Découverte : Méthanisation, premières réalisations

Claudine Gérard

Trois ans après la fixation d'un prix de rachat de l'électricité attrayant, les premières installations de méthanisation à la ferme fonctionnent. Découverte.

Il y a exactement trois ans que nous consacrions le premier dossier sur la méthanisation en titrant « c'est parti ! » (Réussir porcs, novembre 2006). Le coup d'envoi du développement de la méthanisation à la ferme était donné depuis l'été avec la fixation du prix de rachat par EDF de l'électricité produite.
Parti oui, pour les projets… Mais pas pour les réalisations. Les « pionniers » se sont en effet heurtés à des embûches principalement d'ordre réglementaire. Car, du point de vue technique, pas besoin de réinventer les bases et procédés que les Allemands maîtrisent depuis plus longtemps que nous. On ne s'étonnera donc pas que les premières réalisations aujourd'hui en fonctionnement soient issues d'entreprises en partenariat ou filiales de fournisseurs allemands.

Au Gaec Beets, dans le Loiret, la méthanisation vise une optimisation des cultures et des déjections animales. « Une opportunité pour les exploitations agricoles » assure Pascal Beets. (D. Poilvet)

Au Gaec Beets, dans le Loiret, la méthanisation vise une optimisation des cultures et des déjections animales. « Une opportunité pour les exploitations agricoles » assure Pascal Beets. (D. Poilvet)

Pour ces « pionniers » de la méthanisation que nous avons rencontrés, comme pour tous les porteurs de projets plus ou moins avancés, c'est bien le tarif garanti de rachat de l'électricité qui a motivé les investissements. Selon les cas, même avec des coûts très conséquents supérieurs à 800 000 euros, le retour sur investissement devrait intervenir en sept ans, voire moins. Mais au-delà de cet aspect, les motivations des éleveurs qui ont investi dans de telles unités sont variées. Pour certains, c'est un réel deuxième métier qui vient compléter des activités de production animale ou végétale soumises aux aléas des marchés. Si la production d'électricité est la première source de revenus, la prestation de valorisation de déchets agro-alimentaires, contractualisée, en est une autre.
Pour d'autres, la méthanisation s'inscrit dans une stratégie globale de gestion des ressources de l'exploitation. Dans tous les cas, il s'agit de « nourrir chaque jour cet estomac géant », (ou plutôt ce rumen) en optimisant les apports de nutriments, saisir les opportunités de matières premières disponibles, comme un nutritionniste élabore une formule d'aliment équilibrée, afin d'obtenir le meilleur rendement énergétique.

Mais dans tous les cas, il faut rappeler que la méthanisation ne résout en rien le problème d'épandage ! Le procédé ne permet aucun abattement d'azote, de phosphore ou autre minéral ou oligo-élément. Tout juste une modification de la forme de l'azote qui améliore le pouvoir fertilisant du lisier, le rendant plus assimilable par les plantes (et sans odeur).
Depuis quelques semaines, le cadre juridique de la méthanisation a été précisé et clarifié. Les procédures d'instruction des dossiers devraient s'en trouver accélérées, et les projets en cours pourraient donc déboucher plus rapidement.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de décembre 2009. (RP n°166, p.14 à 23)

Source Réussir Porcs Décembre 2009

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