et 32% des cochons mis en vente sont restés invendus.
Le président de la Fédération nationale porcine Paul Auffray a exprimé sa  "satisfaction que le marché ait pu se dérouler" mais "une légère frustration quand même", car "les cours ont baissé". "Le fait de se retirer brutalement du marché n'était pas la solution qui était acceptable, dans la mesure où on a besoin de discuter, de voir quels sont les problèmes et de les traiter", a estimé M. Le Foll sur RTL mardi,
après la reprise de la cotation. "Se retirer du marché, pour nous, ce n'était pas une décision politique, c'était une décision économique", a rétorqué M. Drillet. Pour lui, le problème du prix de 1,40 euros le kilo c'est de rester "compétitif", quand "50% du marché de l'industrie agroalimentaire est exposé directement à nos compétiteurs européens", a-t-il expliqué.

Le fonctionnement "obsolète" du MPB

Même discours au syndicat national des industries de la viande (Sniv) dont est membre le groupe Bigard: le Sniv a dénoncé le fonctionnement "obsolète" du MPB et affirmé "qu'une cotation politique complètement décalée du prix européen constitu(ait) un désastre économique pour le secteur de  l'abattage-découpe et pour toute la filière". Selon le Sniv, il "n'y aura pas de salut pour (la) filière si on refuse de s'attaquer au problème de fond: la compétitivité". Les industriels ont demandé concrètement "un allègement exceptionnel des charges salariales", un "engagement gouvernemental" pour l'identification de l'origine de la viande et "un engagement de reprise des négociations pour une exportation de gras et  d'abats de porc (produits non soumis à l'embargo) vers la Fédération de Russie"

Au-delà de la reprise des échanges à Plérin, la question d'une réforme de la fixation des prix du porc est désormais officiellement posée. Pour Guillaume Roué de l'Inaporc (Interprofession nationale porcine), "un  certain nombre de discussions vont s'engager, dès la semaine prochaine, pour la mise en place d'une évolution du système de fixation du prix, notamment par l'adaptation partielle du fonctionnement du marché du porc breton". Le ministre a aussi insisté sur plusieurs points, nécessitant la mise en place d'une stratégie "sur la question des prix, qui s'appuie sur la valorisation de l'origine des viandes", la contractualisation ou le travail sur les promotions. Le 27 août aura lieu une réunion de travail avec les professionnels et la distribution "afin de travailler sur les modalités pratiques de mise en oeuvre des promotions de septembre". Le même jour, les acteurs du marché de Plérin se réuniront pour "envisager des pistes de commercialisation plus sécurisantes", comme la contractualisation.
La FNSEA a appelé lundi à un grand rassemblement des éleveurs, toutes filières confondues, à Paris le 3 septembre et à Bruxelles le 7 septembre, jour de la réunion du Conseil européen de l'agriculture.

Source AFP

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